Les MacDonnell Ranges

De retour à Alice Springs, nous nous payons le luxe d’un steakhouse pour nous réchauffer et afin de ne pas avoir pour une fois, à cuisiner dans le froid. Nous nous régalons ainsi de kangourou, émeu, crocodile et dromadaire dans une ambiance très chaleureuse, et nous en ressortons la panse bien remplie!

Le lendemain, nous commençons notre découverte des environs avec les MacDonnell Ranges. La ville est en effet enclavée entre les 2 parties de cette chaîne de montagnes, qui s’étend sur 644km et qui ne semble s’ouvrir que pour laisser passer la Stuart Highway, au niveau d’Alice Springs.

Nous passons cette première journée du côté est, avec pour débuter, Emily Gap, puis Jessie Gap. Ces 2 gorges, séparées d’une poignée de kilomètres, ne sont pas bien grandes mais nous apprécions à sa juste valeur, la chaleur diurne du « nord », enfin retrouvée. Ces sites abritent également quelques peintures rupestres aborigènes représentant des chenilles, en l’honneur des ancêtres chenilles Mparntwe, qui seraient apparus ici, avant de ramper sur le paysage et de donner naissance à ce que nous voyons aujourd’hui.

Nous nous rendons ensuite au rocher Corroboree (=fête aborigène à caractère rituel (même si il est peu probable qu’il y en ait eu ici)), formé il y a 800 millions d’années. Ce rocher est l’habitat privilégié du perentie, le plus grand goanna d’Australie (et le 4ème plus gros varan du monde), qui peut dépasser 2,5m de long. Il était autrefois chassé par les aborigènes pour sa viande mais également pour sa graisse, utilisée en médecine traditionnelle. Malheureusement, nous n’en voyons pas.

Nous rejoignons ensuite l’extrémité des MacDonnell Ranges atteignables en véhicule classique, et nous terminons cette journée avec la magnifique gorge Trephina. Nous longeons une de ses crêtes, avant de plonger au fond de la gorge où nous devons quitter nos chaussures pour patauger dans la rivière, jusqu’au parking. Falaises rouges, sable blanc de rivière, eucalyptus verts, et pour une fois, petit filet d’eau au fond de la gorge, rendent cette petite randonnée très agréable.

Le lendemain, après avoir attendu en vain que les douches publiques d’Alice Springs ouvrent (Aaah les rangers australiens…), nous nous dirigeons vers les MacDonnell Ranges Ouest. Bien plus étendues que ses voisines, nous ne pouvons cependant pas nous rendre jusqu’à son extrémité sans 4*4.

En premier lieu, nous nous arrêtons au Simpsons Gap, avant de rejoindre le site Ochre Pits, où les aborigènes venaient s’approvisionner en pigments. Les falaises sont donc veinées de différentes teintes d’ochre et de roches, allant du blanc au pourpre. Ce lieu, encore une fois sacré pour les aborigènes, est magnifique.


A gauche, Simpsons Gap; à droite, Ochre Pits

Au site suivant, soit à la gorge Ormiston gorge, nous croisons un dingo, pêchant dans le trou d’eau devant la gorge. Il n’a toutefois aucun mérite puisque des dizaines de poissons morts flottent à la surface. En effet, en hiver, le refroidissement de l’eau permet la multiplication d’algues. Celles-ci bouchent alors les branchies des poissons qui meurent par asphyxie. Il s’agit là du cycle de vie naturel de ces poissons, mais on ne peut pas dire que ça soit très joyeux.

Nous nous rendons ensuite jusqu’aux gorges Glen Helen puis Redbank, avant de faire demi-tour pour passer la nuit au camping de la gorge Ormiston. Ce camping de parc national n’est pas seulement peu cher, il possède également des douches avec eau chaude. Et autant dire qu’après tout le temps passé dans le désert sans se déshabiller, nous en avions bien besoin!

Le lendemain, nous prenons la route en sens inverse pour retourner à Alice Springs. En chemin, nous nous arrêtons à la rivière Ellery et à son Big Hole, un grand trou d’eau où les centaines de poissons morts sur les bords, ne rendent pas la baignade très attirante.

Enfin, nous ne pouvions quitter Alice Springs sans essayer une petite balade à dos de dromadaires, l’attraction du coin. En effet, entre 1860 et 1907, environ 10 000 dromadaires ont été importés en Australie, d’Afghanistan, du Rajasthan, d’Iran et du Pakistan.

Nous nous offrons une heure de chevauchée sur un beau blond frisé nommé Greyhound, avec pour décors, le paysage magnifique des MacDonnell Ranges. Notre impression: ça ballotte tout autant qu’un éléphant asiatique, mais son épaisse fourrure est bien plus agréable au toucher que le cuir mal rasé d’un pachyderme!

Nous terminons ainsi en beauté notre « visite » du merveilleux désert australien et nous nous apprêtons à rejoindre petit à petit la côte est.