Nous voici maintenant à Ceduna, aux portes du Nullarbor. Nous profitons de cette dernière grande ville pour faire le plein de provisions et d’eau, avant les 1200 km d’une longue ligne droite qui nous attendent.
Le nom de cette immense plaine désertique vient du latin et signifie « sans arbres ». Les aborigènes, quant à eux, lui ont donné le nom de « Oondiri », qui signifie « sans eau ». Tout un programme donc, pas d’arbres, pas d’eau, vous l’aurez compris, ces prochains jours vont s’avérer un peu monotones. Le premier européen à l’avoir traversée, Edward John Eyre, a d’ailleurs décrit cette plaine comme étant « une anomalie hideuse, une erreur de la Nature, un paysage de cauchemar». Je vous rassure, ce n’est pas comme ça que nous avons vécu la traversée de cette plaine.
A la différence du désert central, cette route longe la côte et les falaises, et de nombreux points de vue nous permettent de changer un peu de décor. En effet, autrefois, la plaine du Nullarbor était sous les eaux mais un mouvement de plaques a surélevé celle-ci, et l’érosion a ensuite permis d’obtenir cette étendue plate.
De plus, cette plaine n’est pas tant dépourvue d’arbres que ça, et nous avons été particulièrement émerveillés de découvrir une nouvelle espèce d’eucalyptus, dans les derniers 100 km, avec un tronc des plus rouges, nous donnant l’impression d’être en lumière déclinante d’une fin d’après-midi, la plus belle lumière qui soit, selon moi.
Depuis que nous sommes en Australie, nous avons déjà rencontré plusieurs espèces d’eucalyptus: tantôt dégageant une forte odeur bien typique, tantôt perdant leur écorce comme des lambeaux de peau après un gros coup de soleil, tantôt au tronc gris, tantôt rouge…Bref, nous n’en avons ici qu’un maigre échantillon puisqu’il existe environ 600 espèces au total! Les koalas, quant à eux, ne mangent qu’une vingtaine de ces espèces.
Cependant, même si nous ne sommes pas dans un désert proprement dit, les signes de mains de chaque conducteur de voiture ou van que nous croisons, nous rappellent que les contacts humains se sont raréfiés et chaque échange, si furtif soit-il, est comme un signe d’encouragement.
La monotonie de la route est également coupée par les arrêts obligatoires pour tout bon touriste qui se respecte, devant les panneaux, les fameux road signs « attention kangourous, émeus, dromadaires, wombats sur les prochains 100 km », ou bien le panneau annonçant la plus longue ligne droite d’Australie: 146,6 km, sans le moindre semblant de virage. Il faut bien s’occuper!
Nous passons donc 2 jours complets, plus quelques heures, sur cette longue route droite. Nous avons trouvé notre vitesse de croisière, un petit 80 km/h, qui au final, nous aura fait économiser bien de l’argent. Vous vous en doutez, au milieu de nulle part, les stations services se font un devoir de vendre leur essence à un prix exorbitant: 2$ le litre pour le plus cher d’entre elles, à la place de 1$40-1$45 en moyenne en ville.
Enfin, au milieu de cette plaine, peu avant la ville d’Eucla, nous avons franchi la frontière entre l’Australie Méridionale et l’Australie Occidentale. Toute une étape. Nous étions prévenus, il nous fallait vider notre garde-manger de tout légume/fruit/miel et nous avions pris soin de cacher tout ce qui était à cacher. Nous n’avions cependant pas envisagé une telle fouille du van, la dame ayant même regardé dans le sac à linge sale d’André…Je n’avais pas pensé à ranger un petit sac de terre rouge du désert et celui-ci a donc terminé son voyage à la frontière. Mais heureusement, tous mes échantillons de sable néo-zélandais et australiens n’ont pas été trouvés! Nous avons également changé d’heure plusieurs fois, parfois par tranche de 45 minutes et nous tombons ainsi à 12h de décalage avec le Québec et 6h avec la France.
6h de décalage pour plus de 17000 km, c’est pas si mal!
Nous voici donc maintenant dans l’ouest australien, et nous atteignons Norseman, notre porte de sortie de cette longue route droite du Nullarbor, avec des fourmis plein les jambes!





J’ai mieux: terre et sable interdits, mais cailloux autorisés! Et pourtant, ceux qu’elle a vu s’effritent dès qu’on les frôle…Je n’ai pas compris la nuance!
Le sable, la terre !!!!????? Comment fait la douanière lorsque le vent souffle d’est ou ouest et transporte la poussière et le sable sur des centaines de kilomètres ? Comment fait la douanière lorsque des millions d’animaux traversent quotidiennement les frontières avec de la terre ou du sable accroché à leurs pattes (et une pomme en travers de la gueule pour faire bonne mesure !) ? Ah ! la bêtise humaine est incommensurable !
Je savais que tu aimerais 😉
Cette traversée semblait irréelle! J’aime la comparaison de l’écorce avec des lambeaux de peau crâmé, c’est très poétique!
Contrebandière!!!!! c’est Emeline qui se balade avec du sable illégal 🙂
Ah ah, secret secret 😉
« Cacher tout ce qui est à cacher ». Vous êtes des contrebandiers? 🙂