Darwin

Après le parc national Kakadu, nous nous dirigeons vers Darwin, mais en chemin, nous souhaitons visiter un autre parc que nous ont conseillé un couple de français, rencontrés sur un sentier à Kakadu: Fogg Dam.

Nous passons donc la nuit sur une aire de repos, juste avant d’arriver à celui-ci. Depuis Kakadu, nous sommes dans la région des Wetlands, et qui dit marécages, dit bien sûr moustiques. Cependant, je ne crois pas en avoir déjà vu autant que durant la soirée sur cette aire. En effet, nous n’avons ouvert la porte du van que 2 minutes et nous avons été envahis. Du coup, nous restons cloitrés à l’intérieur le reste de la soirée, malgré la chaleur. Les moustiques, quant à eux, sont bien une cinquantaine à guetter notre sortie, collés à notre petit hublot. Peu enclins à nous faire piquer, nous décidons de ne manger que des céréales, seul met que nous pouvons attraper depuis l’intérieur et ne nécessitant pas de cuisson. Nous déciderons d’ailleurs de retourner quelques kilomètres en arrière pour utiliser des toilettes publiques, plutôt que de se faire piquer les fesses! Ah les joies du camping!!

Le lendemain matin, les moustiques semblent avoir déserté la place mais nous ne prenons pas de risque, nous rejoignons le parking du centre d’informations de « Wetland in the Window » pour prendre notre petit déjeuner. N’ayant pas grand chose à voir sur place, nous ne nous y attardons pas et nous nous dirigeons à Fogg Dam, quelques kilomètres plus loin. La promenade à pied est fermée pour cause de présence d’un gros « salty », mais il est possible de se rendre en voiture jusqu’à la cabane d’observation, au bout de la passerelle. On croise d’ailleurs dans l’un des étangs, une cage servant à capturer ce crocodile estimé dangereux.

C’est armés de nos jumelles que nous cherchons avec insistance ce reptile et ô victoire, André réussit à en apercevoir un, prenant le soleil entre boue et herbes! Celui-ci doit mesurer environ 2 mètres et nous en concluons donc que ce n’est pas lui qui est traqué. La cage n’est de toutes façons pas dans son territoire. Comme il est relativement loin et qu’il ne bouge pas le moins du monde, il n’est pas très aisé de l’observer mais nous en profitons tout de même pleinement. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir un « salty » sauvage!

Allez, je suis sûre qu’en zoomant vous allez le voir!

Heureux comme tout, nous pouvons maintenant rejoindre Darwin. Cette ville de 120 000 habitants est la capitale et la ville la plus peuplée du Territoire du Nord. Elle est réputée pour avoir le plus d’éclairs orageux du monde pendant la saison humide, où les conditions climatiques sont difficilement supportables. Rares sont d’ailleurs les gens qui y passent leur vie entière.

Outre les orages, la ville de Darwin est également visitée par des cyclones. Cependant, celui qui reste dans les mémoires de tous est incontestablement le cyclone Tracy, de catégorie 4, qui rasa quasiment entièrement la ville, au matin du 25 décembre 1974. Tracy fut particulièrement destructeur, car à la différence de la majorité des cyclones qui ne font que passer dans la ville pour mourir dans les terres, lui resta plusieurs heures au dessus de la ville. Ainsi, 71 personnes décédèrent et 70% des bâtiments furent détruits. 30 000 personnes durent être évacuées par pont aérien car peu de temps auparavant, le cyclone Selma annoncé comme dangereux par les bulletins météorologiques avait contourné Darwin. Les habitants était donc trop confiants par rapport à Tracy et trop occupés à fêter Noël.

A Darwin, nous retrouvons Adrian, un australien qui jouait dans la même équipe de rugby qu’André à Montréal. C’est donc avec lui, et chez lui, que nous passons un très agréable week-end. Il nous entraîne à travers les pistes cyclables pour découvrir la ville et ses proches environs, de Nightcliff à la réserve East Point, en passant par le centre-ville, soit environ une quarantaine de km de vélo en 2 demi-journées.


Il nous fait également découvrir les bons plans de Darwin: prendre un verre en regardant le soleil se coucher sur l’océan; manger du barramundi, le poisson typique du nord de l’Australie; assister à un match d’AFL, le grand tournoi de football australien (Aussie Rules), genre le top 14 en France; se promener sur la marina, au milieu des restaurants, piscine à vagues…Qu’il est bon de se laisser guider pour un temps et de profiter d’un vrai lit et d’une douche chaude quotidienne!


Mais comme tout à une fin, alors que ça ne nous était pas arrivé depuis bien longtemps (7 mois en fait), la reprise de la semaine à un vrai goût de lundi matin. Adrian repart au boulot dans ses communautés aborigènes à l’extérieur de Darwin et nous retrouvons l’étroitesse de notre van.

C’est donc un peu tout perdus que nous poursuivons notre découverte de la ville, avec pour commencer Crocodylus Park. Bien que nous ayons vu un « salty » à Fogg Dam (oui oui nous en sommes fiers!), nous voulions en observer de plus près et sans risque. Cette ferme d’élevage de crocodiles/zoo détient des centaines de « salties » et de « freshies », dont des couples utilisés pour la reproduction . Nous avons ainsi la possibilité de contempler ces gigantesques mâles et de constater la force avec laquelle ils sautent hors de l’eau, au cours d’une séance de nourrissage. Je comprends alors aisément pourquoi un humain ou même un buffle n’a aucune chance devant ces dinosaures de 500kg! Je ne regarderai plus jamais de la même manière, les panneaux interdisant la baignade!

Le clou de la visite guidée est bien sûr l’inévitable photo avec un bébé croco.

Après cette journée au parc, nous trouvons un camping pour la nuit car Darwin est réputée pour ses vans fracturés, et nous ne voulons courir aucun risque. C’est que nous y tenons à nos 4 T-shirts! Le lendemain, nous visitons le « musée et la galerie d’art du Territoire du nord », un intéressant musée gratuit sur la faune, passée et présente, de la région, ainsi que sur le cyclone Tracy.

Après quelques courses, nous sommes fins prêts à quitter la ville. Nous décidons juste de passer à l’entrepôt de Wicked Van, pour savoir si après les 20 000 km roulés nous devons vidanger l’huile, mais finalement, changement de plans, le garagiste trouve l’état de nos pneus arrières inquiétants. Nous retardons donc notre départ de 24h et c’est avec 2 pneus neufs gratuits, mais avec notre vieille huile, que nous pouvons enfin nous éloigner de Darwin.