A Hoi An, nous visitons le Centre des métiers traditionnels Thang Loi. Nous avons vraiment apprécié cette visite, car la guide nous a très bien expliqué tout le processus de fabrication de la soie, ainsi que les différences entre chaque tissu à base de soie. Ayant déjà eu des vers à soie à la maison, je connaissais déjà le cycle de la bête. En 3 semaines, le ver devient adulte. Il s’arrête de dormir et de manger les feuilles de mûriers. Il va alors sécréter un fil de soie pouvant aller de 600 à 1000 mètres, pour fabriquer son cocon. Il se transforme alors en chrysalide, avant de devenir papillon. Selon l’espèce, la soie sera blanche ou jaune.
Dans ce centre, certains feront leur cycle complet jusqu’à la ponte des oeufs, afin d’avoir de nouveaux vers, mais la majorité des bêtes sont tuées à l’état de chrysalide, en plongeant les cocons dans de l’eau chaude. En effet, pour récupérer un fil de soie intact, il ne faut pas que le papillon l’ait cassé en sortant du cocon. Nous apprenons ainsi que pour faire un tissu à partir de soie sauvage, il faut tirer le fil à la main, et chaque fil sera issu d’un seul cocon. Pour faire de la soie fine, on utilise 3 cocons, dont les fils seront torsadés entre eux à la machine. Enfin, pour réaliser un taffetas de soie, on utilise la soie d’environ 15 cocons pour faire un fil bien uniforme, à la machine.
Un tissu de soie sauvage est donc plus rêche et au toucher inégal, tandis que le taffetas de soie sera bien plus souple, régulier et doux.
Nous voyons ensuite la fabrication de tissus à base de ces fils de soie, la broderie sur nappe et sur tableaux (bluffant!!!), les vêtements, les lanternes…Bref, c’est superbe et nous craquons pour une lanterne rouge. Heureusement que ça n’est pas lourd, car il va encore falloir l’envoyer et après l’ombrelle du Japon, on s’était pourtant jurés de ne plus acheter de souvenirs volumineux…!
A Hoi An, nous assistons également à un spectacle d’une vingtaine de minutes de musique folklorique. C’est super joyeux, il y a plein d’instruments traditionnels dont on ignore le nom, et les musiciens sont en costumes chatoyants de toutes les couleurs. Certains morceaux sont accompagnés de danses. On a tellement aimé cette musique, qu’on achète un CD, histoire de s’imprégner du Vietnam traditionnel le soir à l’hôtel.
On décide du coup d’assister à un deuxième spectacle, plus long cette fois. Il s’agit en fait de la même troupe de musiciens et de danseurs, mais cette fois, c’est dans une petite salle intime, nous sommes seulement 7 spectateurs, puis 4 à la fin. Autant dire qu’on en profite pleinement. On est d’ailleurs un peu gênés d’assister à une représentation où le groupe est plus nombreux que les spectateurs, d’autant plus que les danseuses sont en petite tenue et se dandinent juste devant nous. Les danses relatent des instants de vie vietnamienne, comme une pêche fructueuse,la moisson…ou des mythes, comme la danse des dragons et tortue.
En étant aussi proche, on en apprend également un peu plus sur ces fameux instruments de musique, qu’on a tout loisir d’observer.
Tout d’abord, la viole à 2 cordes frottées, qui se nomme « Dan Co », parce qu’il a une forme de cigogne. La caisse de résonance et le manche sont en bois. La caisse de résonance est un cylindre, étranglé en son milieu et fermé à une extrémité par un morceau de peau de serpent. Cet instrument se joue avec un archet en bambou ou en bois, mais à la différence du violon qu’on connaît chez nous, on ne joue pas en frottant les crins sur le dessus de la corde, car ceux-ci passent entre les 2 cordes. Il s’agit de l’un des instruments les plus courants du Vietnam.
Ensuite, le monocorde ou « Dan Bau »: il s’agit d’une caisse de résonance en bambou ou en bois dur, en général sans fond, formée de 3 planches de bois. L’unique corde est tendue entre une cheville en bois et une tige flexible, en bambou, en bois ou en corne de buffle, légèrement recourbée, à l’autre extrémité. Cette baguette est munie d’un résonateur en bois ou en noix de coco évidée. Le musicien tient un petit bout de bambou dans la main, avec lequel il va gratter la corde. Avec l’autre main, il exerce une pression sur le manche, de gauche à droite ou dans le sens inverse, pour diminuer ou augmenter la tension de la corde.
La cithare vietnamienne à 16 cordes, ou « Dan Tranh »: La table d’harmonie arrondie est en bois. Avec la main droite, le musicien gratte les cordes dans la partie entre le cordier et les chevalets mobiles pour faire la mélodie. Avec l’index, le majeur et l’annulaire de la main gauche, il modifie la tension des cordes.
A gauche, le monocorde, à droite, la cithare vietnamienne
On peut également voir une sorte de guitare basse, électro-acoustique, mais de forme carrée…Le percussionniste lui, utilise de gros bouts de bois pour taper sur tes tambours ou sur des sortes de noix de coco vide. Enfin, le dernier instrument présent est une flûte en bambou, qui est jouée à la manière d’une flûte traversière. Ces instruments étant plus communs, nous ne voyons pas le besoin de vous ennuyer avec plus de détails. 🙂





