De Port Hedland à Broome

Après le parc Karijini, nous rejoignons Port Hedland. Les paysages sont magnifiques et font ainsi passer le trajet plus rapidement. A l’entrée de la ville de Port Hedland, les énormes machines exposées nous mettent rapidement dans l’ambiance: nous sommes ici dans une ville minière portuaire, qui extrait du minerai de fer, qui produit du sel et qui exporte le tout. Nous ne nous y arrêtons que pour y faire le plein d’essence et le plein de nouvelles via internet.

Après avoir passé la nuit sur une aire de repos au milieu des arbres, nous arrivons dans la ville de Broome en fin de journée. Nous commençons à avoir hâte de changer d’état pour profiter du changement d’heure: quelle plaie que cette nuit noire à 17h!

Bien qu’elle soit notée sur les cartes du monde, il faut reconnaître que Broome n’a rien d’une grande ville. Même son chinatown n’a rien des habituels quartiers chinois!

Nous remarquons vite que Broome est une ville à forte population aborigène. Cependant, nous sommes agréablement surpris de constater que ceux-ci sont intégrés dans la société. Je dois avouer que j’avais bien été déçue que notre rencontre avec ceux de Coober Pedy, qui ressemblaient à de véritables zombies. Enfin une preuve que 2 peuples complètements différents, première nation et colons, peuvent cohabiter. C’est d’ailleurs un aspect que nous avions adoré en Nouvelle-Zélande, avec les maoris!

Depuis 1880, la ville de Broome est une importante industrie perlière et en était d’ailleurs la capitale mondiale, avec 80% de la production mondiale à son actif, mais vers les années 1930, elle commença à décliner.

Nous ne visitons pas grand chose dans cette ville, mais nous nous rendons jusqu’à l’extrémité sud de sa plage de sable blanc Cable Beach, qui doit son nom à l’ancienne présence d’un câble télégraphique qui reliait Broome à l’île de Java. Elle est réputée pour ses impressionnantes marées, qui peuvent atteindre 9m d’amplitude!


A cette extrémité de plage, à Gantheaume Point, se trouve de superbes formations rocheuses. Celles-ci arborent de splendides couleurs, allant du blanc au rouge en passant par toutes les teintes de orange. Nous sommes également censés y voir des empreintes de dinosaures, mais malgré la marée plutôt basse, nous sommes incapables d’en repérer. Nous nous contentons donc d’observer le paysage, entourés de plusieurs centaines de libellules, et c’est déjà magnifique.

Enfin, Broome marque également le début des baobabs, ces impressionnants arbres au tronc difforme, qui ne ressemblent à aucun autre arbre. Cette espèce australienne (Andansonia gregorii), ne se trouve que dans une petite région du nord ouest de l’Australie, l’Afrique possédant une autre espèce et Madagascar, les 6 dernières espèces. Bien que différente donc, l’espèce australienne auraient été importée de Madagascar.


Ces arbres peuvent atteindre 15m de haut et n’ayant pas d’anneaux de croissance, il est difficile de définir leur âge mais les plus gros auraient été estimés à plusieurs milliers d’années.

Les aborigènes récupéraient l’eau contenue dans les cavités de l’arbre et mangeaient la graine riche en vitamine C, écrasée sous forme de farine. Les feuilles, quant à elles, étaient utilisées en médecine et les jeunes pousses pour rafraichir l’haleine.

Sur notre route, à quelques kilomètres au sud de Derby, se trouve d’ailleurs un impressionnant spécimen: le Prison Tree. Ce baobab creux de 14m de circonférence et âgé de plusieurs centaines d’années, aurait été utilisé pour y enfermer des aborigènes, en chemin vers Derby pour y être jugés. Et il ne serait pas un cas isolé.