San Pedro de Atacama

Après un lever bien avant le réveil du soleil, soit à 3h du matin, nous atteignons la frontière Bolivie/Chili. Une fois les formalités effectuées et le petit-déjeuner avalé, nous franchissons enfin cette barrière, et retrouvons du même coup la civilisation: les routes sont parfaitement goudronnées, il y a des panneaux de signalisation et des voies d’urgence! Quel choc!

Nous atteignons San Pedro de Atacama quelques kilomètres plus loin. Cette ville extrêmement touristique, mais néanmoins très agréable avec ses maisons en adobe (briques de terre et de paille cuites au soleil), est située aux portes du désert de Atacama. Avec une moyenne de seulement 0,8mm d’eau par an, il s’agit du désert le plus sec au monde! Certaines zones n’ont d’ailleurs pas eu une seule goutte de pluie depuis plus de 30 ans! Mais ce n’est pas le cas de San Pedro, où la végétation ne semble pousser qu’ici, véritable oasis au milieu de cet immense désert hostile.

Nous commençons par visiter le champs des geysers del Tatio, à 4280m d’altitude. Nous craignions un peu d’être déçus après avoir vu le superbe site de Bolivie Sol de Mañana, mais les 2 sites n’ont en fait rien en commun, si ce n’est la haute activité géothermique. Ici, pas de mare de boue bouillonnante, ça mais ça fume et ça gicle de partout. De grandes quantité d’eau ruissellent sur le sol, formant des mini terrasses étagées et des dépôts de minéraux de différentes couleurs. Pas non plus d’odeur soufrée, bien que notre guide nous affirme le contraire: cela se voit qu’il n’a jamais été au Japon ou en Nouvelle-Zélande! Preuve irréfutable, les oeufs qu’il nous fera cuire dans un trou d’eau bouillante ne ressortiront d’ailleurs pas noirs!

 

Avec près de 80 geysers actifs, El Tatio est le plus grand site de geysers actifs de l’hémisphère sud, et le 3ème au monde après Yellowstone aux USA et celui de Russie. Mais avec une hauteur moyenne de 75cm et un maximum de 6m, ceux-ci ne rivalisent en rien avec ceux de Rotorua (Nouvelle-Zélande)!

On y trouve donc également des sources d’eau chaude, et même s’il est possible de s’y baigner, nous ne nous y trempons pas. Nous avons en effet encore en mémoire le merveilleux panorama de notre bain en plein air de Bolivie, avec la nature qui s’étalait à perte de vue. Le site est ici moins sauvage et surtout, comme la différence de température entre l’eau et l’air nous avait rendu vertigineux et essoufflés pendant plusieurs minutes, nous ne voulons pas retenter l’expérience.

Nous partons donc explorer les environs avec notre guide, Juan Andres. Une conscience écologique poussée comme nous l’aimons chez nos guides, il ramasse les déchets qui traînent à terre et peste contre les fumeurs qui jettent leurs mégots dans les parcs nationaux. Uruguayen et habituellement guide de haute montagne, son rêve est de grimper les quelques 5000 sommets de ce bout de Cordillère. Il nous plaît et même si il n’aime pas les touristes, cela semble réciproque puisqu’il nous donne son mail pour que nous restions en contact. Qui sait, si nous revenons, nous l’embaucherons peut-être comme guide pour notre 6000m!

L’après-midi, nous retournons en excursion, toujours avec Juan Andres, pour nous rendre aux sites situés à l’ouest de San Pedro. Nous atteignons tout d’abord la Valle de la Muerte (Vallée de la Mort). Plusieurs théories expliqueraient son nom, mais la plus probable (ou du moins la préférée de notre guide) viendrait de l’Histoire. A l’arrivée des espagnols dans la région, de nombreuses personnes ont été décimées et des têtes ont été exposées au sommet de cette vallée, afin de « donner une leçon ». La partie historique s’arrête ici mais, selon la croyance inca, ceux-ci n’étant pas morts dignement, leurs âmes n’ont pas pu s’élever jusqu’au sommet du volcan voisin. Elles seraient donc restées prisonnières dans cette vallée. Quoiqu’il en soit, malgré la chaleur, le vent qui fait couler le nez, le sable qui virevolte et qui encrasse un peu plus mon appareil photo, c’est tout simplement magnifique!

Le site suivant est la Valle de la Luna (Vallée de la Lune), dans lequel nous nous promenons pour en observer les cristaux de sélénium (séléné signifie « lune » en grec, d’où une première explication pour le nom de la vallée) incrustés dans le sol. Cette vallée est également splendide, avec un aspect…lunaire (2ème explication), torturé par les forces de la nature. Nous grimpons ensuite jusqu’à un panorama pour attendre le coucher du soleil. Celui-ci n’a cependant rien de bien terrible puisque le soleil disparaît derrière les montagnes avant d’atteindre l’horizon, teintant à peine les montagnes. Nous préférons donc refaire le monde avec notre guide.

 

La Vallée de la Lune, avec à droite, les 3 Maria (qui ne sont plus que 2, à cause d’un maudit français qui en a escaladé une) et le dinosaure. Allez, un peu d’imagination!

Cette journée bien chargée sera la seule au Chili pour l’instant, car en analysant le temps qu’il nous reste et les sites que nous voulons encore voir à tout prix, il nous semble plus judicieux de mettre directement le cap vers le nord de l’Argentine. Salta sera donc étape suivante!