Le Laos, pays aux milliers d’éléphants

Après les 4000 îles, nous faisons un arrêt à Champassak, un peu plus au nord le long du Mékong, dont la région du même nom détient « le site archéologique le plus important et intéressant du Laos » d’après le Routard, le Wat Phou. Il s’agit du « temple de la Montagne » en langue lao, berceau de la civilisation khmère, construit bien avant Angkor. Ce site a été occupé par une succession de temples, dès le Ve siècle, mais celui existant aujourd’hui, ainsi que touts les bâtiments encore visibles, ont été construits plus tard, par les Khmers (ethnie majoritaire de l’actuel Cambodge), lorsqu’ils occupèrent cette région du Laos entre le Xe et le XIIe siècle. Les bouddhistes se sont maintenant approprié le lieu. Ce temple surplombe une colline des monts Passak et aurait été érigé à cet endroit, car le point culminant de ces montagnes, le Phou Kao, aurait une forme de lingam, symbole phallique de Shiva et a donc été déclaré lieu sacré!

Cependant, nous décidons de ne pas aller visiter ce temple, car après avoir passé 3 jours à arpenter les merveilles d’Angkor, ce site nous semblerait fade, d’autant plus qu’il ne reste que des ruines. Nous préférons nous rendre à l’autre attraction de la région: le village de Ban Khiet Ngon. Il s’agit de l’un des rares villages du Laos à posséder encore des troupeaux d’éléphants domestiques. En effet, la Laos, autrefois surnommé le pays « aux milliers d’éléphants » n’en compte aujourd’hui plus que 2000 environs, dont 800 domestiqués. Ceux-ci leur servent encore dans les travaux agricoles, mais leur avenir est menacé et leur nombre ne cesse de diminuer. Le zoo de Beauval en a d’ailleurs fait un programme de conservation! Fifi, un commentaire? 🙂

Nous avons donc profité d’être dans ce village pour faire à nouveau une balade à dos d’éléphant.

Cette fois-ci, nous chevauchons Liam, un jeune mâle que nous avons d’abord pris pour une femelle. Nous sommes un peu mieux installés que la première fois, avec des coussins pour nos fesses sensibles. Le chemin que nous empruntons est également moins sauvage et il est très bien tracé, mais notre monture semble avoir plus de difficultés qu’au Cambodge. En effet, ça grimpe pas mal, il fait chaud, et ce n’est pas sa première balade de la matinée. Le cornac est donc obligé de le « motiver », parfois à grand coup de plomb sur les côtes ou de coup de manche à machette sur la tête! Pauvre Liam, il a tellement chaud qu’il agite fort ses « petites » oreilles pour thermoréguler.

Les éléphants d’Asie ont en effet des oreilles plus petites que leurs cousins d’Afrique, mais nous pouvons vous assurer qu’elles sont quand même imposantes, et que recevoir régulièrement des coups d’escalope géante sur les chevilles, ça fouette un peu. Bref, nous avons beaucoup rigolé, surtout quand André a reçu, en pleine figure, tous les postillons d’un éternuement!

A la fin de la balade, nous offrons à Liam une canne à sucre bien juteuse pour le récompenser de ses efforts. Je ne l’ai eu qu’une fraction de seconde dans la main car le jeune homme, bien que fatigué, a l’oeil vif et la trompe bien musclée! Heureusement, André, plus rapide qu’un éléphant donc, a eu le temps de prendre la photo!

Le but de cette promenade était le site de Phou Assa, réputé pour être l’un des plus curieux du Laos. Ce plateau volcanique à l’aspect presque lunaire, avec très peu de végétation, possède des vestiges énigmatiques. Ceux-ci sont composés d’une série de tours d’environ 2 m de haut, faites d’un empilement de pierres plates, et dont l’organisation en enceinte, rappelle un peu les fortifications d’un château fort. En tout cas, la vue sur la vallée est superbe.

Le village de Ban Khiet Ngon est situé dans la réserve nationale de Xe Pian, l’une des plus importantes de l’Asie du Sud-Est, qui détient encore des tigres et léopards sauvages. Pendant toute la durée de la balade, j’ai espéré en voir un surgir, mais André n’a pas voulu que je croise trop fort les doigts, craignant que Liam ne pique un sprint! Dommage 😉