Nous arrivons à Tupiza, petite localité du sud ouest bolivien, à 2h du matin, en bien moins d’heures qu’annoncées par le Lonely. Nous voilà donc obligés de prendre une chambre d’hôtel pour le reste de la nuit. Si nous avions su, nous n’aurions pas passé l’après-midi à attendre que Potosi sorte de sa torpeur d’après lunch!
Il faut l’avouer, Tupiza n’a rien d’extra. Petite bourgade sans vie le week-end, elle présente une multitude de restaurants « italiens », ayant tous la même carte et ayant visiblement tous été aménagés par le même décorateur. Nous y passons malheureusement tout de même 2 jours, à attendre désespérément qu’un tour ne décolle pour la région de Los Lipez. C’est donc contre notre volonté, que ce retard sur notre planning nous permet de redécouvrir la grasse-matinée et par la même occasion, à André de refaire le plein d’énergie pour la suite et fin du voyage. Nous essayons également de visiter un peu les environs de la ville, réputés pour être magnifiques, mais la chaleur intense des journées et le manque d’indications nous fera manquer le chemin du canyon Del Inca. Nous avions pourtant bien suivi les traces de chevaux, comme prévu…
A l’aube du 3ème jour, nous partons enfin pour 4 jours, pour le Los Lipez, la région du sud-ouest bolivien, ou plus communément appelé l’altiplano. Et à peine sortis de la ville, les paysages deviennent en effet magnifiques: canyons, vallées verdoyantes…
Nos compagnons d’excursion sont un couple de (très) jeunes belges flamands, Lynn et Gert, notre chauffeur/guide Rodriguo et sa femme Maricelle, notre cuisinière. Si au départ, nous avions un peu « peur » de notre chauffeur, qui a passé la première journée à chiquer feuille de coca sur feuille de coca, il s’avéra en fait très bon conducteur et bien plus loquace les jours suivants.
L’altiplano est, comme son nom l’indique, une plaine d’altitude. Avec une altitude moyenne de 3300m, il s’agit ici de de la plus haute région habitée, après le plateau du Tibet. Ce territoire est aride, balayé continuellement par les vents et ne reçoit pas plus de 500mm de pluie par an, avec moins de 30mm pour certaines régions. Il y fait très froid, notamment la nuit où les températures peuvent descendre très bas en dessous de zéro. La végétation n’est donc pas très variée et peu d’arbres peuvent survivre à ce vent.
Au cours de ces 4 jours, nous parcourons donc beaucoup de kilomètres à bord de notre 4*4 et nous faisons de nombreux arrêts pour admirer le magnifique paysage qui défile devant nos yeux. A chaque changement de direction, le tableau est modifié et nous émerveille. Toujours plus grand, toujours plus coloré, toujours plus saisissant. A couper le souffle!
Nous croisons ainsi un nombre important de lagunes, parfois colorées, parfois à effet miroir, parfois exploitées pour le borax qu’elle contiennent et parfois mouchetées de flamants roses; des déserts de sel dont le clou de l’excursion, le fameux Salar de Uyuni; des champs de geysers; de magnifiques cônes volcaniques dont le volcan semi-actif Ollague (5865m), dont nous avons contemplé les fumerolles s’en dégageant; des montagnes aux multiples couleurs, comme sorties de l’imagination des peintres (désert de Dali, montagne aux 7 couleurs…); des sources thermales chaudes; des plaques de glace façonnées par le vent et formant des pics; des vastes étendues désertiques à végétation rase, dans lesquelles se promènent des gracieuses vigognes (sauvages), ainsi que des lamas (domestiqués) arborant des pompons colorés aux oreilles, permettant d’en distinguer le propriétaire; des zones rocailleuses avec pour habitants des chinchillas (que notre guide ne peut s’empêcher de nourrir…), ces gros lapins gris roux à longue queue un peu enroulée, que l’on trouve dans toutes nos animaleries…
A gauche, la Montagne aux 7 couleurs; à droite, un chinchilla
Parce que je ne peux pas détailler l’intégralité de ces 4 superbes journées, tant les arrêts ont été nombreux, voici un résumé des temps forts. Les photos raconteront de toutes façons mieux que des mots!
Tout d’abord, la Laguna Verde (lagune verte), située à 4400m d’altitude. Dominée par le volcan Licancabur (5960m) et aux portes du Chili, elle présente une incroyable couleur bleu-verte, due à l’importante concentration en carbonates de plomb, de soufre, d’arsenic et de calcium. L’agitation de la surface par un vent violent et constant, alliée à la forte concentration en minéraux de l’eau, l’empêche de geler. Ce qui n’est pas notre cas!
