Canberra

De la même manière qu’Ottawa est devenue la capitale du Canada car elle est située entre les 2 grosses villes Montréal et Toronto, la petite ville de Canberra est devenue capitale de l’Australie en 1908, de part sa localisation entre Sydney et Melbourne, les 2 plus grosses villes du pays. Comme la majorité des villes australiennes, celle-ci n’a pas de centre historique et ressemble donc à n’importe quelle autre ville, mais nous nous sentions tout de même obligés d’y faire un tour. Nous y passons donc une journée, histoire de voir la capitale.

Nous commençons par la visite du nouveau Parlement, un grand bâtiment moderne, dont l’originalité réside dans le fait qu’il est recouvert de pelouse. Il se fond relativement bien dans le paysage, car Canberra se veut être une « ville verte », et c’est assez réussi. Nous sommes trop en avance par rapport à l’heure de la visite guidée, et nous parcourons donc par nous-même les quelques pièces. C’est dommage, ça aurait pu être instructif. Nous nous rendons ensuite jusqu’à l’ancien Parlement, reconverti en musée, en suivant l’allée odorante des eucalyptus. Pas de doute, même si nous sommes dans une ville comme une autre, nous sommes définitivement en Australie!

Sur le toit et sur le parvis du Parlement

L’après-midi, nous visitons le très bon Australian museum (à entrée gratuite!), qui explique l’histoire des premiers colons, la vie des aborigènes et leur art, la faune…


James Cook découvrit l’Australie, et plus précisément Botany Bay, en 1770, alors qu’au cours des 2 siècles précédents, les français et les hollandais avaient déjà exploré et dressé des cartes des côtes occidentales et méridionales. Pourtant, ce n’est que 18 ans plus tard que les anglais s’y installèrent. Commandé par Arthur Phillip, une flotte de 11 navires chargés d’armes, de matériaux de construction, de bétail et de quelques centaines de bagnards, arriva dans le port de Sydney et y créa la première colonie pénitentiaire britannique. Il faudra une trentaine d’années pour que les fermes se développent et que l’élevage, notamment de moutons, batte son plein. Pendant plus d’un siècle, les prairies ont été surpeuplées de bétail et l’agriculture inappropriée ont contribué à fragiliser les sols. Avec l’arrivée des colons, l’environnement a donc subit un grand bouleversement et l’Australie fait aujourd’hui face à un problème écologique majeur.

Nous apprenons notamment que de nombreuses espèces ont été importées par les anglais à leur arrivée sur le territoire, créant un bouleversement dans la faune et la flore du pays.

Par exemple, dès le début de la colonisation, des chats domestiques sont redevenus sauvages. D’autres animaux nuisibles introduits (renards, crapauds-buffles…) ont proliféré, causant l’extinction d’espèces endémiques, et suite à ça, une espèce de mammifère sur 10 a déjà disparu.

Un autre exemple: en 1859, un britannique amateur de chasse aurait amené avec lui quelques couples de lapins, dont certains d’entre eux se seraient échappés. Or, c’est bien connu, ils se reproduisent extrêmement vite (selon la célèbre suite de Fibonacci), et 50 ans plus tard, 600 millions de lapins ont colonisé 60% du territoire! Ainsi, les lapins sont devenus un véritable fléau, car ne connaissant aucun ennemi naturel, ils se sont extrêmement bien adaptés au climat australien! Ils contribuent à la désertification du pays, car ils dévorent énormément de végétation, causant une grave crise agricole et écologique. En 1901, une immense clôture de 1833 km de long, la Rabbit-proof Fence, a d’ailleurs été dressée pour éviter que les lapins ne se répandent sur l’ensemble du pays, mais en vain. Avant que cette barrière ne soit terminée, les lapins étaient déjà passés de l’autre côté, si bien qu’une 2ème, puis une 3ème barrière ont été construites, représentant au total 3000 km de barbelés! Après plusieurs tentatives pour les empoisonner, les chasser, les affaiblir par des virus ou parasites, le renard, ennemi naturel du lapin chez nous a été introduit. Encore une fois, il s’agit d’un désastre puisque ceux-ci s’en sont pris à de petits marsupiaux, déjà menacés d’extinction!

La faune et la flore n’ont pas été les seuls touchés par la colonisation. Les peuples primitifs ont eux aussi subit des bouleversement majeurs. Des centaines d’aborigènes moururent de maladies, jusque là inconnues pour eux, notamment la variole.

Il faut également savoir qu’entre les années 1869 et 1969, les enfants métis (half-castes) nés d’un parent aborigène (le plus souvent la mère) et d’un blanc, était séparés de force de leur famille aborigène par le gouvernement australien. Ils étaient alors placés dans des orphelinats ou des missions chrétiennes, pour les éduquer à la manière anglaise. L’objectif était de les intégrer à cette nouvelle société blanche, afin de « purger » toute trace de sang aborigène dans les veines de leurs descendants. L’excellent film « Rabbit-proof fence » raconte d’ailleurs l’histoire vraie de 3 fillettes métis, séparées de leur tribu, qui traverseront le pays pour retrouver leur famille, en suivant la fameuse clôture anti-lapins. Ces actes sont aujourd’hui reconnus comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire australienne.

Ce musée nous a donc permis de voir un peu plus clair dans l’histoire du pays. Ainsi, notre passage dans la capitale a peut-être été bref, mais il a été fort enrichissant. Nous nous dirigeons ensuite vers l’ouest de la ville, pour retrouver un peu de faune sauvage.