Alice Springs

Nous atteignons Alice Springs sous un ciel gris et pluvieux, en fin de journée. Comme on nous a prévenu qu’il est dangereux de s’y trouver la nuit, nous nous arrêtons sur une aire de repos 30 km avant, au niveau du tropique du capricorne – que nous traversons donc pour la 2ème fois -, afin de ne pas avoir besoin de payer un camping. Comme l’était Katherine, la région a été placée en zone, où l’alcool est interdit dans les lieux publics. Pour enrayer les problèmes d’alcoolisme chez les aborigènes, les communautés alentours n’ont d’ailleurs même pas l’autorisation d’en vendre. De nombreux aborigènes viennent donc le soir à Alice Springs pour boire et il n’est apparemment pas rare que des bagarres sanglantes éclatent.

L’alcool n’est d’ailleurs pas le seul problème de dépendance de ces communautés. En effet, l’addiction répandue aux vapeurs d’essence a contraint le gouvernement régional à faire remplacer le sans-plomb basique par de l’essence sans-plomb « Opal », quasiment inodore. Cela n’est pas encore obligatoire et certaines stations-service refusent d’en stocker, mais dans les 70 communautés ayant adopté ce type d’essence, cette toxicomanie a pratiquement disparue.

Nous découvrons Alice Springs au petit matin, sous un ciel toujours aussi gris. Perdue au milieu du désert, cette ville est pourtant la 2ème plus grande ville du Territoire du Nord après Darwin. Elle ne ressemble en rien à Coober Pedy, l’autre ville du désert que nous avons visitée, bien plus au sud. Tous les services sont ici réunis, avec restaurants à foison, boutiques, supermarchés et tout ça à prix abordables. Même l’eau potable ne semble pas manquer. Entourée par les Macdonnell Ranges et traversée par la rivière Todd (qui est tout de même asséchée quasiment en continu), Alice Springs ressemble à une ville comme une autre et on ne s’imagine pas être en plein désert.

En attendant que le soleil veuille bien réapparaître, histoire de voir Uluru sous un ciel bleu, nous traînons un peu ville, profitons d’internet et faisons le plein de films au vidéo club. Nous visitons également le Centre des Reptiles, un petit centre animalier très familial qui nous a beaucoup emballé. Nous voulions entre autre, voir des thorny devils, des reptiles bien particuliers, jaunes et oranges, avec des piquants sur le dos, ainsi que des lézards frilled, qui arborent une impressionnante collerette lorsqu’ils ont peur. Nous aurions aimé croiser ces 2 animaux dans la nature, mais ils semblent assez difficiles à voir.

A gauche: thorny devil; à droite: blue tongue

Nous nous amusons également pendant la séance « manipulation », à caresser lézard, blue-tongue et python et où nous apprenons plein de choses intéressantes, notamment à ne pas avoir peur des 18 espèces australiennes de serpents vénéneux (sur les 20 espèces mondiales). En effet, leurs dents sont tellement petites (comparées aux espèces africaines) qu’elles ne traversent bien souvent jamais le pantalon. Il suffit donc d’être correctement habillés et chaussés lorsqu’on randonne. Bref, nous recommandons chaudement ce petit centre où nous avons passé une très agréable matinée.

Le beau temps étant enfin annoncé pour le lendemain, nous quittons Alice Springs en direction d’Uluru, 450 km plus au sud.