Initiation à la vietnamienne attitude à Saigon

Notre descente vers le sud continue et nous voilà maintenant à Saigon, qu’on devrait plutôt appeler Ho Chi Minh-Ville, depuis 1975. Mais les habitants continuent d’utiliser ce premier nom, donc nous ferons de même.

Saigon est la capitale économique du pays, actuellement en plein essor. Anciennement petit port cambodgien, la ville tomba aux mains des français en 1859 qui comblèrent les marais, nivelèrent les hauteurs, percèrent des rues, plantèrent des milliers d’arbres…Un autre « Petit Paris » fut créé! Après la guerre d’Indochine, les français quittent le pays et les américains prennent la relève, avant de partir à leur tour, après la victoire des communistes en 1975. La ville fut alors coupée du reste du monde pendant une dizaine d’années, bloquant son expansion. Mais depuis 1991, Saigon rattrape le temps perdu.

Aujourd’hui, des buildings sortent régulièrement de terre, des quartiers entiers apparaissent, un métro est même en construction…Bref, Saigon est une ville pleine de vie et tournée vers l’avenir!

Nous retrouvons un petit peu l’ambiance de Hanoi, avec ces millions de scooters qui zigzaguent dans les rues et klaxonnent à tout va. Mais bizarrement, on ne ressent plus l’angoisse des premiers jours au Vietnam, à savoir comment va t-on réussir à traverser une rue en restant entier. Cela semble un peu plus ordonné que dans le vieux Hanoi, avec quelques feux de circulation. Mais peut-être est-ce tout simplement que nous nous sommes habitués progressivement à cette ruche humaine. Quoi qu’il en soit, on apprécie bien plus de se promener en ville. Nous retrouvons également l’anarchie dans les fils électriques, qui nous avait fait bien rire à Hanoi.

Cette virée à Saigon nous permet de voir Thomas, un vieux copain du lycée expatrié dans cette ville depuis 3 ans. On apprécie donc d’autant plus d’être ici, qu’on a un super guide qui nous emmène découvrir les bons plans, les ruelles cachées, les minuscules restaurants locaux dans lesquels on n’aurait même pas osé entrer, les spécialités culinaires vietnamiennes…Bref, on aime se faire trimballer, sans Routard à la main, à travers la ville qu’il connaît comme sa poche. Il nous initie également aux joies du scooter en ville. Même si le trafic ne nous effraie plus autant, nous ne préférons pas en louer un, mais nous acceptons de nous faire conduire par Thomas et ses amis, dans ce flux incessant.

Au cours des 2 premiers jours, nous voyons les vestiges de la présence française sur le territoire, avec l’hôtel de ville, l’opéra et la poste centrale qui ressemble à une gare ferroviaire. Nous passons également par le marché Ben Thanh, aux comptoirs chargés et aux allées encombrées, comme dans tous les marchés que nous avons vu jusqu’à maintenant dans ce pays. On y trouve de tout, des chaussures aux tissus pour le sur mesure, des épices et poissons séchés aux montagnes de fruits frais, des souvenirs bric à brac aux beaux cadeaux…J’adore ça!!

A gauche, l’hôtel de ville; à droite, la poste

Thomas nous fait également découvrir les différentes facettes de la vie nocturne de Saigon, avec ses fêtes privées d’expatriés français, dont la grande majorité  n’ont jamais pris la peine d’apprendre un mot de vietnamien, et avec les soirées de la jeunesse dorée vietnamienne, en boîtes de nuit. Ce qui nous a particulièrement marqué, ce sont les serveurs ou agents de sécurités qui se précipitent pour allumer ta cigarette dans la seconde même où tu la sors du paquet, ou pour ouvrir ta canette de coca avant même que tu n’aies eu le temps d’y penser. Autre point intéressant, de jolies vietnamiennes, habillées de façon sexy, sont « disponibles », en échange d’un bon pourboire, pour tenir compagnie à une table.

Le lendemain, on profite d’être avec Thomas pour tester une spécialité asiatique: les fameux karaokés!!! Avouons-le, pour nous occidentaux, le karaoké est quelque chose d’un peu ringard! Mais pour eux, cela est très répandu et ils le prennent très au sérieux. Même si ils vont pour s’y amuser, la performance est de rigueur. Ici, pas de grande salle commune avec estrade, on réserve un petit salon avec fauteuils en mousse, décoration un peu kitsch et lumières disco. Un personnel très présent s’assure que la session se déroule bien, en apportant les boissons et la nourriture dans les 10 secondes qui suivent notre coup de sonnette, ou en nous guidant jusqu’aux toilettes. Pour qu’on en profite pleinement, Thomas invite un groupe de copains vietnamiens. On ne pensait pas y rester aussi longtemps, mais on a vraiment passé un très bon moment et on a beaucoup rigolé. Et André est très fier de son 100% en duo avec Thomas, sur la chanson « We will rock you » 🙂

Thomas nous emmène également goûter des plats dans des restaurants, où les menus en anglais n’existent pas. On lui fait donc une confiance aveugle et en général, nous nous retrouvons avec des mets délicieux. Parfois, ce petit rigolo nous commande des plats spéciaux, comme les pattes de poulet! Aucune viande, mais de la peau et du cartilage à ronger…André a grignoté sa patte de bon coeur, moi j’ai juste goûté un « orteil ». André a également pu tester les oeufs fécondés de caille (donc avec embryon plus ou moins développé!), offerts par le restaurant en apéritif. Mais moi, je n’ai pas pu!