Nous quittons Huaraz et un long trajet nous attend pour rejoindre notre destination suivante, l’Equateur! Nous devons en effet repasser par Lima, pourtant plus au sud que Huaraz, et cette fois, nous choisissons un bus de nuit. 7h30 plus tard, nous retrouvons le terminal de la compagnie d’autobus Cruz Del Sur, dans lequel nous devons patienter 8h, avant de prendre notre dernier bus, mais non le moindre. Il nous faudra 28h supplémentaires pour traverser la frontière et rejoindre la ville de Guayaquil, ce qui nous fait donc 2 nuits consécutives dans un bus. Contre toute attente, ces 28h passent assez vite, car nous nous sommes offert le luxe de la première classe. Les sièges sont larges et se couchent quasiment à l’horizontale, les films présentés ne sont pas trop mauvais et nous nous faisons servir comme dans un avion. Cette compagnie a, de plus, la réputation d’être très sûre. Nous sommes filmés à l’embarquement, nous sommes suivi par GPS histoire que le chauffeur ne fasse aucune pause non autorisée ou aucun excès de vitesse, les chauffeurs subissent un test d’alcoolémie avant de partir…Tout a été mis en oeuvre pour redorer l’image de cette compagnie, les bus d’Amérique du Sud, ayant souvent été en tête de liste dans les faits divers.
Nous sommes tout de même ravis d’arriver en Equateur, et plus précisément à Guayaquil. Cette ville n’a pas beaucoup d’intérêt, si ce n’est ses quelques maisons d’époque coloniale, sa promenade le long du Pacifique, la Malecon 2000, qui serait d’après le Lonely « l’équivalent du Central Park de New York, pelouse en moins et fleuve en plus », ainsi que ses 2 quartiers historiques, Las Peñas et Cerro Santa Ana, nichés sur une colline et véritables palettes d’artistes peintres, avec des maisons de toutes les couleurs.
Nous aimons également le petit parc Bolivar, dans lequel vivent, en plus de nos habituels pigeons, de gros iguanes terrestres, qui peuvent mesurer jusqu’à 1m de long, perchés dans les arbres ou mâchant un bout de salade sur la pelouse.
Nous ne passons qu’une seule journée à Guayaquil, et encore, bien parce que nous avions peur de ne pas trouver d’hôtel à notre destination suivante, Riobamba. Nous prenons donc à nouveau un bus, local cette fois-ci, pour 4 petites heures. Fini le confort, nous retrouvons des sièges peu agréables et une multitude de vendeurs ambulants qui grimpent à bord pour nous proposer leur fourbis: bonbons, bol de ragoût de viande, glaces, chips de bananes, DVD piratés, crème miraculeuse ou poudre contre les problèmes gastro-intestinaux…
Nous arrivons en milieu d’après-midi à Riobamba, dont le nom vient du mariage de l’espagnol « rio » (rivière) et du quichua « bamba » (vallée) et retranscrit donc bien le mélange des 2 cultures de la région. Pour ce jour, nous n’avons que le temps de réserver notre visite du lendemain, et de nous promener un peu dans la ville.
Pour cette première journée à Riobamba, nous décidons d’emprunter un bout du Ferrocarril Transandino (chemin de fer transandin), qui, construit au début du XXe siècle, reliait Quito à Guayaquil. Cette ligne vitale entre la côte et la région montagneuse était alors considérée comme une prouesse technologique. Mais avec la construction de grandes routes et à cause des nombreuses avalanches bloquant régulièrement sa voie, cette ligne de chemin de fer fut peu à peu laissée à l’abandon. Le tronçon le plus connu relie la ville de Riobamba à celle de Sibambe, car il traverse la Nariz del Diablo (le Nez du Diable), une abrupte falaise de 765m de hauteur. Construite en 1902 au prix de nombreuses vies, cette portion de voie ferrée est composée d’une série d’épingles à cheveux serrées, que le train doit prendre tantôt en marche avant, tantôt en marche arrière.
Seule la zone entre la ville d’Alausi et Sibambe est aujourd’hui toujours en fonctionnement, mais il faut le dire, il s’agit davantage d’une attraction touristique que du bon vieux train branlant d’autrefois. Les paysages sont toutefois grandioses et d’ici 2013, l’intégralité de cette voie ferrée sera remise en état et permettra donc, comme à l’origine, de relier Quito à Guayaquil.
Nous prenons donc un bus de Riobamba pour rejoindre Alausi, à 2h de route de là, pour s’imaginer le temps de quelques heures, quelques années en arrière, dans ce wagon de bois verni. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait faire le trajet depuis le toit du train, mais suite au décès de 2 personnes, nous n’y sommes plus autorisés. Quoi qu’il en soit, déjà de l’intérieur, il est très stressant de constater, la distance si ridicule entre les rails et la falaise. Il paraît qu’il est fréquent que le train déraille, sans que cela n’inquiète ou n’affecte personne, mais j’avoue que je suis contente que ça n’ait pas été le cas aujourd’hui!
Un petit cireur de chaussures attend les touristes qui descendent du train


J’ai l’impression que vous passez beaucoup de temps dans les transports! Heureusement que les paysages semblent être grandiose pour passer le temps!
La mitad del mundo c’est un attrape touriste! Quito, c’est une superbe ville pour les graffitis, mais le soir, il n’y a pas grand chose à faire. Si tu veux des infos, fais-moi signe! 😉