Chimborazo, le majestueux

Pour notre 2ème journée à Riobamba, nous nous attelons à ce pourquoi nous nous sommes arrêtés dans la ville: le Chimborazo. Appelé « Taita » (Père) par les indigènes, ce volcan éteint de 6310m et dont la base mesure 20km, est le point culminant du pays. De plus, en raison du renflement de la Terre à l’équateur, ce sommet est également le point le plus éloigné du centre du globe! Le glacier du Chimborazo est la source d’approvisionnement en eau de la région des cantons du Bolivar et de Chimborazo. Malheureusement, à cause du réchauffement climatique, et comme la grande majorité des glaciers du monde actuel, celui-ci régresse et une pénurie en eau douce pour ces régions, est à prévoir dans les prochaines décennies. De la même manière, les grandes villes comme Quito (Equateur), Lima (Pérou) et La Paz (Bolivie) souffriront également de la régression trop importante des glaciers qui les entourent.

Après l’avoir découvert dans le jeu télévisé Pekin Express, nous voulions donc voir de nos propres yeux, ce monstre symbolique.

Depuis le plancher des vaches

Son ascension difficile est réservé aux alpinistes expérimentés et nous ne pouvons donc pas la tenter, mais nous réalisons tout de même un petit record. Notre taxi nous dépose en effet au premier refuge, situé à 4850m d’altitude, et nous grimpons alors jusqu’au 2ème refuge, à 5000m d’altitude, soit près de 200m au dessus de notre Mont Blanc!! Certes, avec ces quelques mètres de dénivelé, notre ascension n’est pas très spectaculaire, mais je dois avouer que nous sommes très fiers d’avoir atteint ce palier, sans trop de difficultés qui plus est. Nous avions bien le souffle un peu court, mais comme nos muscles n’étaient pas fatigués par plusieurs heures de marche, nous avons pu monter assez rapidement.

Pour information, l’altitude se traduit par une baisse de la pression du dioxygène: il y a toujours 21% d’O2 dans l’air, mais la quantité d’O2 baisse car la pression atmosphérique diminue. Ainsi, une personne située au niveau de la mer utilise 100% de son VO2 (consommation maximale d’O2 qu’elle peut utiliser), alors qu’au sommet du Mont Blanc (4807m), elle ne peut utiliser que 70% de son VO2 et seulement 20% au sommet du Mont Everest (8846m). La vie devient donc impossible au delà d’une certaine altitude, et les alpinistes ne peuvent pas admirer la vue plus d’une minute à 8000m. J’imagine du coup qu’ils doivent monter de l’oxygène avec eux pour pallier le manque d’air…

Depuis le refuge, à 5000m

Quoi qu’il en soit, ce qui nous a particulièrement marqué, c’est la présence de neige. On pourrait évidemment se douter qu’à cette altitude, il fait assez froid pour garder le sol blanc, mais pour tout dire, nous n’y avions pas vraiment songé et cela nous a donc surpris. Un bon chocolat chaud et un maté de coca (autorisé uniquement en infusion en Equateur, avec donc interdiction de mâcher les feuilles!), pris à notre arrivée au refuge, ont ainsi été les bienvenus.

Au cours de cette journée, nous croisons également 2 des 4 emblèmes andines de la famille des camélidés: les alpagas et les vigognes. Ces premiers sont élevés pour leur laine, très légère et de très grande qualité, plus chaude, plus douce et de plus grande résistance que la laine de mouton. Ils se distinguent des lamas par leur taille plus petite, et donc leur fourrure plus épaisse. Ils ressemblent ainsi à de gros moutons à long cou. Les lamas, quant à eux, domestiqués, sont utilisés comme mule, ainsi que pour leur viande.

Des alpages

Enfin, les vigognes, plus sveltes et gracieuses que les 2 premières espèces, se trouvent uniquement à l’état sauvage, notamment dans le parc du Chimborazo. Autrefois proches de l’extinction, des vigognes ont été rapatriées du Chili et de Bolivie dans les années 1980 et leur nombre est maintenant stable. Leur laine est extrêmement fine (seule la soie a une fibre encore plus fine), de qualité encore supérieure à celle de l’alpaga. Nous croisons de nombreux individus dans le parc du Chimborazo, dont un au cours de notre ascension, à seulement quelques mètres de nous, en train de s’abreuver.

 

Des vigognes

Il nous reste donc à croiser un lama et un guanaco, les 2 autres représentants de la famille des camélidés sud-américain!!