De Luang Prabang, nous prenons un minivan en direction de Luang Nam Tha, dans le nord du Laos. Seulement 280 km séparent ces 2 villes, mais la route est en tellement mauvais état et sinueuse, que cela nous prendra 7h à l’aller et 9h au retour (le 2ème conducteur étant donc plus prudent!). Autant dire que nous espérions fortement ne pas avoir fait la route pour rien et trouver un tour organisé intéressant.
L’attrait de cette petite ville réside dans son parc naturel Nam Tha et dans ses nombreux villages d’ethnies minoritaires répartis un peu partout autour, notamment des Akhas, Hmongs, Lantens…
Le nord du pays est également réputé pour son trafic d’opium et le Routard nous prévient de nombreuses sollicitations par des locaux. Cependant, nous ne constatons rien de tel et nous n’apercevrons aucun champs de pavot. Nous en concluons donc que nous sommes encore trop au sud de cette région à risque, ce qui n’est pas plus mal.
Nous partons donc visiter cette région, accompagnés de 7 autres personnes et de 4 guides, pour un trek de 2 jours dans la réserve naturelle de Nam Tha, avec nuit dans un petit village de Black Thaï, une autre minorité. Evidemment, nous aurions préféré n’être que nous 2 avec un guide, mais plus nous sommes nombreux dans le groupe, plus le tarif est intéressant, donc pour cette fois, nous ne faisons pas de chichis.
L’intérêt de ces 2 jours n’est pas la balade en elle-même, souvent dans la jungle donc avec une visibilité limitée sur le paysage environnant. Ce que nous attendions avec impatience était la nuit en « homestay », dans le village de Black Thaï. Nous avions tellement été déçus de ne pas avoir pu faire ce genre de trek depuis Ninh Binh, n’ayant pas encore commencé notre traitement anti-paludisme, que nous attendions beaucoup de cette expérience. Et cela a été à la hauteur de notre espérance.
Une jeune Black Thaï portant la coiffure traditionnelle
Nous sommes arrivés vers 14:30 dans ce minuscule village, encore très peu visité par les touristes. En premier lieu, nous nous sommes sentis de trop, tels des invités arrivés trop tôt, comme l’a très justement fait remarqué quelqu’un du groupe. Mais petit à petit, la curiosité a pris le dessus et les villageois se sont approchés. Au matin de notre départ, un petit attroupement s’est même créé pour nous regarder nous mettre de la crème solaire et dézipper le bas de mon pantalon a été un véritable succès chez ces dames, qui ont finalement bien plus parler de nous entre elles, que nous avons pu parler d’elles entre nous! Il est difficile de retranscrire ce que nous avons ressentis durant cette après-midi et soirée mais nous avons l’impression d’avoir découvert un bout du monde. Ce village au sommet d’une petite montagne, offre un panorama magnifique sur les forêts et les montagnes des alentours. Il regroupe une quinzaine de petites maisons en bambou et évidemment, nous étions prévenu qu’il n’y avait ni l’eau courante, ni l’électricité, ni même de toilettes.
Durant tout le temps passé là-bas, nous ne croiserons quasiment aucun homme (nous n’avons pas trop compris où ils étaient), mais quelques femmes, beaucoup d’enfants, et surtout, énormément de poules, cochons et porcelets noirs, ainsi que des chiens et chiots, ressemblant à des dingos. Ce qui nous a frappé, c’est le manque d’affection de ceux-ci, considérés comme des animaux de la ferme au même titre qu’un cochon, ne connaissent pas les caresses et ne semblent même pas intéressés par les nôtres.
Une des particularités de cette tribu (que nous avions déjà rencontrée chez d’autres ethnies) est le fait que les jeunes filles célibataires construisent de petites maisons sur pilotis, dans lesquelles elles peuvent passer la nuit avec un homme, qu’elles choisiront ou non comme mari au petit matin.
Par contre, avouons-le, autant l’expérience a été superbe, autant la nuit a été horrible!! Nous savions que nous aurions froid mais à l’agence, on nous avait assuré que de bons vêtement suffiraient et que notre sac de couchage ne serait pas nécessaire. Eh bien, c’était faux, les maigres couvertures poussiéreuses n’ont pas réussi à nous réchauffer, et malgré l’empilement de nos vêtements, nous avons tous passé une nuit presque blanche, au milieu des courants d’air, à cause des murs non hermétiques. Mais au petit matin, après avoir regardé le lever du soleil et les sommets des montagnes dépassant de la brume, nous étions un peu tristes de quitter nos hôtes.
A gauche, notre toit pour la nuit; à droite, un poulailler devant la brume matinale
Ce qui a également ajouté du charme à ce trek est l’organisation des guides. A chaque repas, ils nous ont concocté des petits plats typiques (qu’ils ont mis un temps fou à cuisiner!), qu’ils dressaient sur des tables de compétition, avec les moyens du bord. Nous avons donc mangé sur des feuilles de bananiers, avec des baguettes faites en bambou, au couteau, juste avant le repas, ou directement avec nos doigts, à la bonne franquette, comme de vrais locaux!!
Et pour terminer en beauté ces 2 jours, nous traversons de magnifiques rizières vertes cette fois, et disposées sur quelques étages. Rien à voir avec les cartes postales de Sapa, mais on adore tout de même!!








