Les hauts plateaux de Dalat

Après Nha Trang, nous rejoignons les hauts plateaux de Dalat, située à 1500m d’altitude. La route qui y mène, à travers les montagnes, est splendide, et pour la première fois depuis très longtemps, nous retrouvons un véritable ciel bleu, contrastant magnifiquement avec le rouge de la terre argileuse et le vert des arbres qui ne souffrent pas de la chaleur. Les routes ne sont pas toutes en très bon état et le bus manque de s’embourber à plusieurs reprises. Dommage, on serait bien resté coincés 2-3 jours dans un de ces villages…

C’est Yersin, l’inventeur du sérum contre la peste, qui découvre la ville et la région de Dalat, en 1893. Ebloui par la beauté des lieux et par le climat frais des montagnes, il suggéra au gouvernement français de construire une ville résidentielle pour les colons, loin de la chaleur et de l’humidité des plaines. Des lacs artificiels sont creusés, des maisons chalets en bois et des églises sont construites, des arbres sont plantés et des espèces de fruits et légumes sont importées de France. Si bien que dans les années 1920-1930, Dalat est surnommée le « Petit Paris ». Cependant, même si certains y voient une ressemblance avec des villes thermales françaises, je trouve (heureusement) qu’on en est loin.

Aujourd’hui, les rizières de la ville et de ses environs ont été remplacées par des cultures maraichères, car le climat ne permet qu’une seule récolte de riz par an, ce qui n’est pas suffisant pour bien vivre. Dalat est également réputée pour ses cultures de fleurs.

Au centre de la ville se trouve un grand lac artificiel (Xuân Hu’o’ng), creusé en 1919, l’un des principaux atouts de Dalat. Mais en arrivant sur place, on a constaté que celui-ci était vide. En effet, depuis un an, des travaux d’assainissement du sol sont en cours, ce qui enlève beaucoup de charme à la ville.

Dalat possède également une vieille gare ferroviaire, datant de l’époque coloniale, construite entre 1932 et 1935. Il paraît qu’elle ressemblerait à celle de Deauville…La ligne a été fermée en 1970, et même si aujourd’hui elle est quasiment désaffectée, elle est en très bon état. Les visiteurs affluent pour voir les 2 vieilles locomotives et wagons, qu’on croirait tout droit sortis d’un vieux film noir et blanc. On imagine très bien les dames en robe longue, gants blancs et ombrelle, ainsi que les hommes, petite moustache, costume 3 pièces et montre à gousset. J’adore!!!

A l’origine, les occupants de Dalat étaient la tribu des M’Lat. Ceux-ci se sont déplacés à l’arrivée de Yersin, et vivent maintenant dans un petit village, à 12 km au nord de la ville. En suivant les conseils du Routard et du gérant de notre hôtel, nous nous sommes rendus en bus jusqu’à chez eux. Le village est niché au pied du mont Lang Biang, au milieu de cultures maraichères. Nous y avons croisé le chef du village, qui est francophone et qui adore rencontrer des touristes pour parler français avec eux et leur chanter des chansons. Lorsqu’il nous a vu passer devant sa maison, il s’est précipité pour revêtir sa tenue traditionnelle, puis il nous a accueilli dans la cabane collective, pour nous raconter l’histoire de son peuple. Jusqu’à peu, il s’agissait d’une organisation matriarcale, c’est donc la femme qui choisi et achète son mari. Il nous a annoncé très fièrement que sa femme l’avait acheté 5 buffles alors qu’habituellement, un homme coûte entre 1 et 3 buffles. Nous avons également eu droit à une bonne dizaine de chansons françaises et canadiennes, ainsi qu’à la dégustation de son alcool de riz, avant de faire le tour du village. Evidemment, les habitants ne portent plus la tenue traditionnelle au quotidien, mais nous avons été ravis d’apprendre que leurs traditions se perpétuaient de générations en générations et que le village était autonome; il y a même une laborantine, une infirmière et un médecin, tous originaires de la tribu Lat! Nous sommes enchantés d’avoir réussi à nous rendre jusque là-bas sans nous perdre, et d’avoir fait cette rencontre.

Très fier de son alcool de riz!

Pour terminer notre deuxième journée à Dalat, nous avons également visité le centre historique de la Broderie, qui propose une exposition de toiles, brodées avec du fil de soie. Nous avions déjà été bluffés en voyant celles du Centre des métiers traditionnels de Hoi An, et cette galerie en a remis une couche. Les détails et les dégradés de couleurs sont impressionnants, et les portraits sont particulièrement époustouflants!