24 heures à Buenos Aires

17h de bus, nous atteignons Buenos Aires, capitale de l’Argentine. Fondée en 1536 par Pedro de Mendoza, aristocrate et aventurier espagnol, elle compte aujourd’hui 3 millions d’habitants, 13 millions lorsqu’on inclut la banlieue, ce qui fait d’elle la 2ème plus grande ville d’Amérique du Sud après São Paulo et l’une des 16 plus grandes villes au monde. Autant dire qu’à peine arrivés, je me demande ce que nous sommes venus faire ici. En moins d’1/2h, on s’est déjà fait avoir par le taxi et bousculé plusieurs fois. Le bonheur des grandes villes…

Nous n’y resterons donc que 24h et occupons cette seule et unique soirée avec un incontournable dans cette ville, un spectacle de tango. C’est d’ailleurs très probablement à Buenos Aires ou à Montevideo que serait né cette danse, au XIXe siècle. Cette dernière fait partie intégrante de la culture argentine, au même titre que les parillas et le maté (une sorte de thé vert très amer qui se boit à la paille), et venir dans ce pays sans en voir, serait comme venir en France sans goûter à nos fromages. Impensable!

Nous épluchons donc les commentaires sur internet et portons notre choix sur Tango Porteño, un dîner-spectacle qui se produit juste à côté de notre hôtel. Un peu cher cependant, nous ne prenons pas l’option du repas et nous contentons du show, et des boissons à volonté offertes. A notre arrivée, on nous propose de poser avec un couple de danseur/danseuse et nous rigolons bien en imaginant notre jambe de baroudeur enroulée autour de leurs habits scintillants. Nous refusons donc.

Plein d’humour et impressionnant de technique, ce spectacle relate le Buenos Aires des années 40, années dorées du tango. Accompagnées par un orchestre et par moments de chanteurs, les jambes s’enroulent, les dames voltigent dans les airs, les corps se frottent, les attitudes se font dramatiques. Danse très sensuelle et acrobatique…on aime ou on n’aime pas, mais quoi qu’il en soit, ce spectacle a été à la hauteur de nos attentes et nous sommes heureux de notre soirée.

 

Le lendemain, nous partons à la découverte d’un quartier bien particulier de Buenos Aires, le quartier ouvrier de La Boca. Mi-XIXe siècle, c’est ici que s’installèrent les immigrants italiens et espagnols. Il servaient de main d’oeuvre à l’industrie bouchère, l’un des secteurs les plus importants de l’économie argentine. Après l’entretien des bateaux, les habitants du port avaient l’habitude d’utiliser les restants de peinture pour peindre les façades de leurs maisons en tôle ondulée, donnant ainsi à ce quartier, son aspect tellement typique plein de couleurs vives. Même si la tradition perdure, cela n’est évidemment plus aussi authentique que dans le temps. Seules 2-3 rues présentent encore de belles façades, mais lorsque l’on voit toutes les boutiques de souvenirs et restaurants qui la borde, on comprend qu’il ne s’agit plus que d’un moyen d’attirer les touristes. Mais tant pis, ça reste beau!

  

Chaque restaurant propose des spectacles de tango et d’une autre danse typique argentine ressemblant à du flamenco sans castagnettes, ainsi que ce que nous supposons être des gauchos (cowboys argentins) avec des bottes qui font du bruit telles des claquettes. Les danseurs invitent les gens à venir sur scène avec eux et nous sommes vraiment surpris de constater que quel que soit leur âge, ados inclus, ils maîtrisent tous l’art du tango. Nous nous demandons donc s’ils ont des cours obligatoires à l’école…En tout cas, nul doute que cette danse fait partie intégrante de l’Argentine et qu’ils en sont fiers!

Après quelques courses pendant lesquelles André trouve enfin des chaussures à sa taille, nous quittons la capitale, direction la Patagonie. Encore un nom qui me fait rêver!