Quelques détours de plus!

En arrivant à Norseman, il faut croire que nous n’avions pas tant marre que ça de rouler, puisque nous décidons de faire un détour de 190 km aller, vers le nord, pour nous rendre à Kalgoorlie-Boulder, dans la région des Goldfields (région des mines d’or). La route est cependant bien plus éprouvante que la traversée du Nullarbor, car nous dépassons les 30°C, les mouches sont toujours présentes et nous avons perdu la brise marine rafraichissante. Je pense avec désespoir à mes bouteilles de vin de la Barossa Valley, qui doivent avoir la vie bien dure au fond du van! Diantre, et dire qu’il paraît qu’il fait encore plus chaud dans le nord…

La petite ville de Kalgoorlie-Boulder a été fondée en 1893, après la découverte d’or à son emplacement actuel. L’or de surface s’épuisa rapidement et il fallut donc creuser de plus en plus profond, malgré le coût des procédés. Elle détient aujourd’hui la plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Australie (qui mesure 3,8 km de long, 2 km de large et 400 m de profondeur), qui lui permet d’être le premier producteur d’Australie de ce précieux métal, et de faire face à l’immense demande de la Chine et de l’Inde. Dans cette région, on trouve également du nickel en grande quantité.


Ainsi, Kalgourlie-Boulder a encore tout de la ville de chercheurs d’or d’antan: des maisons d’époque; le court de l’or qui défile sur la façade de l’hôtel; des bars à skimpies (des serveuses en petite tenue), dans lesquels les mineurs viennent boire leur bière après leur journée de travail; des maisons closes, qui bien que toujours en service, sont devenues une attraction touristique qui se visite…Bref, une ville qui nous projette quelques décennies en arrière et dans laquelle on s’attendrait presque à voir surgir personnages en sépia.

Cependant, nous apprenons que la mine d’or sera terminée d’exploiter dans 11 ans, et personne ne sait encore ce qu’il adviendra de cette ville…

Le lendemain, après avoir tourné dans les rues et visité un musée, nous reprenons la route dans l’autre sens, car bien que la ville soit très jolie, il n’y a pas grand chose à y faire, surtout un week-end de Pâques! D’ailleurs, pour ceux qui se poseraient la question, nous avons bien fêté Pâques merci, mais en décalé, histoire de bénéficier des 50% de rabais sur les chocolats. Après tout, nous n’avons pas bien la notion du temps et nous ne sommes donc pas à 1 jour près!

Nous revenons donc à Norseman et nous mettons directement le cap au sud, vers Espérance, petite ville côtière, que nous atteignons juste au moment du coucher du soleil. Là encore, la ville n’a pas beaucoup d’intérêt, à l’exception de son lac Pink. Comme celui d’Ottawa, celui-ci doit sa couleur a la présence d’algues halophytes, contenant du bêta-carotène et capables de vivre dans un environnement extrêmement salé. Cependant, nous ne profiterons pas ici de son incroyable couleur car nous ne voyons qu’un lac asséché, avec une jolie croûte de sel comme fond. Nous trouverons plus tard un autre point de vue sur ce lac et cette fois, nous apercevons un peu d’eau mais à cause du contre-jour, il est bien difficile de savoir si il y a du rose ou non.

Nous décidons de suivre la route côtière du sud d’Espérance, réputée pour ses jolies plages et nous ne sommes pas déçus du spectacle: de magnifiques plages de sable blanc et une eau bleue à couper le souffle. Comme beaucoup de gens en ce jour férié ensoleillé, nous échouons sur une plage où la baignade est autorisée et nous nous régalons de notre première trempette australienne. L’eau est fraiche mais son bleu turquoise translucide nous attire comme un papillon est attiré par la lumière.


Nous finissons ensuite ce bout de route par quelques pas au milieu d’un champ d’éoliennes. Je ne peux m’empêcher d’être émerveillée à chaque fois que je vois ces immenses moulins à vent blancs. Verdict: ça ne fait pas tant de bruit que ça, même quand on est à leur pied!

Après Espérance, nous quittons à nouveau la côte pour rejoindre une stupéfiante formation rocheuse vers la petite localité d’Hyden, la Wave Rock. Cette roche porte très bien son nom puisque elle ressemble à une immense vague sur le point de déferler et tout le monde y va de bon train pour trouver une pose marrante pour la photo.

Si quelqu’un se posait la question, vous voyez ici que je n’ai pas encore pris de cours de surf!

Cette roche, composée de granite ocre, et formée il y a 60 millions d’années, doit son étonnante forme à l’érosion par le vent et la pluie, mais aucunement par les vagues. Elle mesure 15 m de haut et 110 m de long et présente de très jolies stries orangées, donnant véritablement corps à cette vague. Ceci est dû à la dissolution des minéraux par l’eau, qui s’ajoutent à la couleur de la roche, ainsi qu’à la présence d’algues microscopiques.

Nous effectuons ensuite la petite marche qui nous amène à une autre roche, l’Hippo’s Yawn (ou « bâillement de l’hippopotame ») qui ressemble effectivement à un gros museau d’hippopotame!

Après ce nouveau détour, nous rejoignons encore une fois la côte, avec Albany comme prochaine destination. Que de zigzags dans notre trajet!