Notre épopée au Machu Picchu

Nous prenons le train en soirée à Ollantaytambo pour Aguas Calientes. Pas de chance, un problème de locomotive nous fait perdre 2 heures en gare et nous n’arrivons à destination qu’à 23h. Autant dire qu’ayant le projet de nous lever à 4h30 du matin pour être dans les premiers sur le site du Machu Picchu, nous sommes ravis de ce retard! Nous apprenons de plus avec grande tristesse, que pour la première fois en 11 mois de voyage, quelqu’un de l’auberge où nous avions réservé, nous attendait à la gare avec notre nom sur une pancarte! Damn it!!

Après cette courte nuit, nous prenons enfin la direction du Machu Picchu. Il fait évidemment encore nuit noire lorsque nous arrivons au départ du bus et du fait de notre retard de la veille, nous n’avons pas de billet. Un peu dépités à la vue de la file d’attente qui s’allonge déjà malgré la demi-heure que nous avons d’avance sur le premier bus, nous changeons nos plans.

Nous voyons en effet des petites lumières prendre un chemin que nous pensons être celui qui mène au Machu Picchu et nous décidons donc de nous greffer à 2 argentins pour effectuer cette marche que nous croyions être aisée. Il est 5h00, nous ne voyons que ce que nos frontales éclairent, autant dire pas grand chose. Heureusement, il n’y a qu’un seul chemin jusqu’à la première porte de contrôle où nous montrons nos billets achetés sur internet: un gain de temps que nous trouvons précieux, surtout qu’à cette heure-ci car les guichets sont encore fermés. Après ce contrôle, la partie difficile commence. Nous qui pensions que le Machu Picchu se trouvait plus bas en altitude que Aguas Calientes, nous constatons vite notre erreur. Pour notre défense, je vous rappelle que nous pensions y aller en bus…Il s’avère en fait que le site est situé à 2438m d’altitude, et Aguas Calientes 400m plus bas.

Quoi qu’il en soit, nous enchaînons avec courage les marches de l’escalier de pierres, dans une moiteur impressionnante malgré la nuit, le Machu Picchu se trouvant en effet au début de la forêt amazonienne! Notre seule motivation nous pousse à continuer à cette allure, nous voulons être dans les premiers, afin de profiter du site au lever du soleil, c’est à dire avant que la masse de touristes ne débarque. Le ciel commence à s’éclaircir, je croise fort les doigts pour que l’astre nous attende, mais nous profitons enfin du magnifique paysage qui se dévoile devant nos yeux. Encore embrumés, les pains de sucre apparaissent petit à petit, nous offrant une merveilleuse perspective quant à ce que nous allons voir une fois en haut.

Enfin, 1h20 plus tard, nous arrivons à l’entrée du site. Le premier bus nous a dépassé il y a plusieurs minutes mais la file est tout de même courte. Heureusement, car je piétine d’impatience! Une fois la sécurité passée, nous nous précipitons sur le site et là, grosse émotion…Moi qui craignais d’être déçue, d’avoir idéalisé cette citadelle vue des milliers de fois en photos ou à la télévision et tant de fois rêvée, je suis sous le charme. Bien conservée, ou du moins bien rénovée, elle semble figée dans le temps, perchée sur ces flancs de montagne et entourée de verdure.

la citadelle encore endormie, au pied du Huayna Picchu

Du quechua machu (vieille) et picchu (montagne), cette cité inca du XVe siècle contient 172 constructions, réparties sur 530 m de long et 200m de large et aurait été l’une des résidences de l’empereur Pachacutec. Elle aurait également servi de sanctuaire religieux. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983, elle fait de plus partie des 7 nouvelles merveilles du monde depuis 2007. Après la Grande Muraille de Chine, nous en sommes donc à notre 2ème Merveille!!

Nous commençons par aller au point culminant du site pour en avoir LA vue typique, avec le pain de sucre Huayna Picchu en arrière plan, qui contribue tant au charme de l’ensemble. Nous y croisons de nombreux lamas, derniers habitants du Machu Picchu, qui prennent volontiers la pose devant les photographes. Nous savourons notre victoire: le site est encore presque désert et nous pouvons donc prendre des photos sans quasiment personne au milieu des ruines. Rien que cela valait tous les efforts fournis le matin! Nous nous promenons ensuite au coeur des différentes zones du site: agricole (terrasses), urbaine (habitations), religieuse (temples)…

  

A 10h, nous avons rendez-vous pour l’ascension du pain de sucre Huayna Picchu. Seuls 2 groupes de 200 personnes sont autorisés à le grimper chaque jour, et nous avions donc pris soin de réserver en avance. Bien moins éprouvante que celle du matin, l’ascension ne durera qu’une trentaine de minutes pour nous et encore une fois, la vue sur le site est magnifique et vaut donc l’effort. Nous dominons la vallée et passons ainsi quelques heures à l’observer, tout en discutant avec 3 frenchies rencontrés sur le sentier, avant de redescendre au niveau des ruines, puis à Aguas Calientes.

Avec cette fois, le mont Machu Picchu en arrière plan

Nous reprenons ensuite le train jusqu’à Ollantaytambo où un taxi collectivo (à partager avec 2 autres personnes) nous ramène à Cuzco. Nous ne regrettons pas d’y être aller par nos propres moyens car nous avons ainsi pu en profiter pleinement et encore aujourd’hui, nous nous réjouissons d’avoir pris la décision d’y grimper à pied aussi tôt. En effet, en redescendant du Huayna Picchu, le site était noir de monde et avait donc un peu perdu de la majesté que nous avions trouvé en arrivant! Quoi qu’il en soit, cette visite restera un temps fort de notre voyage!