Une fois sur l’île du nord, nous fonçons directement vers le parc Tongariro. Pour rappel, lors de notre premier passage dans le coin, le temps était tellement mauvais que nous n’avions vu aucun sommet des volcans du parc et nous avions rapidement fuit vers la côte ouest. Notre retour ici était donc chargé d’espoir et nous pouvons le dire dès maintenant, nous n’avons pas été déçus!
Le premier jour, bien que la météo annonce une très belle journée, le plafond nuageux est bas. Nous demandons conseil à une dame de l’office du tourisme qui nous déconseille de tenter une grande randonnée, à cause du manque de visibilité. Un peu déçus, nous choisissons une randonnée moins difficile et moins longue et à peine partis, le temps se dégage. Il est maintenant trop tard pour envisager de retourner au plan A, je maudis la dame de l’office du tourisme!
Nous voilà donc lancés pour une randonnée de 20 km, aux lacs Tama, des lacs de cratère. Heureusement, la balade s’effectue dans un cadre magnifique, au milieu des fleurs roses de bruyère qui me rappelle mon enfance, avec en arrière plan les 2 superbes sommets des volcans actifs du parc: le mont Ruapehu (2797 m) et le mont Ngauruhoe (2291 m).
Le mont Ruapehu, est un volcan très massif et très rougeâtre. Il est le point culminant de l’île du nord. Sa dernière éruption date de 1996, mais les dernières coulées de boue datent de 2007. Son lac de cratère est un lac « chaud », avec des températures variant entre 10 et 40°C!
Le mont Ngauruhoe, quant à lui, a un cône aux pentes régulières et dépourvues de végétation. Il est le volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande, mais sa dernière éruption date de 1977. C’est grâce à sa silhouette parfaite qu’il a été choisi pour représenter le « Mont Doom » dans le film du « Seigneur des Anneaux ». Cependant, considéré comme sacré par les maoris, le sommet du volcan n’a pas pu être filmé.
Cette randonnée nous amène assez facilement au lac Tama « le plus bas ». La dernière petite étape permet de rejoindre le point de vue sur le lac Tama « le plus haut », par une pente assez raide, sous un soleil de plomb. Nous sommes bien heureux d’arriver au sommet pour attaquer nos sandwichs avec une vue panoramique sur le parc. Après une séance photo, nous redescendons par le même chemin, avec une petite déviante vers la fin pour voir une jolie cascade, avant de rejoindre le van, 5 h après notre départ, et de m’apercevoir que j’ai perdu ma montre quelque part au cours de la randonnée…Une bonne petite mise en jambes pour la suite!
A gauche, le mont Ruapehu et le « Lower Tama lake »; à droite, nous sommes devant le mont Ngauruhoe et le « Upper Tama lake »
Nous passons la nuit dans un camping gratuit DOC (régit par le gouvernement), où nous serons seuls. Enfin « seuls » n’est pas totalement exact puisque nous sommes avertis par un gars venu en catastrophe démonter sa tente, que le terrain est plein d’opossums. Il donne l’impression d’avoir passé la pire nuit de sa vie, à combattre ceux-ci, qui se servaient sans scrupules dans son sac de nourriture. Les opossums sont une véritable peste ici, notamment parce qu’ils mangent beaucoup d’oeufs et d’oisillons, parfois d’espèces menacées (comme le kiwi). A l’abri dans notre van, nous ne craignons pas l’attaque des opossums, et nous mettons même quelques restes de nourriture devant nos phares pour les attirer. Au moment où nous en avons marre de les attendre et où nous nous apprêtons à éteindre, notre appât fonctionne et l’un d’entre eux pointe son nez et dévore nos restes sous nos yeux.
Il est malheureusement un peu flou, mais on voit quand même le bel opossum grassouillet qu’il est!
Le lendemain, nous nous mettons en route pour LA randonnée du parc, la « Tongariro crossing ». Comme son nom l’indique, il s’agit de la traversée d’une partie du parc Tongariro. Comme nous ne voulons pas payer la navette qui relie les 2 extrémités de celle-ci, nous choisissons la moitié nous semblant la plus intéressante, avec dans l’idée de revenir sur nos pas puis de faire l’autre moitié le lendemain. Vu le nombre de personnes que nous croiserons dans le sens inverse du nôtre, il faut croire que nous faisons partie des rares radins (avec un autre couple de français rencontré sur le chemin) à ne pas payer la navette.
Comme la veille, la première partie se fait dans la forêt puis au milieu de la bruyère. Nous croisons des fumerolles dégageant une odeur de soufre, preuve de l’importante activité géothermique du parc.
Nous continuons à grimper dans un paysage plus rocailleux, jusqu’à atteindre le « lac Bleu », suivi de près des lacs « Emeraudes », de superbes petits lac aux couleurs incroyables entre le turquoise et le vert.
A droite, les lacs Emeraudes
Nous venons de dépasser le point de mi-parcours du « Tongariro crossing », mais après la pause sandwich, nous décidons de poursuivre jusqu’au cratère rouge, quelques mètres plus haut. La piste y menant n’est pas sans nous rappeler les côtes du Mont Egmont, où à chaque 2 pas, nous reculons d’un. Nous comprenons maintenant pourquoi la randonnée se fait habituellement dans l’autre sens! Après l’effort, le réconfort, avec une vue magnifique sur le cratère rouge du volcan Tongariro. Malheureusement, le temps s’est un peu couvert et nous aurions également eu une superbe vue sur le volcan Ngauruhoe qui est maintenant coiffé de nuages.
Encore une fois, nous décidons de prolonger la randonnée, et de sortir du flot de personnes pour rejoindre le sommet du volcan Tongariro, un petit extra d’une heure. Nous sommes enfin seuls face, au paysage!
Nous acceptons alors de faire demi-tour et nous rejoignons le van sur les rotules, et avec à nouveau, un bon mal aux genoux pour ma part, après 27 km de marche, pour 1500 m d’ascension (total des montées) et 1200 m de dénivelé (différence entre le point le plus haut et le point le plus bas). Nous savons maintenant que nous ne ferons pas l’autre partie de la traversée le lendemain, que nous voulions faire uniquement pour l’autre extra: l’ascension du sommet du volcan Ngauruhoe. Encore quelque chose qu’il vous reste à faire mes petits parents!
Nous pouvons tout de même quitter la Nouvelle-Zélande, heureux d’avoir vu et approché ces fabuleux volcans, et pour ma part, il s’agit là de l’un de mes meilleurs souvenirs du pays!







Superbes photos de vous deux et de ces paysages à couper le souffle, surtout celui avec les lacs turquoise.
J’ai bcp aimé l’anecdote des opossums aussi 😉
bises