Paksé et le plateau des Bolovens

Après notre passage dans les 4000 îles et à Champassak, nous nous attendions à atteindre notre première ville « civilisée » du Laos, en arrivant à Paksé. Bien qu’on y trouve des guichets automatiques pour retirer des sous, la ville est encore bien petite! La première journée, nous avons tenté de visiter le musée, ouvert normalement tous les jours, mais étrangement,  il était fermé ce dimanche, sans raison apparente… De toute façons, nous ne venions pas ici pour la ville en elle-même, mais comme base, pour trouver une façon de visiter le fameux plateau des Bolovens.

Ce plateau est considéré comme le grenier à riz du Laos. On y trouve un parc protégé contenant une grande variété d’animaux et d’orchidées et autres fleurs. Il se trouve entre 1000 et 1350m d’altitude, ce qui en fait une zone tempérée, idéale pour l’agriculture. Son nom vient du groupe ethnique « Laven », qui était, à l’origine, l’ethnie dominante. Il faut savoir qu’aujourd’hui encore, plusieurs groupes ethniques vivent sur le plateau, dans de petits villages. L’exploitation agraire du plateau a débuté avec la présence des français, qui ont apporté leurs connaissances et aujourd’hui, elle est très importante.

Nous voulions venir sur le plateau pour y voir de jolies chutes, des villages ethniques et éventuellement, faire une nouvelle balade d’ éléphant. Nous avons été entièrement satisfaits des deux jours que nous y avons passés, même si le prix du tour organisé était élevé. Mais après tout, nous étions juste nous 2 avec un guide aux petits oignons pour nous, donc nous ne regrettons pas notre choix.

Le lundi matin, nous sommes devant les bureaux de l’agence Green Discovery, à 7h30, pour rejoindre notre guide et notre conducteur. Il faut savoir qu’ici, peu de gens savent conduire et notre guide nous demandera d’ailleurs à deux reprises, si nous, nous savons et il sera surpris, les deux fois, de notre réponse. Nous ferons les 200km du tour, assis dans « une boîte de pick-up » (à l’arrière d’un camion), car afin d’économiser un peu, nous n’avons pas pris l’option « minivan ». De plus, c’est bien plus sympa comme ça, nous sommes à l’air libre et nous profitons pleinement de la vue!
Le guide tente de nous expliquer, tant bien que mal, le planning de la visite, mais nous partons en nous disant que nous verrons le moment venu. Notre premier arrêt nous permet de visiter une plantation de thé, une première pour tous les deux! Nous sommes heureux de voir le petit arbre qui donne ces feuilles dont Émeline raffole 🙂 Comme toujours, nous nous sentons obligés d’acheter quelque chose: ce sera du thé vert fumé, avec la jolie photo du producteur sur le sachet! Pendant ces deux jours, nous verrons également depuis la route, beaucoup de plantations de café, de patates douces, de cannes à sucre, de bananes, de tamarins et d’hévéas.

Des tamarins

La plateau contient plusieurs rivières, et vu le relief, cela donne une multitude de chutes. Parmi celles-ci, nous en avons « visité » quatre. Nous avons la chance de voir tomber la chute de « Tad Fan », avec deux long filets d’eau d’environ 120m, ce qui fait de cette chute d’eau, la plus haute du Laos. Elle doit vraiment être impressionnante en saison humide, mais il paraît qu’en général, on ne l’aperçoit pas à cause de la vapeur d’eau générée. Nous voyons également les chutes de «Yuang », nommées ainsi d’après une vache noire qu’on trouvait en abondance dans le coin, avant que celle-ci ne soit chassée. La troisième chute, est celle de « Tad Lo », près de laquelle nous passerons la nuit. Elle n’est pas très impressionnante, mais les 30 minutes que nous avons pris pour nager dans son bassin, nous ont bien rafraîchis. La dernière chute que nous avons vue se nomme « Pha Suam »: elle n’est pas très grande, mais on dirait une version miniature des chutes du Niagara, avec sa forme de fer à cheval.

