Nous voici maintenant dans la province du Ratanakiri, au nord-est du Cambodge. Sa capitale, Banlung est perdue au milieu de vastes étendues de forêts, et pour l’atteindre, il nous a fallu plusieurs heures de bus, sur des routes, encore une fois très poussiéreuses. La végétation du bord de route en est d’ailleurs toute brune cuivrée, comme sèche. Avant d’arriver à destination, nous nous demandions un peu pourquoi nous étions venus dans un tel coin paumé, mais Banlung est soudain apparue, comme un oasis dans le désert. Nous retrouvons ici la fraicheur et cela nous déroute quelque peu, nous n’avons plus l’habitude d’avoir froid, et les douches sans eau chaude sont maintenant difficilement supportables.
Pour notre première journée ici, notre guide et chauffeur de scooter nous emmène voir les chutes d’eau de la région: Cha-ung, Katieng et Ka Chahng. La première est la plus sauvage, mais la troisième est la plus impressionnante, surtout après avoir vu des photos de celle-ci durant la saison humide.
Notre moment fort de la journée concerne notre baptême d’éléphant, sur le site de la deuxième chute d’eau. Nous en avons déjà vu à divers endroits, notamment dans l’un des temples d’Angkor. Cependant, nous n’étions pas tentés par une balade sur des sentiers bien tracés, sur le dos d’un éléphant « déguisé ». Nous ne regrettons pas d’avoir attendu, car notre expérience n’en fut que meilleure. Cette promenade d’1 heure ½, à travers d’impressionnantes broussailles, dans une pseudo caisse en bois, sur le dos d’un éléphant très gourmand, était réussie! Nous aurions juste aimé traverser une rivière, mais nous le savons, on ne peut pas tout avoir! En tout cas, on a été bien surpris de l’épaisseur et de la pilosité de sa peau: du gros cuir mal rasé! 🙂
L’après-midi, nous nous rendons au lac volcanique Yeak Leom. D’après certaines minorités ethniques, d’étranges créatures vivraient dans ses profondeurs. C’est ici que les habitants de Banlung viennent se prélasser au bord de l’eau, ou faire quelques brasses, avec leur gilet de sauvetage! Ce qui est marrant, c’est de voir les cambodgiens trop pudiques pour se baigner en maillot de bain; ils se baignent donc tout habillés mais n’ont pas l’air de prévoir de vêtements de rechange. Ils sortent donc de l’eau, tout grelottant, avec leur jean qui doit peser bien lourd!
Nous terminons ensuite cette première journée par la visite du village Kachonn, de la minorité Tampouns. A notre arrivée, les femmes se ruent sur nous, en apportant chacune leur production d’écharpes et de gourdes. Ces dernières sont faites à partir d’un légume (genre courge allongée), qui est cuit afin de durcir sa coque. Il est ensuite vidé de sa chair et de ses pépins, en la remplissant d’eau et en laissant mariner tout ça pendant plusieurs jours, et cela plusieurs fois de suite. La coque est ensuite décorée. On se sent évidemment obligés d’acheter quelque chose, faisant une heureuse, mais beaucoup de déçues. Difficile de leur faire comprendre que « touriste » n’est pas toujours égal à « richissime »…
Le lendemain, nous nous rendons à Bokeo, à l’est de Banlung, pour y rencontrer des chercheurs de pierres précieuses. Un petit village semble avoir été construit à la hâte le long de la route, avec quelques planches et quelques bâches. Derrière celui-ci, se trouve un terrain plein de trous d’une quinzaine de mètres de profondeur. La grande majorité de ceux-ci sont à l’abandon, et seuls quelques uns sont en activité. Quelle horreur de voir ces hommes descendre à mains nues dans ce trou noir d’à peine un mètre de large, et non consolidé, puis de les voir remonter, dégoulinant de sueur, lorsqu’ils en ont marre. D’autres, passent des heures assis à fouiller la terre, à la recherche de quelques pierres colorées. On ne peut s’empêcher de se demander si tout ça, vaut la peine de risquer sa vie…Je demande à notre guide si il y a beaucoup d’accidents et lui répond « pas beaucoup, juste un petit peu »…Vu le peu de personnes qui semblent vivre ici, un petit peu, ça fait vite beaucoup selon moi!
Nous continuons notre route jusqu’à arriver au bord de la rivière Tonlé Sam. D’ici, nous prenons un petit bateau qui nous emmène visiter le village de la minorité Jaraï et son cimetière. Apparemment, cette ethnie est réputée pour leurs tombeaux mais nous ne sommes pas emballés. Nous n’avions pas vraiment prévus d’y aller mais la balade sur la rivière me tentait, car celle-ci aurait des fonds plein d’or. Sur des îlots sablonneux, nous voyons des groupes de chercheurs d’or, courbés dans l’eau et nous allons à la rencontre de l’un d’eux. Il s’agit de 2 familles, dont chaque membre, adulte ou enfant, met la main à la pâte. Gentiment, ils nous montrent leur maigre récolte, quelques poussières d’or au fond d’une assiette. Ils en tireront 5$.
Que ce soit ces chercheurs d’or ou les chercheurs de pierres précieuses, ça me fait de la peine de les voir s’acharner ainsi à rechercher LA pierre qui les rendra riches. Il y a beaucoup d’espoir, mais sans aucun doute, beaucoup de déceptions également.
Cette région reculée et sauvage du Cambodge, termine en beauté notre séjour dans ce pays. Nous avions un peu hâte de le quitter, mais malgré tout, nous ne regrettons pas d’avoir fait ce détour. Nous passons demain la frontière pour nous rendre au Laos!





Bonjour Julien,
Content de voir que tu es passer jeter un oeil sur notre blog 🙂
Je crois que tu serais intéressé par la section dédicace en haut (https://chezandreetemeline.com/photos-dedicaces/) où emeline a publié des photos pour sa cousine, future dentiste 🙂
A bientôt
bonjour André,
un petit coucou du dentiste français!!!
profitez bien de ce magnifique voyage.
au plaisir de te revoir.
bye bye
quelle tristesse de voir ces gens essayer de survivre. contente de voir vos photos avec et sur l elephant bye bises denise