Après avoir quitté le parc national des Edith Falls, nous rejoignons un autre parc national, très réputé en Australie, celui de Kakadu. Celui-ci détient en effet plusieurs sites de peintures rupestres aborigènes. Il est d’ailleurs inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité depuis 1981. Moins connu pour cela, il contient également 10% des réserves mondiales d’uranium.
Vue sur les marécages depuis le site d’Ubirr
Nous entrons dans Kakadu au petit matin, après avoir passé la nuit juste avant celui-ci. Nous arrivons un mois trop tard puisque nous devons maintenant payer des droits d’entrée: 25$ par personne pour un pass de 14 jours, alors qu’avant le parc était gratuit, l’augmentation est salée. Nous nous demandons d’ailleurs où est l’intérêt de faire un pass de 2 semaines, alors qu’il n’y a pas de randonnée digne de ce nom à faire: 14 jours pour 2-3 points de vue et 3 sites de peintures, c’est un peu long…Il faut dire que sans 4*4, encore une fois, nous n’avons pas accès à l’intégralité du parc. Enfin, à cette période de l’année, ce n’est pas très handicapant puisque ces dites routes sont de toutes façons, fermées pour tous.
Peu importe, nous commençons notre visite de Kakadu par un centre d’informations où nous délestons un peu plus notre compte en banque par l’achat d’une très belle toile d’art aborigène. J’ai en effet découvert depuis peu que cet art ne se limite pas à la technique des points comme nous avons l’habitude de voir, mais qu’il est au contraire diversifié. On ne trouve d’ailleurs pas de « points » dans le nord de l’Australie!
Nous enchainons par le site de Yumikmik, d’où nous faisons une petite balade, sous un soleil de plomb, jusqu’à un point de vue.
Nous poursuivons notre route jusqu’à Gungurul, un autre départ de promenade. Après le pique-nique, nous lézardons à l’ombre, accablés par la chaleur,et ce n’est qu’en fin de journée que nous nous motivons pour cette toute petite balade, jusqu’à un point de vue. En chemin, nous croisons un panneau « extrême danger » qui fait froid dans le dos. Des crocodiles vivent en effet dans l’intégralité des cours d’eau du parc, interdisant toute baignade, surtout en cette période de fin de saison humide. Mais jusqu’ici, tous les panneaux rencontrés n’ont rien d’effrayants et les locaux n’ont pas l’air de bien les prendre au sérieux. Cependant, celui-ci précise que de humains ont déjà été tués. Bref, après quelques pas en direction de la rivière, nous faisons rapidement demi-tour, ne sachant pas jusqu’à quelle distance de celle-ci nous serions en sécurité. Nous nous contentons donc du point de vue, qui n’a rien de très palpitant. Pour terminer cette première journée, nous prenons la décision de ne pas aller plus loin et nous passons donc la nuit sur ce parking, qui fait également office de camping.
Nous profitons de la fraicheur du matin pour continuer notre route. Le parc Kakadu contient donc 3 sites d’art aborigène. Nous en visitons 2 ce jour: Nourlangie et Anbangbang , et nous gardons Ubirr, tout au nord du parc, pour le lendemain. Alors que Nourlangie et Ubirr sont très visités, avec des bus entiers qui déversent leur flot de touristes chaque jour, le site de Anbangbang nécessite une petite marche de 2km, et c’est complètement seuls que nous le découvrons et c’est bien agréable!
Les plus anciennes de ces peintures datent de 20 000 ans et même si celles-ci sont toujours sacrées aux yeux des aborigènes, elles ont été, au fil du temps, recouvertes par d’autres. Il est d’ailleurs surprenant de voir l’évolution de ces dessins. En effet, avec l’arrivée des colons, on voit apparaître des représentations de navires, d’homme avec chapeau sur la tête, pipe dans la bouche et mains dans les poches, de mains gantées…Aucun doute quant à l’origine de ce changement de source d’inspiration!
Plus fréquemment, on y trouve des empreintes de mains « soufflées », des animaux chassés, des représentations d’esprits, et même du « Serpent Arc-en-ciel, créateur du monde selon la culture aborigène.
Ces peintures sont réalisées à base d’ocres de différentes couleurs: rouge=haematite, jaune=limonite, blanc=pipeclay, ainsi que de charbon, de sang d’animaux…Les roches sont pulvérisées et la poudre obtenue est ensuite mélangée à de la résine, ce qui permet d’obtenir une pâte.
Une peinture du site d’Ubirr nous marque particulièrement. Il s’agit d’un moyen d’enseignement aux jeunes enfants de la dangerosité des crocodiles salties. La petite histoire concerne les soeurs Namarrgarn, qui se seraient transformées en « salties », afin de pouvoir manger tout le monde.
C’est en effet dans ce parc que nous avions de grandes chances de voir des crocodiles, « salties » et « freshies », notamment au cours de croisière d’observation sur la rivière Alligator, mais malheureusement, celle-ci est encore interdite d’accès. Nous ne verrons donc pas de ces reptiles ici. Côté faune, nous croisons tout de même des blacks wallaroos, des fourmis vertes (une espèce typique du Territoire du Nord, dont l’abdomen est vert translucide), 2 dingos et un buffle. Des « buffalos », importés d’Asie du sud-est entre 1839 et 1848, sont en effet redevenus sauvages après s’être échappés. Ils se sont bien adapté et ont proliféré. Des campagnes d’extermination dans les années 1970-1980 en ont cependant éliminé un grand nombre. Toujours élevés pour leur viande de grande qualité, il en reste tout de même quelques uns sauvages, localisés dans Kakadu.
Nous quittons ensuite ce parc pour rejoindre la plus grande ville de cet état, Darwin.







