Au milieu du monde

Nous arrivons à Quito, capitale de l’Equateur, en fin de journée. Fondée en 1534, cette ville, à 2850m d’altitude, s’étend sur 20km sur les pentes du volcan Guagua Pinchicha, dont la dernière éruption date de 1999. Son centre historique a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1978, et nous constatons rapidement qu’il le mérite.

Pour notre première journée, nous décidons de partir avec les moyens locaux, dans la ville d’Otavalo, située à 2 heures de Quito, au nord de la Sierra (la région andine). C’est ici que quotidiennement, se tient le plus grand marché artisanal d’Equateur. Et en effet, celui-ci est impressionnant par son nombre d’exposants, d’autant plus que nous sommes samedi: le marché ne se restreint donc plus à la place principale, mais s’étend dans toutes les rues aux alentours! Dans cette région, les équatoriennes ont un look bien différent de celles du sud. Pas de jupe bouffante avec gros collant en laine ou de longues tresses, elles portent ici des jupes sombres, avec des chemisiers blancs immaculés aux broderies très colorées et une multitude de colliers dorés autour du cou.

Cependant, à la différence du marché de Saquisili, il s’agit là de l’un des sites les plus visités du pays, et aujourd’hui également, les touristes sont très nombreux. Nous le trouvons du coup bien moins authentique…Les gringos se bousculent principalement dans les allées des tentures, couvertures, pulls en laine…aux magnifiques couleurs vives, mais nous, afin d’en avoir une vision globale, nous en profitons également pour nous promener dans les allées destinées aux locaux et pour manger en leur compagnie, dans une petite cantine où l’on nous sert à la bonne franquette, avec les doigts!

  

Le lendemain, nous nous dirigeons un peu à l’extérieur de la ville, à la Mitad del Mundo, le centre du monde, rien de moins! Nous ne pouvions en effet pas quitter l’Equateur sans aller « voir » cette fameuse ligne, celle qui coupe notre monde en 2, décrétant que d’un côté, ce serait l’hiver et de l’autre l’été. Un monument en son honneur, érigé entre les années 1979 et 1982, se situe à l’intérieur d’un petit parc, où nous faisons bien évidemment la traditionnelle photo, un pied de chaque côté de la ligne.

Cependant, il faut savoir que cette ligne sur le sol est une belle arnaque. En effet, c’est ici qu’en 1736, le français Charles-Marie de la Condamine effectua les données permettant de situer l’équateur. Cependant, les moyens de l’époque n’étant pas aussi sophistiqués et précis qu’aujourd’hui, il s’avéra que l’équateur se trouve en fait à 240m de celui estimé plusieurs siècles auparavant, à l’extérieur du parc! C’est donc armés de notre fidèle ami Garmin que nous cherchons la vérité: bien moins glamour qu’au pied du monument, nous trouvons le véritable milieu du monde, sur un trottoir, dans un coin un peu délabré, négligé de tous. Qu’importe, nous lui rendons tout de même justice en immortalisant l’instant, car après tout, comme l’équateur coupe majoritairement des océans, avec seulement 20% de sa longueur qui traverse des terres émergées, nous n’aurons probablement pas la possibilité de le revoir un jour!

  

Nous retournons ensuite à Quito pour en visiter son centre et se perdre au gré de ses petites ruelles. Je dois dire que j’ai adoré cette ville, décrétée d’ailleurs « plus belle ville du pays », avec ses maisons coloniales délicieusement colorées et ses rues en pente. Nous n’avons malheureusement pas le temps d’en profiter davantage, mais c’est tout de même excités que nous prenons un bus, au soir de cette deuxième journée, en direction de Guayaquil, où notre avion pour les îles Galapagos nous attend!!