A gauche, Tad Lo; à droite Tad Fan

Pendant nos visites, c’est avec plaisir que nous découvrons de nouvelles ethnies. Celle que nous attendions avec impatience se nomme « Katou ». Nous avions vu dans un reportage peu avant notre départ en voyage, que ces gens avaient 2 particularités: ils font leurs cercueils de leur vivant qu’ils conservent sous leur maison, et tous les habitants fument du tabac, quelque soit leur âge. Nous visitons donc ce village qui nous intrigue, avec un guide local qui parle un excellant anglais, en plus de placer quelques phrases de français. Nous y apprenons que les hommes ont entre deux et quatre femmes, que les gens s’entassent jusqu’à 60 personnes dans une cabane d’environ 50m2 et que tout ce beau monde fume le tabac avec des pipes à eau, faites de bambou. Et quand on dit tout le monde, c’est absolument tout le monde, ayant plus de 4 ans…Comme il ne faut pas exagérer, ils respectent quand même les poumons des nouveaux-nés, ouf! C’est vraiment troublant de les voir ainsi dépendants: notre guide nous fait entrer dans une maison pour en voir l’intérieur et durant les quelques minutes où Emeline prend ses photos, il n’a pas pu s’empêcher de demander quelques bouffées à l’hôte. André a demandé, ils ne fumeraient que du tabac…Concernant les cercueils, notre guide nous en montre quelques uns dans une petite cabane à l’entrée du village, mais ce seront les seuls que nous verrons. Il faut croire que cette tradition s’est évanouie peu à peu et que ceux encore exposés sont davantage pour les touristes que pour eux.  En quittant le village, nous faisons un passage à l’école, où nous remettons des cahiers, des crayons et des ballons au professeur, pour aider les défavorisés.

Chez les Katous

Parmi ces villages, nous visiterons également le village « Tanglee », qui veut dire bambou, avec un autre guide local, casque de découvreur sur le crâne et machette à la main. Cette visite nous permet de vivre une expérience hors de l’ordinaire. En effet, dans ce village, nous rencontrons la minorité Nge. Notre guide nous recommande de ne rien donner à personne et de bien lui demander avant de faire quoique ce soit qui pourrait choquer. Emeline doit d’ailleurs cacher son décolleté plongeant! Nous sommes un peu nerveux quand il nous explique que dans le village, se tient une sorte de cérémonie et que nous pouvons y assister. En arrivant, on rencontre un groupe de personne assis à côté d’une maison, dans laquelle une jeune femme se cache. Notre guide nous explique qu’il s’agit des parents de la jeune fille, de son prétendant, et des parents de celui-ci, qui sont en train de discuter du prix (en buffles!!!) que devra donner la famille du garçon pour qu’il puisse épouser la jeune fille. On nous invite par la suite à entrer dans une autre maison, où les gens sont en train de célébrer l’accord du mariage, en mangeant. On nous offre de l’alcool de riz (assez fort en alcool!!) que nous ne pouvons refuser, puis on nous offre de goûter au repas. Il faut savoir que le repas en question est composé de riz gluant (une spécialité du Laos, qui se mange roulé en boule avec les doigts), et de viande de buffle, tué le matin même, crue ou bouillie. Bien sûr, nous évitons la viande crue, mais nous tentons tout de même une petite boulette de riz avec un peu de viande cuite. Tout le monde semble bien heureux de nous voir manger leur nourriture, et ils rient bien fort quand nous disons que nous trouvons la viande drôlement épicée!! En effet, au Laos, tout se mange très épicé et nous avons parfois de mauvaises surprises en goûtant le plat que nous avons commandé.

A gauche, une jeune maman Nge de 16 ans; à droite la salle du repas post-accord.

Le tour inclut également une balade à dos d’éléphant, auquel le Routard donne la note parfaite, note que nous appuyons entièrement!! Sur notre chemin vers le lieu de rencontre, nous trouvons plein de bananes éparpillées ici et là, que nous ramassons, tout contents, en nous disant que nous les donnerons à notre pachyderme à l’arrivée. Nous pensons maintenant que les bananes étaient placées sur le sentier pour aider les éléphants à avancer plus rapidement…Nous ne saurons jamais la version officielle, mais notre monture a avancé comme une chef! La balade durera deux heures, sur une jeune demoiselle de 42 ans, pesant 4 tonnes. Nous avons fait un passage dans le village de minorité Nge, visité plus tôt dans la matinée, avec une vue évidemment différente. En effet, c’est spécial d’être à plus de deux mètres dans les airs et de marcher au ralenti! De plus, nous avons traversé deux rivières, dont une où nous étions seuls sur l’animal, avec le guide qui marchait devant pour nous photographier. L’éléphant est extrêmement bien dressé, les gens nous saluent dans le petit village et nous finissons avec de superbes photos. Désolé Elfie d’en remettre une couche, mais ce n’était que du bonheur!!! Nous serons donc heureux des trois balades en éléphant, chacune nous aura montré des aspects différents de ces impressionnantes créatures.

Nous rentrons à Paksé le mardi soir bien satisfaits. Le mercredi sera tranquille, nous réussissons à visiter le musée (en 15 minutes, un record!) et nous faisons quelques courses. Le soir, nous devons nous diriger vers le restaurant de trottoir où nous avons acheté nos billets d’autobus pour Vientiane, et encore une surprise nous y attend, le restaurant a disparu. Toutes les tables, la cuisine, les employés, sont partis. Heureusement, il reste la petite dame qui nous a vendu les billets, qui nous attend avec un grand sourire. Nous ne saurons jamais exactement ce qui est arrivé au petit resto, qui était pourtant rempli à tous les moments où nous passions….Etrange Laos!