Un petit tour et puis s’en vont…

Après Paksé et le plateau des Bolovens, nous partons rejoindre la capitale du Laos. Finalement, le trajet en bus de nuit s’est bien passé, mais chose étrange cette fois-ci, les couchettes sont par 2. Il est donc sympathique de voyager en couple, mais nous plaignons les personnes voyageant seules et devant donc partager son « lit » avec un inconnu.

En arrivant à Vientiane, on ne s’attendait pas vraiment à tomber sur une immense ville mais là, il faut l’avouer, nous avons été surpris: Vientiane n’a rien d’une capitale comme on se l’imagine. Ici, pas de grandes avenues, ni même d’ébauches de buildings, cette ville ressemble à n’importe quelle autre ville du Laos, sauf qu’elle n’a aucun charme.

Le nom lao de Vientiane vient de Viang Chan, qui signifie « ville (ou forteresse) de la lune », à cause de la forme en croissant de lune que prend le Mékong à cet endroit. A la place du vigoureux Mékong que nous suivons depuis le sud du Vietnam, nous ne verrons ici qu’un mince filet d’eau et de grandes berges de sable, qui n’attendent que la saison des pluies pour disparaître à nouveau. C’est donc un petit peu triste de voir le bras de ce fleuve un peu sec, le bras principal étant caché par une île. De l’autre côté du Mékong se trouve la Thaïlande.

Cette ville devint capitale en 1563, après Luang Prabang, et après avoir été fortifiée par le roi de l’époque. Elle prospéra, jusqu’à être en grande partie détruite par les thaïlandais en 1827 (qui emportèrent d’ailleurs le fameux bouddha d’émeraude). A la fin du XIXe siècle, les français marquèrent le renouveau pour cette ville, avec notamment la construction de quelques jolies maisons coloniales. Cependant, après la révolution de 1975, le nouveau gouvernement souhaita limiter l’exode rurale et n’entreprit donc rien pour rénover ou aménager la ville, espérant ainsi décourager les paysans. Mais cela ne les empêcha pas de venir, et ils s’installèrent aux abords de la ville, dans des maisons en bois sur pilotis, aménageant ainsi des quartiers de fortune.

Autant le dire tout de suite, nous n’avons pas été emballés par cette ville, qui contient beaucoup de temples. De plus, il faut l’avouer, nous commençons enfin à être rassasiés de tous ces temples, et comme nous n’adhérons pas beaucoup à l’architecture des lieux de culte laotiens, nous n’en visiterons qu’un seul, en attendant que notre chambre dans la guesthouse se libère. Le Wat Sisaket (qui signifie « cheveu sur la tête » !) a été construit au centre de la ville en 1818, dans le style siamois, ce qui lui permis d’être épargné lorsque les Siams (thaïlandais) ravagèrent la ville. Ce temple renferme plusieurs milliers de statuettes de bouddhas, de différentes tailles et drapées d’un tissu jaune-orange, dont de minuscules, logées par couples dans des niches, tout le long de la galerie entourant le bâtiment principal. Les plus anciennes statuettes datent du XVe siècle.

Après ce temple, nous nous rendons à l’arc de triomphe laotien, le Patuxai, commémorant les morts des différentes guerres. Pour la petite histoire, le béton, donné par les américains, devait servir à la construction d’un aéroport. Nous trouvons que le panneau explicatif de ce monument, rédigé par la commune, est un peu brutal, qualifiant ce dernier de gros bloc inesthétique. Pour notre part, nous ne le trouvons pas si hideux que ça, avec de jolies peintures et sculptures, mettant en scène la mythologie laotienne.

Nous avions également prévu de profiter d’être dans la capitale pour assister à un spectacle de danse et musique traditionnelles laotiennes. Cependant, sans que nous ne sachions pourquoi, nous avons trouvé porte close ce jour, en plein milieu de semaine. C’est ça le Laos!!

Nous avons quand même trouvé du bon dans Vientiane! Vestiges de la présence française, cette capitale nous propose de merveilleuses viennoiseries et du pain, dignes de nos plus grandes boulangeries! Enfin peut-être pas, mais il faut dire que parfois, nous avons besoin (ou juste simplement envie) de retrouver des saveurs de chez nous, donc nous nous contentons de ce que nous trouvons, et une bonne baguette, ça ne se refuse pas! Ainsi, juste ce petit déjeuner justifie à lui seul, notre escale de 24h à Vientiane!

Allez hop, pour le cliché!