La boucle est bouclée!

Après le Laos, nous sommes donc revenus sur Hanoi, au Vietnam, ville d’où part notre avion pour notre prochaine destination.

Le trajet en bus depuis Phonsavan a été relativement long et pénible. Tout d’abord, n’ayant pas de bus direct pour Hanoi en ce moment, nous avons dû faire un arrêt à Vinh, ville côtière du Vietnam, à 240 km de la capitale, où nous avons passé la nuit. Cette ville n’étant pas du tout touristique, les gens ne parlent pas anglais et il a été difficile de nous faire comprendre pour acheter notre billet de bus le lendemain. Nous avons donc ensuite pris un bus local pour rejoindre Hanoi, et ces 6 heures de bus ont été assez difficiles pour moi, malgré le fait que pour la première fois depuis longtemps, la route est en très bon état et surtout rectiligne. Nous avions déjà lu et entendu beaucoup de témoignages de touristes racontant leur épopée et en effet, nous constatons à notre tour que les asiatiques ne supportent pas les trajets en véhicules. Je ne sais pas combien de personnes ont été malades, ni combien de fois, mais les vagues d’odeurs n’ont pas cessées. J’aurais tellement aimé que les fenêtres du bus s’ouvrent! D’autant plus qu’il fait bien chaud et que le monde accumulé dans l’allée n’aide pas.

Heureusement que pour s’occuper, sur le chemin entre Vinh et Hanoi, nous avons eu tout le loisir d’observer des vietnamiens, chapeau pointu sur la tête, en train de repiquer des petits plants de riz dans les rizières. La boucle de la culture du riz est bouclée, au cours de ces 3 mois, nous avons pu en voir toutes les étapes depuis l’avant-repiquage jusqu’à l’après-récolte, en passant par des plants plus ou moins grands.

Arrivés à Hanoi, nous projetions de partir le soir même en tour organisé de 3 nuits-2 jours pour visiter la région de Sapa, dans le nord ouest du Vietnam. Malheureusement, ce coin est maintenant tellement touristique que tous les trains de nuit étaient pleins pour la semaine. C’est donc loupé pour nous, mais bien que nous soyons un peu déçus, nous ne nous en formalisons pas trop car à cette période de l’année, il y fait très froid et les rizières ne sont pas vertes. De plus, nous avons tellement aimé notre expérience dans le nord du Laos que Sapa nous aurait peut-être apparu moins authentique.

Nous profitons donc de ces quelques jours forcés sur Hanoi pour visiter ce que nous avions mis de côté, faute de temps, lors de notre premier passage dans la ville. Nous assistons ainsi à un spectacle de marionnettes sur l’eau, un art typique du Vietnam. Le devant de la scène est un grand bassin d’eau, divisé en 2 parties par le décor, et à l’arrière de celui-ci, les acteurs, à moitié dans l’eau, manipulent les marionnettes montées sur de grands bâtons. Il est vraiment impressionnant de voir ce qu’ils sont capables de leur faire faire et nous passons un excellent moment!

Nous passons également une journée en tour organisé pour visiter la pagode aux parfums, un site considéré comme le plus sacré du Vietnam. Il s’agit en fait d’une colline, regroupant 18 temples et pagodes, dont certaines sont abritées dans des grottes. Nous ne verrons pas grand chose de ces pagodes car nous sommes en début de nouvelle année, et pendant 2-3 mois, des milliers de vietnamiens viendront y prier. La fête du Têt, le nouvel an chinois, étant la semaine d’avant, la foule était donc impressionnante, et c’est davantage ces milliers d’asiatiques, plutôt que les pagodes en elles-mêmes, qui nous ont absorbés. Déjà, pour se rendre sur le lieu, il faut prendre un bateau à rames pendant une heure, et en voyant le nombre d’embarcations sur la rivière, et ce malgré la pluie, nous ne pouvions que nous attendre au pire. Quel spectacle que tous ces gens, se pressant devant les différents bouddhas, pour une prière éclair, avec leur bouquet en plastique de feuilles dorées!! Ainsi, nous pouvons donc dire que nous terminons en beauté ces 3 mois en Asie du sud-est, en étant comme ça au plus près de leur rapport tellement particulier à la religion, même si sur le moment, nous nous demandions pourquoi nous étions venus ici.

Voilà ce que nous verrons de la pagode, des cirés en plastique qui finiront déchirés, par terre ou dans la rivière, et des chapeaux en bambou.

