L’activité géothermique de l’île du nord

Après les Waitakere Ranges, nous mettons le cap vers l’est et la péninsule de Coromandel, et plus précisément dans le coin de Hahei, pour y voir l’un des premiers phénomènes liés à l’activité géothermique de la Nouvelle-Zélande.

En effet, la Nouvelle-Zélande est située à la jonction de 2 plaques tectoniques. À cet endroit existe un phénomène de subduction, la plaque pacifique passe sous la plaque australienne. Le volcanisme de l’archipel est le résultat de ce phénomène, en particulier dans l’île du Nord et dans la zone volcanique Taupo, que nous visiterons par la suite.

Sur la plage de Hahei, se trouve une source d’eau chaude. A chaque marée basse, cette sortie d’eau de source étant à découvert, des dizaines de personnes prennent possession de ce petit bout de plage, pour y creuser des trous et obtenir ainsi une piscine d’eau chaude, dans laquelle ils se prélassent. Alors que la plage est quasiment déserte, l’eau étant encore une fois trop fraiche pour être appréciable, 2 zones sont noires de monde, à la façon de la Côte d’Azur. Nous décidons nous aussi de profiter de phénomène et nous tentons de nous attribuer un trou abandonné. Malheureusement, ces trous sont vides pour une bonne raison, bien qu’à proximité d’autres trous occupés, ceux-ci sont remplis d’eau froide. Il nous faudra un moment pour trouver un emplacement stratégique pour bénéficier d’une eau chaude mais non brûlante, car en effet, au niveau de la sortie de la source, l’eau atteint les 65°C! Comme nous nous refusions de payer 5$ pour la location d’une pelle, André nous a creusé un trou l’aide de ses blanches mains, avec entrée d’eau chaude et sortie d’eau rafraichie, rien de moins!! Finalement, nous n’avons pas passé plus de 10 minutes les fesses dans l’eau et nous offrons notre trou à une blonde (celle dont on voit les fesses), qui creusait sans succès un trou à côté du nôtre.

A quelques kilomètres de là se trouve un autre attrait, la Cathédrale Cove de Te Whanganui-A-Hei, une arche rocheuse liée à l’érosion, avant de nous trouver une plage peu fréquentée pour profiter de la douche publique. En effet, bien que superbement équipé, notre van n’a pas de salle de bain et se laver relève d’idées ingénieuses! Nous avons d’ailleurs acheté une douchette solaire qui, grâce à sa face noire, permet de chauffer de l’eau puis de se laver avec avec son embout pomme de douche. Quelle merveilleuse invention!! 😉 Il nous a cependant fallu plusieurs échanges pour en trouver une qui ne fuyait pas, la 4ème fut la bonne!

Nous progressons ensuite vers le sud, et nous arrivons dans la ville de Rotorua, ville qui sent le soufre à plein nez car l’activité géothermique est ici à plein régime. Nous visitons en premier lieu, le site Te Puia, qui présente de nombreux geysers, dont un assez impressionnant, nommé Pohutu, qui gicle à environ 30 mètres dans les airs, 1 à 2 fois par heure. Nous avons vu celui-ci de jour, puis de nuit, et les 2 fois nous avons été ébahis de la puissance et de la hauteur du jet d’eau. Nous ne savons plus quelle est la température de l’eau qui sort mais celle de son réservoir a déjà été mesurée à 600°C!

A Te Puia se trouvent également plusieurs mares de boue et même si la majorité d’entre elles sont asséchées, à quelques endroits se trouvent quand même des bulles de boue qui éclatent régulièrement.

C’est sur ce site que nous assistons à notre 2ème spectacle de chants et danses maoris et même si nous avons préféré celui du Musée d’Auckland, nous apprécions le fait qu’ils initient le public féminin à l’art de manier le « Poi », une boule de tissu que les danseuses utilisent, un peu comme les majorettes utilisent leur bâton. Les hommes, quant à eux, apprennent le fameux Haka et André ne se fait pas prier pour aller sur scène et s’initier à taper du pied et à tirer la langue. Il est maintenant presque devenu guerrier! Après le spectacle, nous mangeons un repas cuit dans une source d’eau bouillante, à la façon maorie, et nous nous en mettons plein le ventre!

Le lendemain, nous visitons un autre site dans la même région, à Wai-o-tapu (ou « Eaux Sacrées »), qui est le site volcanique le plus coloré et diversifié de nouvelle-Zélande. Cette zone de 18 km2, déclarée réserve naturelle, est la plus grande zone d’activité thermale de la région volcanique de Taupo. Et en effet, même si nous ne voyons qu’une petite partie de cette zone, nous sommes impressionnés, par tant de cratères, grottes, piscines, fumerolles, mares de boue et par tant de couleurs, notamment par ce qu’ils nomment « la palette de l’artiste », une vaste étendue parsemée de tâches (de sorties d’eau) dont les couleurs varient en fonction de la température de l’eau et en fonction des niveaux d’eau, et de la direction du vent. Ces teintes sont jaune (soufre), orange (antimoine), blanc (silice), vert (arsenic), rouge-brun ( oxyde de fer), noir (soufre et carbone) et violet (manganèse). Nous nous promenons ainsi pendant 3 heures, passant d’une grotte de soufre au « bain du diable » (un grand cratère aux contours déchiquetés contenant une eau plus ou moins verte selon la quantité d’arsenic), en passant par les « encriers du diable » (petites mares d’eau très noire bouillonnante). C’est superbe, malgré la chaleur du soleil et de l’humidité ambiante due aux vapeurs d’eau.

 

 

Sur ce site se trouve également un geyser, le Lady Knox, qui est déclenché une fois par jour grâce à quelques miettes de savon. Celui-ci a en effet été découvert par des prisonniers au cours du Xxè siècle, qui le déclenchèrent un jour par accident en faisant leur lessive dans une source thermale.

Le geyser a 2 chambres d’eau: la plus haute est remplie d’eau froide car ayant une large ouverture sur le dessus, et la plus basse, d’eau chaude. Le savon déclenche une réaction chimique, permettant le mélange de ces 2 chambres d’eau, faisant jaillir le geyser. Il est un peu moins impressionnant que celui de Te Puia (il ne gicle « qu’à » 20 mètres), mais il est quand même très joli!

Nous passons ensuite rapidement dans le coin de Taupo où nous nous rendons aux chutes d’eau . Huka, dont l’eau est d’un beau bleu turquoise dû à la multitude de bulles d’air emprisonnées lors de la chute. 200 000 L d’eau tombent chaque seconde de 9 mètres de haut, ce qui est l’équivalent de 5 piscines olympiques chaque minute!

Nous ne nous y attardons pas et nous visons ensuite le parc national volcanique Tongariro.