Dans le sud du désert

De retour de Kangaroo Island, nous retraversons la péninsule Fleurieu pour nous rendre à Adélaïde, où nous achetons enfin un nouveau pneu. Nous qui pensions devoir changer les 2 pneus avant pour équilibrer, nous nous en sortons bien, seul un sera nécessaire. Nous pouvons maintenant reprendre la route.

La journée suivante est consacrée à la visite de la vallée Barossa, où plutôt de ses caves. En effet, la région est réputée pour ses vignobles qui produisent de très bons vins, essentiellement rouges. A la différence de nos vins français nommés en fonction du domaine, ceux-ci sont appelés par le type de raisin utilisé: shiraz, cabernet-sauvignon, grenache…Il est donc plus facile de s’orienter en fonction de ses goûts!

Après cette journée douceur, nous changeons totalement de région et de paysage: place au désert! Bien que nous ayons hésité à y aller par le nord après Ayers Rock, plutôt que par le sud, nous décidons d’aller jusqu’à Coober Pedy, à 539 km au nord de Port Augusta, dernière grande ville où nous pouvons faire faire le stock de provisions et d’eau.

Nous attaquons la route en début d’après-midi et les paysages arides de petites buissons broussailleux, d’arbres à écorce blanchâtre et de lacs asséchés où seule une croûte de sel persiste, sera notre quotidien pour les prochains jours. La terre couleur ocre est parfois jaune, parfois rouge, donnant enfin la sensation d’avoir rencontré l’Australie telle qu’on la rêve. De vastes étendues, une route rectiligne qui n’en finit plus, de la terre rouge, des road trains, ces impressionnants camions à 3 ou 4 remorques, cette fois-ci, pas de doute, nous y sommes!

Allez j’avoue tout de même que je ne l’imaginais pas tout à fait comme ça ce désert. En effet, les buissons sont verts et recouvrent quasiment l’intégralité de ce sol. Un désert vert, cela semble dissonant! Plus tard, nous apprenons par un guide de Coober Pedy, installé dans la ville depuis 40 ans, que c’est la première fois qu’il voit son désert aussi vert. Y aurait-il un bouleversement climatique?

Durant ces 3 jours, nous sommes également confronté à un fléau de taille: les mouches. Je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse y en avoir autant. Impossible de mettre le nez dehors sans en avoir des dizaines autour et ça en devient très rapidement insupportable. Heureusement, celles-ci ne piquent pas et à la nuit tombée, elles disparaissent comme par enchantement.

Coober Pedy, dont le nom signifie « le terrier de l’homme blanc » en langue aborigène, est la capitale de l’opale, puisque les ¾ de la production mondiale viennent d’ici. Tout autour de la ville se trouvent des trous de mines, que l’on devine grâce à la multitude de tas de terre sablonneuse. La première découverte de l’opale en Australie date de 1849 mais il faudra attendre 1915 pour en trouver dans la région de Coober Pedy.


L’opale se trouve dans des couches d’argile sableuse. Il s’agit d’un minéral, composé de microsphères de silice amorphe,associées à des molécules d’eau dans des proportions variables, formant ainsi un gel.

La valeur des opales est estimée selon 3 critères: la couleur, l’éclat et le motif. Ainsi, plus il y a de rouge ou d’orange dans une opale plus sa valeur augmente, à la différence du vert ou du bleu. Cependant, l’éclat est le critère le plus important et une opale verte brillante aura plus de valeur qu’une rouge terne. Enfin, il existe des opales à fond blanc, laiteux ou cristallin, et des opales à fond noir, plus rares donc plus recherchées.

Nous arrivons à Coober Pedy le lendemain de notre départ, en début d’après-midi. La première chose qui nous saute aux yeux est la présence d’aborigènes qui trainent dans les rues, l’oeil éteint et nous ne pouvons nous empêcher de faire le parallèle avec la réserve d’amérindiens que nous avions visité au Québec.

Nous commençons par visiter une des maisons troglodytes ouvertes au public, celle de Faye. En effet, pour survivre dans cet environnement hostile, la majorité des habitants vivent sous terre. A l’intérieur de telles habitations, les températures oscillent entre 20 et 25°C, que ce soit une journée d’été à 50°C ou une nuit d’hiver à 3°C, et c’est vrai qu’on y est bien! Nous visitons également l’une des 4 églises souterraines de la ville, creusées sur le même modèle.

Enfin, nous ne pouvions venir ici sans visiter une mine d’opale. Celle où nous nous rendons a été découverte par hasard, lors de l’agrandissement d’une maison en 1968. Les ouvriers sont alors tombés sur un réseau de tunnels datant de 1916, révélant une quantité considérable d’opales non exploitées. Personne ne sait pourquoi l’entrée a ainsi été bouchée, ni pourquoi les mineurs ne sont jamais revenus extraire ces magnifiques veines. Quoi qu’il en soit, nous pouvons ici voir ces pierres dans leur élément et c’est bien plus impressionnant que sur un bijou!

Le lendemain de nos visites, nous reprenons la route dans le sens inverse. Mêmes paysages, mêmes mouches. Cependant le chemin du retour ne fut pas monotone car il fut riche en rencontres: aigles, faucons, lézards avec des têtes épineuses (plus rapides à s’enfuir que moi à dégainer mon appareil photo), émeus sauvages…Peut-être que dans le nord nous croiserons d’autres habitants du désert, comme les dingos, dromadaires, kangourous rouges…La perspective de chaque nouvelle découverte ou rencontre nous enchante!