Rencontre avec Moby Dick

Bien que nous arrivions de nuit sur l’île du sud, nous constatons très rapidement une grosse différence avec celle du nord: ce ne sont plus des opossums que nous croisons écrasés sur la route, mais des hérissons, dans cette région du pays! Chacun sa faune! Nous en éviterons d’ailleurs plusieurs, ainsi que des lapins un peu plus au sud, grâce à la conduite avisée d’André et à mes yeux de lynx: làààà, une bête!!!!

Après avoir passé la nuit dans l’un des rares campings gratuits du pays, quelque part au bord d’une plage, dans la baie Robin Hood, nous mettons le cap vers le sud, en direction de Kaikoura, sur la côte ouest. L’île du sud est réputée pour être plus sauvage que celle du nord, et en effet, au cours de cette première journée, nous pouvons déjà dire que sa faune est plus riche.

La route qui longe la côte nous permet d’observer une colonie de phoques à fourrure. C’est dans cette petite crique qu’ils viennent se reproduire et mettre bas, donc nous ne pouvons pas les approcher de très près, mais il paraît que lorsque les vagues sont trop importantes, ces phoques se réfugient sur le bitume! Nous passons de longues minutes à regarder les individus adultes se prélassant au soleil sur les rochers, tandis que les bébés batifolent dans des flaques d’eau, parfois surpris lorsqu’une grosse vague les aspergent. De vrais gamins humains!

Nous arrivons à Kaikoura en début d’après-midi, où nous passons quelque temps à l’office du tourisme pour nous renseigner sur ce qu’il y a à voir dans les environs. Les activités de la ville sont principalement basées sur l’observation en mer de baleines, dauphins, phoques, albatross…Evidemment, rien de tout ça n’est donné et nous hésitons beaucoup sur l’excursion à privilégier. Nous excluons rapidement celle nous permettant de nager avec des dauphins, gardant cela pour l’Australie, certainement moins chère, mais voir les dauphins Dusky ou les cachalots, le choix est cornélien. En attendant de nous décider, nous allons voir une autre colonie de phoques, et cette fois, ceux-ci sont à quelques mètres de nous. Il est bien sûr fortement recommandé de ne pas s’en approcher à moins de 10m, mais nous guettons avidement le moment où un touriste incapable de suivre une consigne, se fera charger par l’un des animaux. Dommage, nous ne restons pas assez longtemps pour assister à ce spectacle, car notre décision est prise, nous allons voir les baleines, espérant fortement croiser quelques dauphins sur notre route!

Cormoran Pied et phoque à fourrure

Nous nous rendons donc dans les bureaux de la compagnie que nous avons choisie, pensant prendre des billets pour le lendemain, mais le monsieur au guichet nous annonce qu’un tour se prépare à partir et que nous pouvons nous joindre à eux immédiatement. Pas le temps donc de prendre de médicaments, je croise fort les doigts pour que la mer ne soit pas trop déchainée mais visiblement, j’aurais également dû croiser les orteils! Le bateau (pas si petit que ça pourtant) tangue énormément et le copilote passe un bon ¼ d’heure à nous expliquer comment vomir proprement. Bref, évidemment, j’ai été malade les 3 heures qu’a duré l’excursion en mer, pestant contre le Pacifique.

A part cela, nous avons vu 4 baleines, plus précisément, 4 grands cachalots (=sperm whales). A la différence des autres baleines, ceux-ci n’ont pas la tête plate mais bien arrondie (comme Moby Dick ou les baleines dessinées sur les rideaux de douche), et ils sont considérés comme le plus grand des cétacés à dents. A l’âge adulte, les mâles peuvent atteindre 20m de long, ce qui en fait le plus grand carnivore au monde, et ils peuvent peser jusqu’à 57 tonnes. Nous apprenons qu’elles peuvent emmagasiner énormément (on a oublié les chiffres…) d’oxygène dans leurs muscles (la myoglobine étant 10 fois plus abondante que chez l’homme), ce qui leur permet de tenir plus de 90 minutes sous l’eau et de descendre jusqu’à 3000m de profondeur: c’est un record chez les mammifères! Cependant, ils doivent également respecter des paliers de décompression au cours de leur remontée!

A la différence des baleines à bosses de Tadoussac, les cachalots restent de longues minutes à la surface pour respirer, avant de plonger. Nous avons donc tout le loisir d’observer leur dos et leur souffle, avant que ceux-ci ne se décident à plonger, nous montrant ainsi leur queue. Il est donc plus aisé de prendre des photos de ces baleines là, mais avec les jambes bien écartées pour garder un semblant d’équilibre et une main agrippée à la rambarde, il est tout de même bien difficile de faire un quelconque réglage!

Nous avons donc un souffle, et une queue!

Nous ne verrons malheureusement aucun dauphin au cours de cette excursion. Désolée Annie, les photos seront donc pour l’Australie!

Après Kaikoura, nous poursuivons notre route vers le sud, en longeant la côte est.