La Grande Barrière de corail

48h après avoir quitté Cairns, nous nous redirigeons vers la grosse ville. En chemin, nous faisons un arrêt à la gorge Mossman. Lorsque nous voyons le mot « gorge », nous avons maintenant tellement d’attentes après les magnifiques canyon que nous avons vu au cours de ces 3 mois, que nous sommes ici un peu déçus. En fait d’une impressionnante gorge aux falaises escarpées, il s’agit juste d’une rivière dans laquelle les locaux viennent se baigner, lorsqu’ils arrivent à en braver la température. Soyons tout de même justes, située au milieu d’une forêt dense, cette rivière est bien sympathique. Des casoars sont également censés habiter les environs, mais encore cette fois, nous n’en voyons pas.

Depuis que nous sommes dans la région de Cairns, nous voyageons au milieu de champs de canne à sucre et de bananiers. Avant de venir ici, je n’avais pas la moindre idée que l’Australie avait également sa région tropicale! Ce pays a vraiment toutes les casquettes!!

Nous arrivons à Cairns à temps avant la fermeture de l’office du tourisme, qui nous apprend malheureusement que les prévisions météorologiques ne vont pas en s’améliorant. Comme nous ne pouvons définitivement pas quitter l’Australie sans voir la Grande Barrière de corail, nous décidons tout de même de réserver notre place pour le surlendemain, sur le bateau le plus stable parmi ceux de la multitude d’agences d’excursions. Cela nous fait donc encore une journée à tuer, que nous passons dans les environs de la ville.

Lundi matin, nous sommes à l’aube prêts à embarquer, dopés jusqu’à l’os contre le mal de mer. Toutes les personnes rencontrées nous ont en effet rappelé que les vagues seraient très fortes aujourd’hui. Même pas peur, mais nous repérons néanmoins les places qui tanguent le moins, juste au cas où. Et une fois en pleine mer, bien qu’il y ait eu des comprimés anti-mal de mer en libre service, nous ne tardons pas à voir « nos » bancs se remplir de gens livides, sac en papier à la main et verre de glaçons à sucer dans l’autre. Ah bon, il y a de la houle?? Nous nous sommes bien et nous admirons l’organisation du staff, aux petits soins pour tout ce petit monde, qui survit tant bien que mal à la grosse heure de bateau.

Puis tout à coup, le calme plat. Nous sommes maintenant à une soixantaine de kilomètres des côtes, la Grande Barrière bloque les vagues et le soleil a enfin décidé de se montrer. Le récif corallien est là, devant nos yeux grand ouverts. Magnifique! S’étendant sur 2600 km, il est considéré comme la plus grande structure vivante du monde, avec ces 350 espèces de coraux, de couleur, forme et taille différentes. Malheureusement, ceux-ci souffrent de maladies directement liées au réchauffement climatique et à la pollution. Plusieurs des espèces de coraux vivent maintenant à leur tolérance maximale à la température et risquent le phénomène appelé du blanchiment, menaçant ainsi l’équilibre du récif tout entier. S’ils venaient à disparaître, cela serait dramatique pour ce dernier, qui subirait alors la prolifération d’espèces comme une étoile de mer, ravageant tout sur son passage.

Nous enfilons nos combinaisons anti-méduses, notre masque et notre tuba et plongeons dans cet aquarium géant. En effet, rien à voir avec la Ningaloo Reef de la côte ouest, les coraux sont ici protégés et sont donc encore en parfait état. L’eau est claire et la visibilité est merveilleuse, surtout lorsque le soleil vient éclairer le récif. Les coraux sont alors illuminés et les couleurs s’intensifient: bleu, violet, rose, vert, orange…

Les poissons, quant à eux, sont également au rendez-vous, tous plus beaux les uns que les autres, et à la différence de la côte ouest, l’incontournable poisson clown est de la partie et se cache, comme à son habitude, au milieu des anémones. Quel beau tableau…!!

Nous plongeons à 3 endroits différents, enfin juste 2 pour nous, car l’eau est tout de même bien froide et le soleil s’étant à nouveau caché pour le 3ème spot, nous déclarons forfait. De toutes façons, nous avons déjà été comblés avec nos 2 plongées, surtout qu’au cours de la 2ème, nous croisons le chemin de 2 tortues vertes. Nous les observons un long moment, mangeant du corail et remontant gracieusement respirer à la surface et nous ne regrettons pas le moins du monde d’être où nous sommes!