Pour commencer, un peu d’Histoire!

Le Cambodge est un pays peuplé à 90% par l’ethnie Khmer. Comme les autres pays asiatiques, son histoire est très longue mais, comme elle est particulièrement tragique, nous voulions vous faire une petite introduction à celle-ci. En effet, pour comprendre le Cambodge d’aujourd’hui, il est nécessaire de savoir ce qui s’est passé ces dernières années.

Pour ne pas se perdre, commençons par le jour où il vit son premier roi. Ceci se passait dans les années 800, c’était le début de la prise de puissance de l’empire Khmer. En 1100, cet empire atteint son apogée, quand il occupe l’actuel Cambodge, en plus de la presque totalité de la Thaïlande et du Laos. Angkor est sa capitale.

C’est par la suite que les choses se sont gâtées, après une longue série d’assassinats de dirigeants et de mauvaises décisions, le Cambodge se fait contrôler par les Siams (Thaïlandais), puis par les Vietnamiens, pour plus tard faire partie de l’empire colonial de la France, l’Indochine. En 1953, le Cambodge obtient son indépendance, mais le pire était encore à venir.

Les bombardements américains sur le Cambodge, pendant la guerre du Vietnam, aident un groupe d’extrémistes dirigés par Pol Pot, à recruter des membres: c’est le début des Khmers rouges. Aidés par l’armée du Vietnam nord, ce groupe combat les forces armées cambodgiennes. Le Vietnam du sud et les américains perdent la guerre du Vietnam en mars 1975, tandis que les Khmers rouges prennent le contrôle total du Cambodge, en avril de la même année. Ceux-ci ordonnent l’évacuation de toutes les villes pour faire travailler les gens dans les champs, et ainsi, les 2,5 millions d’habitants de la capitale se retrouvent sans domicile, avec des conditions de vie auxquelles ils ne sont pas habitués. Le droit à la propriété est aboli, tout comme la monnaie, les hôpitaux et les écoles. Beaucoup de gens ne survivent pas aux déportations ou aux journées de plus de 12 heures de durs labeurs dans les champs. Pour finir, le régime autoritaire n’autorise plus le peuple à s’instruire, et les lettrés, polyglottes ou artistes sont exécutés dans d’énormes camps. On estime que le nombre de morts pendant cette période est situé entre 2 et 3 millions d’individus.

Le site de ces massacres (Killing fields) ainsi que l’ancienne prison (S 21) des Khmers rouges se visitent. Mais nous n’avons toutefois pas l’intention de nous y rendre, ce qui surprend, et même choque, certains cambodgiens à qui nous avons parlé. Nous ne voulons pas nier l’existence du génocide, nous connaissons l’histoire de ce pays, mais nous préférons seulement profiter des belles choses qu’il a à nous offrir.

C’est en 1978 que l’armée vietnamienne vient à la rescousse du peuple cambodgien, pour prendre le contrôle du pays, ou du moins l’enlever des mains des Khmers rouges qu’ils jugent maintenant comme dangereux. Ces derniers se lancent alors dans une longue guérilla et installent entre 4 à 6 millions de mines antipersonnelles sur le sol cambodgien. Leur but: mutiler les paysans travaillant dans les champs afin d’embarrasser l’armée vietnamienne. C’est loupé, c’est encore une fois le peuple qui trinque.

Enfin, en 1998, les khmers rouges sont neutralisés, les casques bleus viennent aider le pays pour organiser des élections et la stabilité revient enfin. Le développement du pays reprend et le tourisme s’accentue, nous permettant de venir faire escale ici pendant notre périple.

Cependant, toutes ces années ont fragilisé le pays, qui est aujourd’hui l’un des plus pauvres au monde. Depuis leur pose, les mines antipersonnelles ont fait, et continuent de faire des ravages. Elles ont déjà été la cause de 35 000 amputations, avec une moyenne de 10 accidents liés aux mines par jour. Les touristes sont évidemment autant à risque que les locaux, même si les mines sont essentiellement localisées dans les champs. C’est pourquoi nous sommes le plus prudent possible et évitons de marcher hors des sentiers. Pas de pipi dans les fossés!