Une journée complète de bus est nécessaire pour atteindre Ushuaïa depuis El Calafate. Et quelle journée! Nous devons en effet quitter l’Argentine pour entrer au Chili pendant quelques kilomètres, prendre un traversier qui nous fait ainsi pénétrer dans la Grande île de la Terre de Feu, quitter le Chili pour entrer à nouveau en Argentine. Autant dire que nous passons beaucoup de temps dans les formalités, d’autant plus qu’en Argentine, les contrôles d’identité sont très fréquents. Plusieurs fois au cours de ce trajet, nous devrons en plus des douanes officielles, montrer nos passeports à un policier. Assez fatiguant tout ça!
Nous sommes donc heureux d’arriver à Ushuaïa, à la nuit tombée. Tout le monde connaît le nom de cette ville grâce à la marque de gels douche ou à Nicolas Hulot, mais pour tout dire, nous ne nous attendions pas à ça.
Fondée en 1884 par une mission de pasteurs anglicans, la ville se développa initialement autour d’une prison pour criminels dangereux, le gouvernement argentin ayant pris exemple sur l’Australie, bagne britannique. Elle est aujourd’hui la capitale de la province « Terre de feu, Antarctique et Iles de l’Atlantique Sud » et a le titre de « ville la plus australe du monde », ou « ville du bout du monde », autrement dit, tout un symbole. Il faut en fait savoir que ce titre joue sur les mots, car il existe encore plus au sud, Puerto Williams, port et base navale chilien, autrefois considéré comme la ville la plus australe. Mais voilà, Ushuaïa a vu sa population exploser et du même coup, Puerto Williams, à peine plus de 2000 habitants, a vu son titre régresser à « village le plus austral du monde ».
Ainsi, alors que nous nous attendions à découvrir un petit port de pêcheurs, aux minuscules maisons de bois, colorées et défraichies, nous trouvons une grosse ville aux rues pentues et pleine de magasins comme chez nous. Grosse déception donc…
Nichée entre le canal de Beagle et les sommets enneigés de la chaîne Martial, ce port accueille un nombre croissant de bateaux à destination de l’Antarctique, et pour tout avouer, nous espérions grandement pouvoir y aller nous aussi. Arnaud, un français rencontré en Bolivie à Tupiza, nous avait expliqué qu’on pouvait trouver des excursions de dernière minute pour une « bouchée de pain », pour compléter des bateaux non pleins. 1500$ pour une semaine, nous étions prêts à signer dans la minute. Nous avions donc pris soin de descendre au plus vite jusqu’à Ushuaïa, afin de nous garder une semaine complète vacante avant l’île de Pâques. Mais nos espoirs se sont vite écroulés lorsque nous avons appris: 1) que les excursions étaient pour un minimum de 10 jours; 2) qu’on ne pouvait pas s’attendre à trouver un « last minute » pour moins de 5000$; 3) que les bateaux ne partaient de toutes façons pas avant le mois de décembre…C’était tout de même un joli rêve!
Pour compléter dans le registre des mauvaises nouvelles, nous apprenons que les cendres du volcan chilien bouchent actuellement les voies aériennes. Alors que nous envisagions de passer ces derniers jours en Patagonie avant de voler de El Calafate jusqu’à Santiago de Chili, nous voilà contraints de passer 3 jours dans le bus…Que de déceptions donc!
Nous passons 2 jours à Ushuaïa, pendant lesquels nous visitons quand même un peu les environs. Nous allons tout d’abord nous promener dans le parc national Tierra del Fuego (= Terre de Feu), qui est situé à la frontière avec le Chili et longe le canal de Beagle. Nous y faisons une agréable randonnée de 3h, tantôt au bord d’un lac bordé de montagnes enneigées, tantôt dans la forêt. Chose surprenante, nous y trouvons un bureau de poste « fin du monde » sur pilotis, assez symbolique bien que essentiellement touristique.
Le lendemain, nous prenons une excursion dans le canal de Beagle. Nous étions supposés nous rendre jusqu’à une colonie de pingouins, mais visiblement, l’agence qui nous a vendu les billets ne savait pas qu’il n’y en avait pas tous les jours. Nous nous contentons donc de 2h30 de bateau, pour voir le phare « Les Eclaireurs », rayé de rouge et blanc et perché sur un minuscule bout d’île sur lequel nous ne pouvons pas débarquer. Il ne s’agit pas du phare du bout du monde, rendu célèbre par Jules Verne, mais celui-ci est plus difficile d’accès. Nous observons également une colonie de lions de mer, puis de cormorans, avant de marcher quelques minutes sur une petite île sur laquelle vivait un peuple semi-nomade, les Yamanas.
Bref, Ushuaïa ne nous aura pas franchement emballés, même si les alentours de la ville sont beaux et même si nous avons beaucoup aimé le confort de notre B&B. Cependant, si c’était à refaire, nous y retournerions sans hésiter, car après tout, nous étions au bout du monde, et ça, ce n’est pas rien!!





Pour ne pas répéter tout ce qui a été dit et dont je partage, je vais juste ajouter que je boude un peu de savoir votre périple tirer à sa fin. Pendant un an, j’ai commencé beaucoup de mes journées en lisant tes billets Émeline et je les ai tous apprécié! Je suis bien content que tu aies persévéré à les écrire!
Alors, je m’en vais bouder un brin puis poursuivre mon début de journée!
Par contre, j’ai bien hâte de vous revoir!!