En nous promenant à Hanoi, nous avions d’ailleurs immédiatement constaté que la ville était moins encombrée que 3 mois plus tôt, avec des trottoirs presque vides. Nous arrivions même à traverser les rues sans difficultés, c’est pour dire! Cependant, à la fin de la semaine fériée, les scooters étaient de nouveau dans les rues et nous avons vu la différence. Néanmoins, nous pouvons tout de même dire que nous faisons maintenant partie de la catégorie des « touristes suffisamment anciens, car sachant traverser », car nous avons servis de bouclier humain à un couple, en nous rendant de l’autre côté d’une grande artère! Youpi, nous pouvons partir heureux! Quoi qu’il en soit, cet incessant trafic nous aura marqué.

Pour agrémenter la fête du Têt, les vietnamiens décorent leur maison ou boutique avec un arbre portant des agrumes type clémentines ou des branches de prunier d’Asie, dont les fleurs roses sortent avant les feuilles, en hiver. Ces arbres sont l’équivalent notre arbre de Noël, à la différence qu’il est très rare de les voir décorés. On trouve d’ailleurs de partout dans les rues, des vendeuses de ces branches de pruniers en fleurs, c’est tout simplement beau.

Nous ne pouvions pas quitter Hanoi sans retourner manger un plat qui nous a enchanté: le poulet 5 saveurs. Nous avons donc évidemment profité de ce temps supplémentaire en ville pour reprendre un cours de cuisine et apprendre la fameuse recette. Encore une fois, nous trouvons que pour ceux qui aiment la cuisine vietnamienne, prendre une leçon de cuisine est un incontournable d’un voyage dans le pays. Cette fois, nous avons même eu le droit à une toque de cuisinier et à un certificat en fin de cours!

Enfin, avant de quitter la ville, nous retrouvons le couple australo-vietnamien, rencontré à Luang Prabang, au Laos, avec qui nous passons une très bonne soirée, et nous terminons nos achats de souvenirs avant d’envoyer en France et au Canada, tout notre fourbis accumulé depuis 2 mois. Nos sacs à dos redeviennent légers et nous semblent bien vides après ça!

Nous sommes un peu tristes de quitter le Vietnam, et l’Asie en général. C’était la première fois pour tous les 2 que nous venions sur ce continent et nous appréhendions un petit peu, ne sachant pas trop ce que nous allions y trouver, ni comment nous allions pouvoir communiquer. Finalement, nous avons été enchantés, tant par les rencontres que par les découvertes et les paysages et nous avons à peu près pu nous faire comprendre même si souvent, nous avions le droit à un « oui » à une de nos questions ouvertes.

Comme nous l’avions dit pour le Laos, nous pourrions résumer ces 3 pays d’Asie du sud-est comme étant un joyeux et immense bordel, mais tellement touchant. A aucun moment, nous ne nous sommes sentis en danger, et les gens sont d’une gentillesse exemplaire, même si les vietnamiens semblent crier à tout bout de champs. Cependant, il faut noter que le concept de respect des autres est bien différent de chez nous et nous avons dû apprendre à ne pas nous formaliser lorsque quelqu’un nous pousse, nous passe devant dans une queue, ou nous prend notre place dans le bus…Il est parfois difficile de comprendre leur manière de penser ou de faire et je pense que le mieux est de laisser couler. De même, il faut accepter de toujours devoir négocier car les prix sont volontairement gonflés pour les touristes, jusqu’à 3 fois leur valeur normale, voire même plus. Arnaquer un « blanc » est donc un sport national et c’est parfois usant de constater après coup qu’on a payé quelque chose beaucoup trop cher! Sur le trajet entre Vinh et Hanoi, nous avons cependant été quelque peu « vengés », car encore une fois, nous avons constaté que le prix que nous avons payé au guichet pour nos billets de bus était bien trop élevé, lorsque le contrôleur a poussé de grands cris surpris en les voyant. Du coup, chaque personne achetant son billet directement dans le bus après nous a dû payer la même somme, et chacun a évidemment rouspéter bien fort. Oui mais voilà, le conducteur a gardé bien précieusement nos tickets dans son portefeuille, qu’il montre à qui contredit la somme demandée. Ainsi, il a dû s’en mettre plein les poches, et les autres passagers ont dû nous maudire!

Après l’Asie, nous partons donc en direction de l’Océanie, en commençant par la Nouvelle-Zélande. Autre hémisphère, autre culture, autre voyage!