Le Mont Egmont

Après la région de Taupo, nous rejoignons le parc national Tongariro, où nous passons la nuit. Ce parc détient 3 volcans actifs, rendus célèbres par le film « Le seigneur des anneaux », car ce parc national est le fameux Mordor! En effet, cette trilogie a été entièrement réalisée en NZ, pays d’origine de Peter Jackson, entre septembre 1999 et décembre 2000, avec plus de 150 lieux de tournage répartis sur les 2 îles. Comme toutes les traces du tournage ont dues être enlevées après coup, il ne reste donc rien de visible et il faut être grand fan pour reconnaître une scène! Dommage, nous ne verrons pas de village de hobbits, créé de toutes pièces vers la ville de Matamata, sur l’île du nord!

Et malheureusement, nous ne verrons aucun de ces sommets non plus, car à notre réveil, un ciel bien gris nous accueille. Nous nous rendons à l’office du tourisme du parc qui confirme nos craintes: le temps va empirer au cours de la journée et restera de même jusqu’à la fin de la semaine. C’est donc dépités que nous annulons nos projets de randonnées. Comme nous ne voulons pas attendre 3 jours que le soleil veuille bien refaire surface, nous décidons de continuer notre route et de retenter notre chance en repassant dans le coin, sur le chemin du retour.

Nous nous dirigeons donc vers l’ouest, où se trouve un autre volcan, le Mont Egmont ou Taranaki (pour son nom maori), dans le parc national Egmont. Rien que la route en elle-même vaut le détour que nous faisons, car nous roulons au milieu de collines vertes et nous ne croisons que très peu de voitures. Bref, la journée n’est pas gâchée! Nous aurions juste pensé rencontrer plus de moutons dans ce paysage aux allures d’Irlande…

Le volcan Egmont, toujours actif mais au repos depuis sa dernière éruption en 1755, est considéré comme potentiellement dangereux. Il est parfaitement conique, avec des pentes régulières et prononcées, ce qui lui procure le titre « d’un des volcans les plus symétriques au monde ». Il culmine à 2518 m, et l’un de ses flancs arrive au niveau de la mer de Tasmanie.

Comme il est en bordure de mer, nous espérons avoir plus de chance avec la météo, pour pouvoir le monter. Nous arrivons à destination, encore une fois sous un ciel gris, et l’office du tourisme de Stratford nous annonce un temps identique pour le lendemain, mais avec de grandes éclaircies pour le jour d’après. Nous décidons donc de rester dans le coin et de faire de petites randonnées en attendant le beau temps.

Cependant, nous devons avoir un bon karma puisqu’en ouvrant les yeux le lendemain matin, il y a un grand ciel bleu prometteur. Après avoir eu confirmation de la météo du jour à l’office du tourisme du parc, nous nous engageons pour la grande randonnée du sommet: 1600 m de dénivelé et 8 à 10 heures de marche estimées!

La balade se divise en 3 parties: la 1ère (600 m de dénivelé) est assez facile et nous permet d’atteindre un refuge; la 2ème (600m de dénivelé) est décourageante, bien qu’elle commence par des marches, puisqu’elle se compose de petits graviers et de terre sablonneuse, si bien qu’on recule d’un pas pour chaque 2 pas avancés; et la 3ème (400 m de dénivelé) se compose de gros rochers à escalader.

La 2ème partie de cette randonnée a été la pire pour nous, que ce soit au niveau physique ou mental, car nous l’effectuons dans une brume décourageante et très froide. Nous projetons plusieurs fois de faire demi-tour, craignant de ne même pas avoir de belle vue au sommet pour nous récompenser, mais à chaque fois que nous y songeons, le ciel se dégage comme par miracle à ce moment là, et le sommet nous nargue. Pas le choix de continuer donc, nous progressons de 50m en 50m, soufflant comme des boeufs, l’air semblant être moins riche en oxygène (mais peut-être est-ce juste dans nos têtes!)! Vers 13h30, nous arrivons enfin au cratère de glace, l’intérieur du volcan, rempli d’une couche de neige éternelle, que nous traversons avant de nous écrouler sur un rocher à l’abri du vent, pour manger: nous ne sommes pas encore au point le plus haut, mais tant pis! Une fois le ventre plein, nous effectuons quand même les 100 derniers mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet et nous ne regrettons pas ce dernier petit effort, car la vue sur cette mer de nuages est sublime!

La descente nous prend quasiment autant de temps que la montée, car avec nos jambes fatiguées, nous ne voulons pas risquer de louper un rocher.

Nous arrivons à la voiture vers 17h30, soit 8h30 après notre départ (ce qui n’est pas si mal), complètement crevés et avec la perspective de courbatures douloureuses pour le lendemain! Mais évidemment, nous sommes heureux et très fiers!