Saigon (2)

Nous continuons nos visites de Saigon avec le musée de la femme sud-vietnamienne. 2 étages sur 3 sont consacrés aux femmes ayant joué un rôle important au cours des 2 grosses guerres qui ont frappé le Vietnam, soit la guerre d’Indochine et la guerre du Vietnam. Le premier étage du musée concerne l’artisanat traditionnel, avec exposition de costumes et de robes de mariage.

Nous enchainons avec une petite boutique, qui propose une rapide visite guidée de l’atelier de fabrication d’objets en laque. La laque est une résine issue du latex du laquier, en général très toxique. En séchant, elle durcit et forme un film insoluble, imperméable et très résistante. Cette technique a été utilisée pour la première fois en Chine il y a plus de 3000 ans et s’est ensuite répandue dans toute l’Asie du sud-est. Elle donne un aspect très brillant et très lisse à l’objet laqué. A la base, la laque est transparente mais en ajoutant des pigments, on peut lui donner toutes les teintes que l’on souhaite. Les pigments les plus fréquemment utilisés restent cependant le noir et le rouge.

On apprend qu’il faut environ 20 étapes pour réaliser un objet laqué, depuis le choix et le découpage du bois, au polissage final à l’aide d’une poudre très fine de noix de coco brûlée. Entre celles-ci, il existe une succession de phases de laquage puis de phases de ponçage de l’objet. Après avoir été enduits une première fois de laque, certains des objets sont peints, souvent avec des peintures dorées; d’autres sont incrustés de nacre; d’autres encore, sont décorés par des coquilles d’oeufs de cane. Ces coquilles sont plus ou moins brûlées pour obtenir des dégradés de beige-brun puis elles sont concassées en petits morceaux avant d’être collées. Alors que l’art de la laque est répandu dans toute l’Asie, les objets laqués décorés par des coquilles d’oeufs sont, quant à eux, une spécialité du Vietnam. Ces objets vont de la petite boîte à bijoux aux imposants articles de mobilier. Quelle patience il doit falloir pour réaliser une immense armoire!

Au cours de ce séjour à Saigon, nous avons aussi pris un tour organisé à la journée, pour aller visiter la cathédrale-temple Cao-Dai, à Tay Ninh, une ville située à la frontière du Cambodge. En fait, ce n’est pas vraiment pour visiter celle-ci que nous y allons, même si elle est assez unique en son genre par ses décorations kitsch, où l’art du christianisme se mélange à l’art du bouddhisme, avec des dragons roses enroulés aux poteaux et des étoiles argentées au plafond.

En fait, nous y allons plutôt pour assister à la messe qui s’y déroule 4 fois par jour. A Tay Ninh, se trouve le siège de la religion Caodai, qui est un mix des différentes religions existantes au Vietnam, soit le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme venus de Chine, l’hindouisme venu d’Inde, et un peu le christianisme. La religion Caodai emprunte à chacune d’entre elles ses « bons côtés ».

Le cérémonial est toujours le même: les femmes entrent par la gauche, les hommes par la droite. En fonction de leur religion, les membres du clergé portent une tenue de couleur différente: rouge pour le christianisme, jaune pour le bouddhisme et l’hindouisme, bleu pour le taoïsme, et blanc pour les femmes (dont certaines ont tout de même des brassards de la couleur de leur religion) et les simples fidèles. Des musiciens et des choristes accompagnent la cérémonie.

Les touristes sont dans les balcons au dessus de la salle principale où se déroule la messe, et nous pouvons donc assister à l’intégralité de celle-ci sans déranger. C’est vraiment très impressionnant à voir, et même si des dizaines de touristes sont présents chaque jour, on se sent un peu privilégiés d’en faire partie.

Après le temple, on se met en route en direction de Cu Chi, ville connue pour ses tunnels utilisés par les Vietcong lors de la guerre du Vietnam. Le site Ben Dinh est bien entretenu, surement une preuve de la fierté des vietnamiens d’avoir gagné leur indépendance (et ils ont bien raison). La visite commence par une vidéo faisant un peu dans la propagande, où on explique que les méchants américains ont bombardé les villages, les champs et même les pauvres statues de bouddha. Comme dit la citation célèbre de « La guerre des tuques » : «la guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal!!! »

Par la suite, on nous présente les pièges qui étaient utilisés par les vietnamiens de l’époque, tous plus ingénieux et meurtriers les uns que les autres. La règle à suivre est simple, utiliser des restes comme les bombes non explosées, ou les produits de la nature tel le bambou. On voit ensuite les bunkers, première étape de la construction des tunnels, et utilisés pour les réunions, la vie de tout les jours, la cuisine, la fabrication d’armes ou la surveillance. Ils étaient tous reliés entre eux par un réseau de galeries. Ces tunnels étaient de différentes profondeur: le premier niveau se situait environ à deux mètres sous la terre, le niveau suivant de 4 à 6 mètres et un dernier qui pouvait atteindre 8 à 10 mètres de profondeur. Leur taille permettait juste le passage d’une personne, et même parfois, certains endroits étaient trop étroits pour laisser passer un soldat américain (plus grand et plus gros qu’un vietnamien), qui restait coincé. Toutes ces galeries ont été creusées à la main, avec comme seuls outils, des pelles et des paniers de bambou. Des pièges étaient disséminés un peu partout, et de plus, des chiens enragés étaient envoyés dans le réseau de tunnels, chasser le Vietcong. Nous avons la possibilité de « visiter »ces tunnels, mais je ne m’y aventure pas, les trouvant trop étroits à mon goût. André se rend au bout mais ne tombe pas sous le charme du lieu. Enfin, nous nous rendons au champ de tir, où l’on peut faire l’essai de fusils, tel le AK-47. Mais vu le prix, nous décidons de passer notre tour.

Enfin, pour nous aider à évacuer tout le stress que nous apporte ce voyage, Thomas nous emmène dans un de ses endroits fétiches, un salon de massage!!! 🙂 Nous sommes encore loin du massage thaïlandais où l’on se fait étirer dans tous les sens, mais rien à voir avec un massage occidental non plus, car ici, les masseuses grimpent sur la table et mettent toute leur force pour dénouer nos muscles. André a adoré!!!

Ensuite, pendant qu’André fait rafraichir sa coupe de cheveux, je m’offre le luxe d’une pédicure, car ici, les ongles décorés sont chose courante. Un fois que la fille ait bien pris soin de mes pieds fatigués par un mois et demi de marche intensive, je choisi un dessin et elle dégaine alors son attirail de peinture à ongles, pour dessiner fleurs et arabesques sur mes gros orteils!

Nous voilà donc tous les 2 parés pour un Noël sur les plages de l’île de Phu Quoc, dans le sud du Vietnam!!