Les volcans de Big Island (2)

Pour notre 2ème journée dans le Parc des Volcans, nous commençons par une petite marche pour voir des fumerolles de soufre. Le soufre qui s’en dégage s’accumule sur les parois des roches, les teintant ainsi de jaune brillant.

Nous nous rendons ensuite au musée Jaggar, qui expose de manière très intéressante sur la géologie du parc. Le cratère Halema’uma’u, quant à lui, n’est pas aussi impressionnant de jour que de nuit, car seule une épaisse fumée blanche s’en dégage. Difficile de se douter de ce qui bouillonne en dessous!

Cratère Halema’uma’u

Nous continuons avec les tunnels de lave Thurston. Au milieu d’une végétation dense se trouvent les vestiges d’une ancienne coulée de lave du volcan Kilauea, vieille de 400 ans. Celle-i, en refroidissant, s’est solidifiée en surface, tandis que son coeur, encore chaud et donc fluide, continuait de s’écouler à l’intérieur du tube formé. Lorsque la coulée a cessé d’être alimentée en amont, le tunnel s’est vidé. Celui de Thurston est vraiment impressionnant et nous pouvons nous y promener sans même nous baisser!

  

Après le pique-nique, nous nous échauffons les muscles avec une petite marche sur le « sentier de la dévastation », qui traverse une ancienne forêt tropicale. Suite à l’éruption du Kilauea en 1959, il ne reste maintenant de celle-ci, qu’un immense tas de cendres et de lave sèche.

Sentier de la dévastation

Nous enchaînons ensuite par une autre randonnée, qui nous fait traverser l’un des cratères du volcan Kilauea, le Kilauea Iki. Cette marche n’est pas très longue et à seulement 1247m de hauteur, nous ne souffrons pas de l’altitude, mais nous sommes tellement subjugués par le lieu que nous prenons notre temps, pour notamment observer les morceaux de lave qui jonchent le fond du cratère. Nous sommes également bien surpris par la présence de fumerolles: il ne s’agit pas ici de sorties de soufre, mais juste de vapeur d’eau. Malgré l’ancienneté de la dernière éruption (1959), la lave en profondeur continue de refroidir et la fumée qui s’en dégage est encore brûlante. Incroyable!

 

Le lendemain, nous mettons le cap vers un autre volcan: le Mauna Kea. Du haut de ses 4205m, et de la même façon que le volcan Haleakala de l’île Maui, son sommet est un lieu privilégié pour l’observation des étoiles. 13 télescopes de renommée internationale, ont été construits à son sommet et nous souhaitons en visiter un. Nous prenons donc la route et effectuons les kilomètres qui mènent au centre d’informations, situé à 3000m. Un temps d’acclimatation est encore une fois de mise, car à 4000m d’altitude, l’air s’appauvrit davantage en oxygène. Nous y rejoignons un ranger, qui propose le week-end des visites guidées gratuites d’un des observatoires. 2H plus tard, nous effectuons les derniers kilomètres qui nous séparent encore du sommet.

La route étant non bitumée et très pentue, nous avions dû louer un 4*4 pour l’occasion et ce n’est pas de tout confort sur cette route cabossée! Au sommet, les consignes sont claires: pas de gestes brusques, des respirations lentes et profondes, et boire beaucoup d’eau car ici, l’air ne contient qu’1% d’humidité!! Malgré toutes ces précautions, je dois avouer que je ne fais pas la fière car la tête me tourne à chaque pas et je m’essouffle énormément. Heureusement, nous n’avons pas le temps de nous y attarder, même si assister au coucher du soleil puis à l’observation des étoiles est normalement incontournable au Mauna Kea. Nous jetons rapidement un coup d’oeil au télescope de l’un des observatoires Keck. Avec son jumeau, il s’agit tout de même du plus grand miroir du monde, avec ses 10m de diamètre!

 

A gauche, le jumeau de l’observatoire que nous avons visité; à droite, quelques uns des autres observatoires du sommet

Nous redescendons ensuite jusqu’à la ville de Hilo. En effet, notre tour d’hélicoptère nous y attend. Ce n’était vraiment pas le meilleur créneau horaire mais nous n’avions pas bien le choix. Emballés par notre première expérience, nous avons décidé de retenter un vol sans portes, afin d’avoir les meilleures photos possible. Malheureusement, cette fois-ci, le temps ne joue pas en notre faveur, le plafond nuageux est bas et il sera impossible de s’approcher de la lave en fusion. Nous voyons tout de même une coulée d’assez près, mais elle n’est pas aussi impressionnante que sa voisine que nous distinguons au loin, et qui semble gicler et briller tellement mieux que celle-ci…Quel dommage et quelle déception! Nous nous remontons tout de même mutuellement le moral en nous disant que nous avons tout de même vu de la lave et qu’à 3 jours près, nous n’aurions rien eu, mais au fond de nous, l’enthousiasme n’y est pas.

Nous avons également survolé la zone dévastée par les coulées de lave successives du Kilauea et cette immense étendue noire charbon est à couper le souffle. Combien d’années faudra t-il avant que la végétation ne recouvre entièrement cette zone sinistrée?

Nous terminons ainsi notre découverte de Big Island, émerveillés par tout ce que nous y avons vu, mais en restant un peu sur notre faim. Nous voulions tellement voir de la lave en fusion gicler, blobloter puis se jeter dans l’océan pour créer un nouveau bout de terre…Mais bon, nous le savons, nous ne pouvons pas être gagnants à tous les coups.