Pour notre deuxième journée à El Calafate, nous prenons donc une excursion et retournons dans le parc national de Los Glaciares, pour y voir le Perito Moreno. Nous avons choisi l’option « minitreking », ce qui signifie que nous passerons 1h30 sur celui-ci, pour un baptême de marche sur glace!
Les orages en provenance du Pacifique déversent leur pluie à l’est de la barrière andine, où l’eau s’accumule en neige. Comprimée par son propre poids pendant des milliers d’années, la neige s’est transformée en glace, donnant naissance à ce glacier qui a commencé à se déplacer vers l’est. Celui-ci mesure actuellement 30km de long, 5km de large et 60m de haut, mais ce qui le rend exceptionnel, c’est qu’alors la grande majorité des glaciers du globe reculent, il est aujourd’hui stable. Bien qu’il lui vole la vedette, il ne s’agit pourtant pas du plus grand glacier du parc, mais seulement du plus accessible. Son voisin, le glacier Upsala, 60km de long et 4km de large, ne peut être en effet observé que par une croisière dans le fjord qui l’abrite.
Une fois dans le parc, nous commençons par passer 2 heures sur des passerelles aménagées, pour contempler ce géant de glace. Majestueux, avec ses reflets bleu layette, il s’étale à perte de vue entre les montagnes. De nombreux blocs de glace s’en détachent, dans un grand fracas de glace et d’eau. Il faut savoir que ceux-ci sont âgés de 600 à 900 ans, c’est à dire qu’il faut toutes ces années, pour qu’un flocon tombé à son sommet, arrive en son front. Pour information, pour les glaciers que nous avons vus en Nouvelle-Zélande, il ne fallait que 7 ans…!
Il s’agit d’un véritable spectacle visuel, mais également auditif. Nous nous trouvons en effet suffisamment près pour l’entendre, et en ce début de journée ensoleillée (mais venteuse et très fraiche), il a beaucoup de choses à nous dire! Outre les blocs se détachant bruyamment, la dilatation se la glace provoque des craquements de partout! Magique!
Au pied du Perito Moreno, comme c’est le cas pour tous les glaciers d’ailleurs, l’eau est de couleur grise laiteuse, contrastant avec la blancheur bleuté du glacier. En effet, lorsqu’elle s’écoule, l’eau de fonte prélève les minéraux contenus dans la moraine et les déverse dans le lac ainsi formé, ici le Brazo Rico (Bras Rico), qui rejoint le Lago Argentino.
Au cours du dernier siècle, l’avancée du Perito Moreno a obstrué 17 fois le Brazo Rico, au niveau de ce qui est appelé la « zone de rupture ». Le niveau de l’eau en amont s’élève alors, jusqu’à ce que sous l’effet de la pression, une cavité puis un tunnel se creuse. L’arche formée finit alors par s’effondrer dans un spectacle apocalyptique inoubliable, paraît-il. Actuellement, le Brazo Rico est bouché. Aucune arche n’est donc formée et ne risque de s’effondrer, mais sachant ce phénomène, nous ne tardons pas à repérer depuis la passerelle d’observation, une petite cavité sur la face nord du glacier, dans laquelle nous mettons beaucoup d’espoir. Eh bien croyez-le ou pas, nous n’étions pas en place depuis 5 minutes que nous commençons à le voir s’effriter. Le tunnel s’effondra ensuite, suivi de tout un pan du glacier, devant nos yeux écarquillés. Quelle puissance! Nous observons ensuite les icebergs nouvellement nés, petits glaçons éphémères, dériver lentement vers le Lago Argentino.
André a réussi à filmer l’intégralité de la scène!
Nous repérons ensuite une crevasse qui nous semble propice à un nouveau spectacle, mais la représentation ne sera pas pour nous, nous ne verrons plus que des « petits » morceaux tomber, ce qui nous ravit quand même!
Après ces 2 heures de contemplation, place à l’action, nous prenons un bateau pour nous approcher de la face sud du glacier et débarquons vers l’un de ses flancs.
Nos guides nous accrochent des crampons à nos chaussures de randonnée et nous expliquent comment nous en servir. Il faut dire qu’habituellement, nous essayons tous instinctivement d’éviter les plaques de glace…Puis nous grimpons enfin sur le dos du monstre. Un grand sourire ne quitte plus nos lèvres, nous attendions depuis plus de 6 mois ce baptême, soit depuis que nous avions décidé de ne pas marcher sur les glaciers néo-zélandais.
Pendant 1h30, nos guides nous emmènent de crevasses en trou d’eau, tous plus beaux les uns que les autres, d’un bleu profond, signe que la densité de la glace est ici très importante.
Après l’avoir vu, écouté, et touché, nous goûtons maintenant ce glacier: tout d’abord en buvant de son eau, fraiche et d’une pureté parfaite, prélevée au sein même de l’une de ses piscines. André rempli également son camel pack de 3L pour que nous puissions en profiter encore quelques jours; puis sous forme de « glaçons », dans un verre de whisky, offert pour clôturer cette sortie. Nous avons tout simplement adoré cette marche, et André cherche maintenant des clubs d’escalade sur glace en Auvergne!
Cette journée terminée, nous continuons ensuite notre route vers le sud. Prochain arrêt: le bout du monde!






Super que vous ayez pu filmer ce spectacle et nous partager ce film! ça avait l’air magique!