En fait, on part demain (mardi) mais on n’arrive en France que mercredi: j’ai rectifié l’erreur 😉 Merci à toi ma chouquette, pour nous avoir si bien suivi et pour tous tes commentaires laissés sur le blog! Tu nous as fait beaucoup rire! xxx
TOUT PAREIL que ton papa….. Moi qui ne suis pas allée bien plus loin que l’Europe, j’ai adoré vous lire, voyager avec vous, rêver devant les paysages, rigoler avec toutes vos petites anecdotes; magnifiques photos, super blog…. (et en plus… sans aucune faute d’orthographe… Ca fait du bien !!!!!! )
Parfois je me connectais entre midi et deux, je voyais ce que vous viviez, je me disais, bon sang je troquerais bien mon chauffage cassé, la voisine du dessus qui fait la java, le pare-brise à gratter, la queue à la poste, les patients chiants, les chaussettes de contention, et même le vernis qui s’écaille et qu’il faut refaire, bref tous mes petits problèmes étriqués, contre un voyage comme le vôtre, et en même temps je me disais que je serais bien incapable de partir pour un an avec juste un sac à dos 🙂
Ca vous fera un de ces souvenirs pour toute votre vie… parmi d’autres 😉
Gros bisous à tous les 2 et gros merci pour votre blog 🙂 rentrez bien
Oulala, vous rentrez déjà demain?!
En effet, félicitation pour ce blog et merci de nous avoir fait partager toutes vos belles découvertes! J’ai appris énormément de choses grâce à la lecture régulière de vos billets, rédigés avec toujours une petite touche d’humour que j’ai adoré!
Ça va me manquer de ne plus pouvoir suivre vos aventures, mais j’espère pouvoir vite vous voir en vrai pour que nous racontiez toutes vos anecdotes et que vous puissiez rencontrer Daphné!
Moi aussi, je me disais que votre blog mériterait d’être retranscrit dans un livre!
PS : et même sans une trousse de toilette pleine à craquer, je vous ai trouvés resplendissants sur chacune de vos photos 😉
Merci Denise, je sais que vous aimez vous évader en lisant et je suis heureuse d’avoir réussi à vous faire voyager avec nous! Nous avons tous les 2 bien hâte de tous vous revoir et de vous cuisiner tous les plats que nous avons appris!
A bientôt!! Grosses bises!
Ooh merci beaucoup mes petits parents, ça me touche énormément. Il est vrai que je ne vous avais pas habitués à ça, mais j’ai appris en grandissant qu’il faut savoir quelles sont ses priorités dans la vie. Découvrir le monde en est une pour moi, et il ne s’agit donc pas vraiment de courage pour ma part. Comme tu l’as si bien dit, « ça me démange », c’est en moi. C’est mon moyen d’évasion, ma sensation de toucher la Liberté.
Voyager n’est pas compatible avec avoir une trousse de toilette remplie de cosmétiques ou une garde-robe variée, je le sais et je m’y suis donc pliée. Peu importe, ce que nous avons vu à valu tous les sacrifices et si c’était à refaire, je repartirai sans hésiter une seconde. Mais pour info, à part en Australie où ça a été plus compliqué, nous avons pu nous laver tous les jours et faire nos lessives (à la main) régulièrement!
Pour le blog, ce sont tous vos commentaires (sur le blog, facebook ou mail) qui m’ont encouragée. J’ai parfois manqué de motivation mais vous savoir de l’autre côté de l’écran, m’a poussée à continuer.
Quant aux photos, ah je rêverais de me reconvertir là dedans, mais les places sont chères et je ne rivalise pas encore avec les grands. En fait, je pense que je dois déjà apprendre à les retoucher, chose qui me rebute fortement. Mais il est vrai que j’ai beaucoup appris « sur le tas » et j’ai déjà quelques idées en tête pour la suite! Affaire à suivre…
Encore merci à vous!
A mercredi!!
entierement d’accord avec toi,Patrick, Emeline nous a fait vivre un merveilleux voyage .je n’ai plus qu’une hate ,de les serrer dans mes bras.a bientot, bisous Denise
29 octobre, dans trois jours nous nous revoyons. Pour que tu puisses lire ma conclusion in situ, Emeline, j’anticipe légèrement sur le moment où vous quitterez l’Amérique du Sud, terme de votre périple.
Je voudrais te dire à quel point ton blog nous a passionnés, ta mère et moi ; à quel point nous avons tous deux admiré tes photos, les paysages bien sûr, mais aussi et peut-être surtout tes photos de fleurs et d’animaux : nous avions l’impression de les toucher, de les voir vivre sous nos yeux ; à quel point ton texte était bien rédigé (tu as du vocabulaire et du style !) et toujours instructif, sans banalités. J’ai attendu ce (presque) dernier jour pour cela, mais depuis longtemps j’ai envie de te dire ceci : tes photos, tes textes sont dignes de Géo ou de National Geographic. je ne voudrais pas te souffler une mauvaise idée que tu es capable d’avoir seule, mais si la pharmacie t’ennuie un jour, tu sais comment te reconvertir ! En attendant, un livre, comme le suggère ta mère ? Enfin, pour conclure, je ne pensais pas que tu serais capable de tenir un an avec seulement un sac à dos pour tout viatique, ayant le souvenir de ton enfance paisible, pas aventureuse, puis d’une question de lavage de cheveux en Norvège ! Mais voilà, you did it, et je ne peux que dire pour tout cela, ton texte, tes photos, ton courage, Emeline, merci et… chapeau !!!!
Et maintenant, cher André, à ton tour pour les films, nous attendons un montage envoutant !