Chiffons et parfums

Après les tombeaux impériaux, nous nous sommes arrêtés brièvement dans un village pour assister à la fabrication des fameux chapeaux coniques. Même si on en voit dans tous les recoins du Vietnam, qu’on se trouve en ville ou en pleine campagne, Hué est considérée comme étant la capitale du chapeau conique.

Pour réaliser un chapeau, on utilise un cadre en bois conique, sur lequel on dispose 16 cerceaux en bambou. Une fois sèches, les feuilles de latanier (un palmier) sont ensuite cousues avec du fil de nylon avec l’ensemble. Un chapeau standard comporte 3 couches de feuilles. Une couche de laque ou de résine est ensuite appliquée sur les feuilles, pour rendre le chapeau résistant et imperméable.

On est sensé trouver les plus beaux spécimens du pays à Hué. En effet, ici, les chapeaux peuvent être brodés ou peuvent raconter un poème. Pour cette dernière catégorie, il faut insérer un papier avec des dessins découpés, entre deux couches de feuilles de latanier. Le résultant est bluffant: quand on regarde le chapeau sous le soleil, on y voit des dessins et écritures. Nous sommes séduits et nous décidons de l’acheter, pour la modique somme de 1,10€. Et sans négocier!!

Alors, que voyez-vous??

La 2ème spécialité de ce village concerne la fabrication des bâtonnets d’encens. En effet, les vietnamiens (et les asiatiques en général) en consomment énormément, que ce soit sur les lieux de culte, ou bien chez eux, sur leur autel familial. La fabrication de l’encens n’est pas difficile en soi, mais les recettes sont jalousement gardées, et différentes d’une famille à l’autre. Tout ce que nous savons, c’est que les substances utilisées sont d’origine végétale, qu’on utilise entre autre de la cannelle et qu’il faut qu’au moins un de ces ingrédients soit un bon combustible, comme le charbon ou le makko (résine). On dit que le bois de santal est présent dans la majorité des recettes. Il faut savoir que l’odeur n’est pas le seul facteur à considérer dans une recette, il faut également que l’encens ne produise pas trop de fumée et qu’il brûle à une vitesse raisonnable. Une fois les ingrédients ajoutés, on mélange afin d’obtenir une pâte assez solide de couleur marron.

Pour la fabrication en elle-même, les femmes vont donc prendre cette pâte et l’enrouler sur une petite tige de bambou, de couleur et longueur variable. Les mouvements des mains des femmes roulant l’encens sont tellement rapides, qu’il est difficile de prendre des photos nettes. Ces baguettes sont ensuite séchées au soleil pendant 2 ou 3 jours, avant d’être emballées pour la vente.

Nous nous apercevons qu’à Hué, ainsi qu’à Hoi An où nous sommes maintenant, de nombreuses boutiques vendant des vêtements, proposent du sur-mesure. Je savais que cela était bien plus répandu ici que chez nous, mais cette pratique, que je croyais réservée aux classes aisées, est chose courante ici. En effet, j’ai souhaité m’acheter un top dans un des magasins. Celui-ci étant coupé beaucoup trop grand, la vendeuse me propose de me le faire dans la soirée. Toute impressionnée, j’acquiesce, et la voici qui dégaine son ruban et qui me mesure sous toutes les coutures. J’avais bien vu les minuscules machines à coudre dans un coin de la boutique, donc je me doutais que tout était fait main, mais j’étais loin d’imaginer cela. 2 heures plus tard, je repasse au magasin et le nouveau haut me va parfaitement! Je suis sous le charme, je ne pense même pas à négocier le prix! J’achète également une robe, qui a évidemment préalablement été ajustée à grands coups de ciseaux! Chapeau!!

Hoi An, regorge également de magasins de chaussures, qui proposent ce même service! Je n’ai jamais eu de problème avec les chaussures du commerce, mais j’imagine que pour les pieds sensibles ou hors normes, cela doit être bien agréable!

En regardant les gens dans la rue, je ne comprends pas pourquoi les gens sont si mal habillés alors que j’aurais envie de tout acheter dans ces boutiques. En effet, les femmes se promènent très souvent dans des sortes de pyjama en coton. Mais en y réfléchissant, je ne pense pas que les vietnamiens aient la possibilité de s’offrir du sur-mesure aussi facilement, même si le prix nous paraît dérisoire.

C’est décidé, à notre retour, j’investis dans un mannequin et je me fais mes propres habits!! Depuis le temps que j’en ai envie…!!