Etape à Kampong Cham

Notre visa pour le Laos en main, nous pouvons maintenant entreprendre le dernier segment de notre visite au Cambodge, en direction du Nord-est. Cette région contient les endroits les plus sauvages du pays, en plus de faire frontière avec le Laos. Notre premier arrêt sur ce tronçon se nomme Kompong Cham. Il s’agit d’une toute petite ville, à 120km de la capitale. Nous n’y séjournerons qu’une journée, car déjà le lendemain matin, nous reprenons la route. Cette unique journée fut donc chargée.

Nous arrivons vers 10h, après les formalités habituelles (trouver un lit et de la nourriture), puis nous rejoignons notre conducteur de tuk tuk, qui nous suivra toute la journée…Enfin c’est ce qu’on pensait, car en début d’après midi c’est son frère qui prend la relève. Le premier site que nous visitons se nomme Wat Nokor, encore un temple pré-angkorien, au centre duquel a été construit un temple neuf, en annexe de la tour originale. Après Angkor, c’est évidemment difficile d’être à nouveau impressionné, mais c’est toujours spécial de voir une construction de plus de 1500 ans, toujours debout.

Nous nous dirigeons ensuite vers un tout petit village écotouristique, Cheungkok. Avant, les habitants ne vivaient que de la culture du riz et étaient très pauvres, car l’unique récolte annuelle ne suffisait pas à couvrir tous leurs besoins. Une association est venu leur apprendre à diversifier leurs revenus en utilisant le tourisme, tout en gardant leur culture, et sans devenir entièrement esclaves de ceux-ci. Nous y apprenons quelques bons conseils sur le « savoir vivre » que devrait connaître tous les touristes, notamment ne pas donner de jouets directement aux enfants, mais plutôt à leurs parents, pour ne pas en faire des mendiants. Nous les encourageons en achetant un peu d’artisanat. L’expérience est très agréable et même si nous sommes là pour regarder, on se sent un peut moins voyeurs que d’habitude.

Nous rentrons donc en ville pour manger, et c’est après le diner que le frère, un certain « mister lucky », nous rejoint pour nous conduire le reste de la journée. Cette fois-ci, nous traversons le Mékong pour nous rendre dans une plantation d’hévéa. Notre guide nous amène près des employés qui ramassent le latex et nous apprécions le fait qu’il leur traduise nos questions. Nous apprenons donc que les arbres sont entaillés tous les trois jours, à compter de leur 5e année de vie, et ce pendant plus de 50 ans! Un des employé nous fait d’ailleurs une démonstration et nous sommes tout les deux surpris de voir qu’en enlevant à peine 1mm d’écorce, le latex, tout blanc et tout liquide, se met à sortir instantanément et abondamment.

Après la plantation, c’est au tour de l’usine de caoutchouc de nous recevoir. Nous payons l’entrée de notre guide pour avoir un peu d’information sur le processus. Nous y apprenons que le latex, une fois arrivé à l’usine, est mélangé à de l’acide formique et de l’eau, pour atteindre une certaine concentration permettant au latex de se figer en bloc. Le processus prend environ 24h et donne de longs blocs bien blancs (un peu comme les blocs de cheddar frais de l’usine Perron que nous avions visité au Lac!). Ceux-ci sont ensuite essorés, déchiquetés et cuits pendant environ 3 heures à 120 degrés. Le résultat final est un caoutchouc jaunâtre pour la 1ere qualité, et un caoutchouc plus foncé avec des grains noirs pour celui de deuxième qualité (fait à partir de latex ramassé sur le sol).

Sur le chemin du retour, notre guide nous offre une noix de coco pour nous désaltérer et nous amène au pont de bambou, un site que nous n’avions pas prévu de voir. Il s’agit d’un pont, refait chaque saison sèche, permettant d’atteindre une petite île, dont les habitants sont isolés le reste de l’année. Nous ne traversons pas le pont, comme il est très long et qu’il faut payer 3$ pour y passer en tuk tuk.

La journée se terminera dans un nouveau restaurant d’ONG, tenu par des gens de la rue et ouvert par une association de moines. Nous y mangeons très bien et encore une fois, nous avons l’impression de faire quelque chose de bien et de donner notre argent à des gens dans le besoin 🙂