Le mystère de Nazca

Nous quittons Cuenca et l’Equateur, et un long trajet nous attend: 4h de bus jusqu’à Guayaquil, 2h30 d’attente au terminal, puis 26h30 (au lieu de 28h à l’aller) d’un bus très confortable pour repasser la frontière du Pérou et ainsi rejoindre Lima en fin de journée. Après une nuit dans un hôtel miteux empestant la crotte d’oiseau, nous reprenons un bus pour la ville de Nazca. 7h30 plus tard, nous posons enfin nos sacs. Enfin, façon de parler puisque nos bagages ont été débarqués dans une autre ville, et il nous faudra attendre le soir pour les récupérer. Cependant, nous ne nous en formalisons pas trop puisqu’en 10 mois de voyage, c’est la première fois que cela nous arrive et nous n’avons attendu que quelques heures pour les retrouvailles.

La ville de Nazca est célèbre pour ses lignes, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. Rien ne laissait supposer le trésor de cette ville avant 1930, date à laquelle un scientifique américain survola cette étendue désertique et y découvrit de surprenantes figures tracées sur le sol. Il pensa d’abord qu’il s’agissait d’un système d’irrigation pré-inca, mais cela semblerait encore bien plus complexe.

Constitués de plus de 800 lignes droites et 300 figures géométriques, ces 70 dessins d’animaux ou de plantes pouvant aller jusqu’à une centaine de mètres (130m pour la représentation du condor), se discernent à peine au niveau du sol. Il faut donc les survoler pour les apprécier à leur juste valeur.

le colibri

Ils ont été tracés en enlevant les pierres sombres brûlées par le soleil et en les déposant de chaque côté de la ligne, afin de révéler un sol plus clair. Jusque là tout va bien. Cependant, le mystère demeure: qui a tracé ces dessins, pourquoi et comment peuvent-ils être si parfaits, sachant qu’ils ne sont pas vraiment distinguable du sol? De nombreuses théories, parfois très farfelues, ont été émises. L’hypothèse la plus probable est que ces géoglyphes correspondraient à un culte de l’eau, de la montagne et de la fertilité réalisé par la culture nazca, entre 450 et 600 après JC. Ils seraient donc destinés à être vus du ciel par leurs dieux. Cependant, André aime à croire une explication plus fantaisiste émise, comme quoi les Nazcas auraient utilisé des montgolfières pour surveiller l’évolution des dessins…

l’astronaute

Le ministère français déconseille de survoler ces lignes du fait de crashs aériens survenus au cours de ces dernières années. Cependant, suite à des contrôles de sécurité, de nombreuses compagnies auraient été contraintes de fermer, nous laissant supposer que les survivantes seraient relativement fiables. Nous décidons donc tout de même de prendre le risque et de monter à bord d’un petit coucou pour 35 minutes.

Je dois avouer que nous nous attendions à ce que les figures soient plus grandes. Heureusement, le pilote effectue de nombreux virages au dessus des dessins survolés, du côté droit puis gauche, nous retournant certes un peu l’estomac, mais nous permettant à tous de bien les voir. Nous nous amusons ainsi à distinguer le colibri, le condor, l’araignée, le singe, les mains, l’astronaute…Malgré leur « petite » taille, nous en prenons plein les yeux, tant tout ceci est impressionnant et rempli de mystère. Des lignes bien droites, des dessins parfaitement proportionnés, nous aimerions tant en savoir davantage!

L’aridité de la région de Nazca