La Laguna Colorada, à 4278m d’altitude, présente une couleur vraiment surprenante, variant du marron au rouge vif. Celle-ci provient du plancton et des algues qui vivent dans cette eau riche en minéraux, dont la profondeur n’excède pas 80cm. Nous la découvrons en fin de journée et nous y rencontrons les 3 espèces de flamants d’Amérique du Sud, qui nichent ici. Ces oiseaux possèdent un système de filtration sophistiqué qui leur permet de purifier l’eau de ces lacs. Ils filtrent ainsi leur nourriture, en aspirant et recrachant l’eau vigoureusement par leur bec, plusieurs fois par seconde. Les minuscules particules sont alors piégées dans les fines aspérités semblables à des cheveux, à l’intérieur de leurs mandibules.
Il en existe donc 3 espèces: le flamant du Chili, pouvant mesurer plus d’1m de haut, avec un bec blanc à bout noir, des pattes bleues ternes à genoux rouges, et un plumage saumon; le flamant de James, le plus petit des 3, a des pattes rouge foncé et un bec jaune et noir; et le flamants des Andes, le plus grand, avec un plumage rose, des pattes jaunes et un bec jaune et noir. Ces critères de différenciation sont cependant essentiellement théoriques pour nous, car sur ce lac, il nous a été impossible de les classifier: ils sont tous roses!!! Heureusement, la lagune Hedionda nord, nous permettra d’approcher ces oiseaux de plus près et presque de les différencier.
Autre arrêt, au site de l’Árbol de Piedra, ou « arbre de pierre ». Située dans un cadre splendide, en plein milieu du désert de Siloli, cette formation géomorphologique est due à l’érosion d’une roche par le vent. Si celle-ci est connue pour sa forme faisant penser à un arbre, les autres l’entourant sont tout autant travaillées.
A gauche, l’Arbre de pierre
Enfin, autre curiosité mais non la moindre, les geysers Sol de Mañana (4850m), nous ont particulièrement plus. Des mares de boue, aux couleurs variant du blanc/gris au rose, en passant par le marron, bouillonnent avec vigueur. On y trouve également des fumerolles vraiment impressionnantes, à odeur soufrée. A la différence de la Nouvelle-Zélande, où nous avions visité la région à forte activité géothermique de Rotorua, les mesures de sécurité sont ici très faibles. Il y a bien des panneaux indiquant la dangerosité du site, avec interdiction de s’approcher davantage, mais ceux-ci sont depuis longtemps laissés à l’abandon, et de toutes façons non respectés. Avouons-le, nous sommes ravis de cette souplesse et nous nous promenons donc au milieu de ces mares de boue aux couleurs appétissantes, qui aspergent de gouttelettes les touristes trop aventureux. Nous restons tout de même à distance raisonnable des bords, ce qui n’est pas le cas de notre compagne Lynn, qui goûta ainsi au bain de boue jusqu’au genou lorsque le sol s’effondra sous son pied trop téméraire. Elle s’en sortit heureusement avec « seulement », une petite brûlure au 2nd degré, cette mare étant ancienne et ayant donc eu le temps de refroidir jusqu’à une cinquantaine de degrés…












Maricelle, quelle jolie prénom!
Moi, je ne retiens que cette phrase superbement formulée : « Tupiza n’a rien d’extra »!
Et sinon, pas mieux que Julie, c’est magnifique!
Quoi j’ai vu des vizcachas sans le savoir??? Raaah!! Il me semblait aussi que c’était trop roux…Mais bon, pour ma défense, on nous avait dit que c’était des chinchillas et quand ils dorment, ils ressemblent vraiment aux bêbêtes amorphes de Botanic!!! Mais merci de la rectification soeurette!
et en plus mettre dans le même sac un rongeur et un lagomorphe ! Quand même, Emeline, tu exagères !
( à bientôt !)
Mouarf il est temps de conclure ce tour du monde et de revenir visiter Botanic à Villeurbanne! Comparer un majestueux Vizcacha aux moustaches frétillantes à un vulgaire Chinchilla d’animalerie (gris, petites oreilles et queue non enroulée au passage), c’est un peu triste et réducteur quand même… même si ils sont parents éloignés… Quant à la comparaison avec un gros lapin, ca se passe de commentaire…
Super photos en tout cas!
(A bientot!)
Comme tu dis!! 🙂
Paysages de fouuuuuuuuuuuu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 🙂