Entre le Victoria et l’Australie-Méridoniale

Notre destination suivante est à nouveau sur la côte sud: il s’agit de Mont Gambier, une ville située sur les flancs d’un volcan éteint. Mais juste avant cette ville, nous devons passer la frontière entre les états du Victoria et de l’Australie Méridionale. Nous n’avions pas prévu ça, pensant qu’il nous restait encore un peu de temps, mais à cette frontière, nous devons nous délester d’1 kg de pommes pourtant encore bien appétissantes. En effet, l’Australie Méridionale est une zone sans « fruitflies », des petites mouches s’attaquant aux fruits et légumes et afin de se protéger de leur invasion, cet état interdit formellement de passer avec des fruits ou des légumes frais. Il existe donc une poubelle de quarantaine, juste à la frontière, où les gens bien attentionnés y déposent leurs marchandises. Nul doute que les éventuelles mouches restent ainsi agglutinées à cette frontière!! Passons…

Le principal intérêt de Mont Gambier est le lac de cratère, le Blue Lake, qui comme son nom laisse supposer, peut être d’un bleu surprenant. Sa couleur dépend en fait de la saison, et sans que personne ne sache pourquoi, l’eau varie alors du gris au bleu saphir. Nous avons de la chance, nous sommes encore pendant la bonne période!

Nous ne nous y attardons pas et nous continuons notre route jusqu’à Naracoorte. Dans cette petite bourgade se trouvent des grottes, contenant des fossiles d’animaux éteints, ceux de la mégafaune australienne.

Alors que nous avons eu nos mammouths et autres animaux de grande taille, l’Australie a eu des marsupiaux géants, oiseaux géants, carnivores géants…propres à ce continent. Le terme de mégafaune s’applique aux animaux de grande taille, qui se sont éteints à la fin de pléistocène, entre 50 000 et 20 000 ans. Les études ont montré que ceux-ci ont disparus en un temps très bref, peu après l’apparition de l’Homme sur le continent il y a 47 000 ans. En effet, même si d’autres hypothèses viennent s’ajouter à celle-ci, les premiers hommes auraient bouleversé l’écosystème du pays. Les Aborigènes pratiquent le brûlis, qui consiste à mettre le feu à de vastes étendues, pour faciliter la chasse et le renouvellement des jeunes pousses. Ainsi, la faune et la flore ont beaucoup été modifiées. En somme, rien de bien nouveau, l’éternel refrain de l’Homme qui croit les ressources inépuisables…L’hypothèse d’un changement climatique important est également avancée, mais des périodes d’aridité glaciaire ayant déjà eu lieu avant, et sans perturbation de cette mégafaune, elle demeure fragile.

A gauche:Diprotodon, le plus grand marsupial; à droite: kangourou géant

Bien que le Centre des fossiles Wonambi de Naracoorte soit qualifié d’excellent par le Lonely Planet, nous n’apprenons pas grand chose sur ce sujet, la majorité de l’exposition n’étant que reconstitution et mise en mouvements de cette mégafaune. Dommage, nous étions pourtant avides d’en connaître davantage! Nous arrivons également trop tard pour la visite guidée des différentes grottes et nous continuons donc notre route.

New Holland Honeyeater

Nous nous dirigeons vers Adélaïde, mais avant d’atteindre cette grande ville, nous faisons un petit détour par Mannum, une ville au bord du fleuve Murray. Il n’y a pas grand chose à y voir, si ce n’est un ancien bateau à aubes, et ce fameux fleuve! Avec ses 2756 km de long, le Murray est en effet le 3ème plus long fleuve navigable du monde, après l’Amazone et le Nil. Il traverse 3 états: la Nouvelle-Galles du Sud, le Victoria et l’Australie Méridionale. Nous espérions y voir le Mary Ann, le tout premier bateau à aubes australien, construit dans cette petite localité en 1853, et également premier bateau à vapeur ayant remonté le Murray, mais c’était sans compter sur le fait qu’il a coulé il y a déjà des dizaines d’années! Le Lonely aurait pu être plus précis tout de même! Nous aurions eu plus de chances d’y voir un autre bateau du même modèle, un peu plus récent, mais celui-ci est actuellement en déplacement pour une exposition. Peu importe, nous profitons de cette magnifique journée sur les berges de ce joli fleuve, pour ne rien faire, si ce n’est se prélasser au soleil et regarder/écouter les dizaines de cacatoès qui pullulent dans les arbres!

A droite, perroquets Little Corella