Après notre randonnée au Mont Egmont, c’est tout courbaturés (et les genoux douloureux pour ma part), que nous arrivons à Wellington, située à l’extrémité sud de l’île du nord. Il s’agit de la capitale de la Nouvelle-Zélande depuis 1865 (en relai d’Auckland), mais la ville reste à taille humaine. Elle ne peut en effet plus se développer à cause de sa situation géographique, coincée entre la mer et les monts environnants. Pour les amateurs de chiffres, il faut savoir que Wellington est la capitale la plus australe du monde, avec une latitude de 41°S. Elle est également la capitale la plus isolée du monde, c’est à dire la plus éloignée d’une autre capitale. Fait important, la région a une activité sismique très importante et Wellington est elle-même située sur une faille majeure qui traverse le centre-ville et des centaines de failles mineures autour. Il s’agit donc d’une capitale pas comme les autres!
Il fallait donc bien que nous y passions au moins une journée, d’autant plus que c’est de ce port que partent les ferrys pour l’île du sud!
Nous commençons notre visite de la ville par le mont Victoria, qui offre une très belle vue sur Wellington et ses environs, avant de nous diriger au centre-ville. Ce qui nous marque, c’est le parlement et plus précisément son aile exécutive, la « Beehive ». Ce bâtiment est surnommé comme ça en raison de sa ressemblance avec une ruche d’abeilles et il est devenu l’un des symboles de la ville. Il est surmonté du drapeau néo-zélandais, et nous sommes émus de voir celui-ci en berne, suite à la catastrophe arrivée à Christchurch. C’est en effet quelques jours avant notre arrivée dans la capitale qu’a eu lieu le séisme et évidemment, tout le pays est en deuil.
A gauche, la Beehive; à droite, la vue sur Wellington depuis le Mont Victoria.
Comme nous voulons minimiser au maximum le nombre de camping, nous choisissons de mettre le cap sur une plage indiquée sur notre carte routière, en espérant qu’il ne sera pas interdit d’y passer la nuit. Nous achetons de quoi nous faire un bon steak au BBQ, avant d’arriver sur une jolie plage de galets, délimitée par de grandes falaises, au bout d’un village très breton. L’endroit est parfait, nous n’avions juste pas pensé que l’endroit pouvait être venteux! Et malheureusement, ce fut le cas, et allumer un BBQ dans ces conditions aurait été bien difficile, si une petite dame n’était pas venue à notre rencontre. On a d’abord cru qu’elle allait nous chasser de là mais bien au contraire, elle nous indique le meilleur coin de la plage, nous prête un BBQ tout prêt à l’emploi donc plus facile à allumer, et nous laisse une des toilettes publiques ouvertes pour la nuit. Une vraie crème cette madame maorie! Bien qu’abrité par notre van, André a quand même mis plus d’une heure pour obtenir de belles braises et de bons steaks, qui ont malheureusement refroidis en un rien de temps!
Notre plage, au petit matin
Le lendemain, nous visitons le zoo de Wellington, qui, on peut l’avouer, n’est pas très fourni: il ne rivalise en rien avec Beauval! Nous y passons quand même plusieurs heures, surtout attirés par la « maison des kiwis »! En effet, tout le monde le sait, la Nouvelle-Zélande possède, entre autres, un oiseau endémique, aussi étrange que difficile à voir: le kiwi. Cet oiseau, au plumage ressemblant à de la fourrure, au bec très fin et très long, avec des narines situées à son extrémité, quasiment aveugle (mais avec un excellent odorat) et incapable de voler à cause d’ailes atrophiées, est nocturne. Il appartient à l’ordre des Apterygiformes (Apteryx = sans ailes, en grec), qui regroupe les oiseaux terrestres incapables de voler. Il en existe plusieurs espèces, mais toutes sont en voie d’extinction, à cause de la déforestation et de leurs nombreux prédateurs, dont font d’ailleurs partie les chiens et les chats. Bref, un oiseau qui n’existerait déjà plus si il n’y avait pas tous ces programmes de conservation. Lorsqu’on connaît les caractéristiques de cet oiseau, il est difficile de comprendre pourquoi les néo-zélandais sont surnommés « kiwis »!
Nous avons donc passé de longues minutes à observer cet oiseau dans une pièce noire, éclairée par quelques lumières rouges, histoire de recréer la nuit pour que l’on ait une chance d’en apercevoir. Il est vraiment marrant de les voir fouiller la terre avec leur bec et se trémousser les fesses et les pattes.
Cette photo est malheureusement ma seule potable…
Nous pensions avoir le temps de visiter le musée Te Papa après le zoo, un grand musée gratuit, un peu équivalent au Musée d’Auckland, mais la journée est déjà bien avancée et nous prenons le ferry pour nous rendre sur l’île du sud le soir même. La veille, lors de notre tour au centre-ville, nous avons repéré des douches publiques gratuites et nous décidons d’en profiter avant notre traversée. Quelle brillante idée que ces douches, et c’est malheureusement la seule ville, traversée jusqu’à maintenant, qui en ait!
Après un bon repas dans un pub irlandais à regarder un match de cricket, nous embarquons à 21h sur le traversier, qui mettra 3h30 pour rejoindre Picton sur l’île du sud. Même sur ce gros bateau, la houle est impressionnante et malgré le froid de la nuit, je passe une partie du trajet à l’extérieur à l’air frais. André lui, commence déjà sa nuit. Nous n’avons plus l’habitude de veiller si tard! En effet, dans un van, après la tombée de la nuit, il n’y a plus grand chose qu’on peut faire, si ce n’est se coucher!



Merci pour la précision grecque!