Le Centre Rouge – Uluru et les Olgas

Nous atteignons l’entrée du parc national Uluru-Kata Tjuta, dans lequel se trouvent les fameuses roches, Uluru et les Olgas. Bien que se trouvant très proches l’un de l’autre, ces 2 sites n’ont pourtant rien en commun, si ce n’est leur caractère sacré aux yeux des communautés aborigènes vivant ici. En effet, de par leur composition différente, leur aspect diffère également.

Uluru est le plus gros monolithe d’Australie, tandis que les Olgas, ressemblent à de grosses boules. Il y a 550 millions d’années, des montagnes recouvraient l’ensemble de ce territoire. L’eau de pluie s’écoulant de celles-ci a entrainé avec elle des roches et du sable, formant ainsi dans la plaine, 2 « tas » de plusieurs kilomètres d’épaisseur, l’un riche en roches, l’autre en sable. Il y a 500 millions d’années, la région fut entièrement recouverte par la mer et la pression due au sable et à la boue qui se déposèrent en son fond, a permis la concrétion du tas de roches et la transformation de la poche de sable en roche de grès. Il y a 400 millions d’années, la mer s’est retirée et la région a subi de fortes pressions modifiant l’orientation des couches, puis l’érosion s’est chargée du reste. Ainsi, Uluru provient de l’ancien tas de sable, tandis que les Olgas proviennent de l’ancien tas de roches.

Uluru mesure 348m de haut par rapport au niveau de la plaine, tandis que le plus haut sommet des 36 dômes des Olgas culmine à 546m au dessus du sol. Quoi qu’il en soit, il est vraiment étrange de voir ces 2 énormes blocs qui sont sortis de terre, alors que tout autour n’est qu’un désert plat.

Pour ce premier jour, nous décidons de nous consacrer à la découverte des Olgas, que nous observons au cours d’une petite balade à leur base, puis au coucher de soleil, depuis un point de vue. Même si le moment du coucher du soleil sur Uluru ou sur les Olgas fait très cliché, il faut en effet reconnaître que la modification de couleur de ces rochers est superbe. Pendant quelques secondes, le rouge devient très intense, presque brûlant, avant de s’éteindre pour plusieurs heures. Brisons tout de même un peu le mythe, la véritable couleur de ces pierres est grise et elles ne doivent ce rouge qu’à la dégradation des minéraux ferreux par oxydation.

Le lendemain, après avoir passé la nuit sur un parking en dehors du parc, nous nous levons alors qu’il fait encore nuit, pour cette fois, découvrir Uluru, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. Après avoir assisté au spectacle de ce gros rocher face aux premières lueurs du jour, nous nous calfeutrons pour quelques heures, à l’intérieur du van puis dans le centre d’informations, en attendant que le soleil réchauffe l’air. Nous approchons ensuite de ce fameux monolithe, sans savoir encore si nous allons braver le vent glacial pour l’escalader. Bien qu’autorisée, l’ascension d’Uluru est cependant soumise à controverse. En effet, le chemin utilisé par les grimpeurs suit la voie sacrée des aborigènes, celle empruntée par les jeunes garçons pour devenir des hommes.


Avouons-le, ce n’est pas tant cette raison que la pente vraiment abrupte qui me fait hésiter. Le destin décidera pour nous puisque la montée a été fermée en début de matinée, pour cause de vent trop fort au sommet. Nous nous contentons donc d’en faire le tour, en partie à pied, puis en van. Nous en découvrons ainsi les différentes faces, moins connues que celle vue sur les cartes postales.


Après une petite balade sur les dunes de sable, nous prenons place dans le parking « officiel » pour l’observation d’Uluru au coucher du soleil et attendons patiemment quelques heures le déclin de l’astre, avant de quitter le parc pour la nuit.

Nous remettons une dernière fois le réveil, pour assister à nouveau au lever du soleil sur Uluru, depuis un autre point de vue, bien moins fréquenté que celui de la veille, puis nous quittons définitivement le coeur du Centre Rouge.


A coucher, puis au lever du soleil

Outre les magnifiques paysages, cette excursion dans le désert nous a marqué par le froid intense que nous avons eu ces quelques jours. Nous nous attendions à avoir des températures basses la nuit car même dans le désert, il peut faire froid quand le soleil se couche, mais cela a dépassé toutes nos attentes. De la glace dans le van au petit matin et de la fraicheur même en journée, cela a été un peu dur pour le moral et nous n’avons pas quitté nos collants de laine de tout le séjour!

Enfin, nous avons vécu un joli moment d’émotion lorsque nous avons aperçu des dromadaires sauvages alors que nous ne nous y attendions plus. Nous avions bien croisé des énormes tas de crottes sur tout le trajet, mais aucun animal ne s’était montré, jusqu’à ce que nous quittions les Olgas, le premier jour. Un couple de dromadaires, puis par la suite plusieurs autres, se sont postés au soleil déclinant, devant ces énormes rochers rouges. Comment ne pas être heureux après un tel spectacle?