Le sud est de l’île du sud

De retour sur la côte est, nous reprenons notre route vers le sud, avec comme première perspective d’apercevoir des manchots. Nous évitons la ville d’Oamaru, qui demande un droit de passage pour voir ceux de sa plage, et grâce aux conseils de Lydie, une vieille amie du collège qui a déjà vadrouillé dans le coin, nous nous dirigeons à Shag Point, où nous arrivons juste à temps pour la tombée de la nuit. C’est à ce moment là que les manchots sortent de l’eau où ils ont passé leur journée à chasser, pour rejoindre leur nid pour la nuit, et nourrir d’éventuels petits.

Nous prenons place sur un petit terre plein d’observation et nous attendons leur venue. Le coin n’est pas connu des touristes puisque nous ne sommes que 4 à les guetter. Alors que nous nous attendions à voir les « manchots bleus » (ou « manchots pygmées ») d’Oamaru, nous sommes surpris de constater qu’il s’agit ici de « manchots aux yeux jaunes » ou « manchots antipodes », annoncés comme les plus rares au monde, et localisés seulement dans la partie sud de la Nouvelle-Zélande! Encore une fois, nous sommes chanceux car nous apercevons un de ces individus, passer à seulement 2 mètres en contrebas de notre observatoire. Nous nous régalons de voir celui-ci se dandiner pour rejoindre son nid au milieu des hautes herbes. Comme son nom l’indique, il a les yeux jaunes et une bande de plumes jaune pâle sur la partie supérieure de la tête. Cette espèce mesure entre 65 et 78 cm et pèse entre 3,5 et 8,5kg.

Le lendemain, nous remontons quelques km au nord de Shag Point pour voir un autre attrait touristique: les rochers ronds de Moeraki. Ce sont donc de gros rochers à la forme particulièrement étrange puisqu’ils sont parfaitement sphériques, et localisés sur un petit bout de plage et dans la falaise au dessus. Formés il y a environ 65 millions d’années, il s’agit de boue et d’argile du fond de l’océan, cimentés ensemble par de la calcite qui s’est diffusée, lui donnant sa forme ronde et augmentant progressivement son volume. Après la baisse du niveau de la mer, de l’eau contenant de la calcite brune et jaune s’est insérée dans les fissures, donnant au final une boule grise, avec des veines brunes dorées. Ainsi, lors de leur érosion, les roches se fracturent suivant ces dernières.

Encore une fois, nous suivons les conseils de Lydie pour éviter le parking et l’accès à la plage payants, mais visiblement, nous nous garons bien plus loin que prévu, et nous devons marcher quelques km sur la plage, mais qu’importe, cela nous ouvre l’appétit pour notre visite suivante…Nous rejoignons en effet la ville de Dunedin, où il n’y a quasiment rien à faire, si ce n’est la visite de l’usine Cadbury!! Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une marque de chocolat, et André ayant déjà visité celle de Tasmanie 7 ans plus tôt, nous savons qu’il y a des dégustations et nous ne voulions pas manquer ça!

Après la visite, nous décidons que nous avons suffisamment de temps avant la nuit pour nous rendre au bout de la péninsule Otago, à l’est de la ville de Dunedin, où nous espérons voir des albatros! Sur place, le centre d’information nous décourage un peu en nous annonçant que la meilleure chance d’en apercevoir est l’observatoire, payant (et cher!). Mais sur le conseil de la dame, nous tentons tout de même notre chance en allant au bord de la falaise, où ils volent parfois en cas de grand vent. Bien qu’il ne vente pas beaucoup, nous devons être dans un bon karma, car c’est avec émerveillement que nous en apercevons. Ces géants des cieux marins longent la falaise en passant à seulement quelques mètres au dessus de nos têtes et nous pouvons alors constater la taille impressionnante de leurs ailes. Il s’agit ici d’albatros Royal du sud, endémiques à la Nouvelle-Zélande, dont 99% se trouvent sur l’île Campbell. Cet oiseau pèse entre 6 et 10 kg, pour une envergure de 2,9 à 3,5m, ce qui fait une sacrée bête! Nous restons plus d’une heure à les observer et c’est avec difficulté que je m’arrache à ce spectacle aérien.

Nous reprenons la route en direction du sud et de Nugget Point, d’où on peut voir d’autres manchots. Encore une fois, nous arrivons juste à la tombée de la nuit et alors que nous nous dirigions vers le point d’observation, nous ne tardons pas à apercevoir notre premier oiseau, seul sur sa plage, le long de la route. Celui-ci ne bouge pas et semble vouloir sécher au vent, et nous pouvons donc l’approcher d’assez près. Il s’agit cette fois d’un jeune, toujours de la même espèce de manchot, mais la bande de plumes jaunes n’est pas encore apparue.

Nous décidons de ne pas le déranger plus longtemps et d’aller jusqu’au point d’observation. Cette fois-ci, l’observatoire est situé en hauteur de la plage, si bien que nous ne pouvons que distinguer les manchots, adultes cette fois, sortant de l’eau.

A gauche, un jeune

Le lendemain matin, après avoir passé la nuit dans le camping du village (car une douche et une lessive s’imposaient!), nous décidons de retourner à la pointe, où se trouvent également des colonies de phoques à fourrure, de lions de mer et d’éléphants de mer. En nous levant, un vent violent souffle et il soufflera d’ailleurs tout au long de la journée, agrémenté de passages pluvieux. Nous effectuons malgré tout, la petite marche jusqu’au phare, mais à cause de la météo (et sans doute aussi du fait que nous sommes très haut au dessus de la plage), nous ne voyons pas d’animaux.

Nous poursuivons ensuite notre route jusqu’aux chutes d’eau Puranauki, situées au milieu d’une petite forêt, avant de rejoindre Curio Bay et sa forêt fossile, dont nous ne voyons qu’un seul tronc. De cette plage, nous sommes également sensés apercevoir des animaux, notamment des dauphins, mais nous ne nous y attardons pas tellement le temps est désagréable. Dommage, il paraît que c’était un coin sympa les jours de beau temps!

Nous nous dirigeons ensuite vers le point le plus au sud de l’île du sud (le point le plus au sud de la Nouvelle-Zélande étant sur l’île Stewart), qui nécessite une petite marche d’une vingtaine de minutes, mais frigorifiés, nous ne sortirons pas de la voiture. Nous aurons juste la vue du parking, que je photographie lors d’une rare éclaircie. Encore une fois, c’est bien dommage!

Vu la déformation des arbres, nous pensons qu’un tel temps est très fréquent ici et nous avons alors bien hâte de retrouver le nord!

 

Point le plus au sud de l’île du sud