Dernier bout d’Australie sauvage

120 km après Mt Isa, nous quittons la route principale et bifurquons vers le nord. Nous avons hésité à continuer vers l’est jusqu’à la côte, pour rejoindre ensuite Cairns au nord mais la perspective de refaire 2 fois le même chemin sur la côte ne nous a pas emballés. Nous choisissons ainsi de rester au maximum dans l’arrière pays, afin de profiter encore un peu du Queensland authentique. Une fois sur la côte est, nous retrouverons la civilisation et le flot de touristes recherchant les plages ensoleillées de la Gold Coast, et cela ne nous enchante pas trop.

La route que nous empruntons a tout pour nous plaire. Bitumée juste en son centre, elle nous confirme qu’elle est ainsi peu fréquentée. Nous longeons d’immenses pâturages, où les vaches indiennes côtoient des kangourous (c’est d’ailleurs l’un des rares endroits où nous voyons des kangourous en plein jour) et des cochons noirs sauvages. Pour information, la plus grande exploitation du Queensland (et sans doute d’Australie) s’étend tout de même sur 220 000 hectares, avec, pour les belles années, 45 000 têtes de bétail…Difficile d’imaginer ça en France!

Nous atteignons ainsi la petite ville de Normanton, qui n’a pas grand chose à offrir à part de jolis bâtiments, une vieille gare et une belle rivière abritant crocodiles (eh oui, nous sommes de retour dans le nord)et barramundis (les gros poissons réputés du nord). André essaye bien d’en pêcher un mais visiblement, à la différence des ouananiches du Lac, ceux-ci ne sont pas attirés par le maïs.

Le lendemain, nous bifurquons à nouveau vers l’est, direction les Atherton Tablelands, dernière étape avant Cairns. En chemin, nous nous arrêtons à la chute Millstream, annoncée comme étant la plus large à un seul palier d’Australie, bien qu’elle n’en ait pas l’allure en cette saison.

Quoi qu’il en soit, pas de doute, nous avons maintenant quitté l’arrière pays du Queensland, riche en pâturages dorés, pour nous enfoncer dans la région des forêts humides (rainforest). Ici, tout est vert et la densité des forêts témoigne de la hauteur des précipitations annuelles: 4000 à 6000mm. Nous croisons ici des panneaux nous signalant la présence d’animaux que nous n’aurions pas imaginé croiser: des casoars, de gros oiseaux noir, bleu et rouge, de la taille des émeus et avec une sorte de casque très rock’n roll, qui semblent tout droit sortis de l’époque des dinosaures; et des kangourous arboricoles, dont nous avons découvert l’existence pour la première fois au zoo de Beauval l’année dernière. Autant dire que nous ouvrons grands les yeux pour apercevoir l’un de ces animaux, mais en vain.

Après avoir passé la nuit vers Yungaburra, nous en visitons ses petits parcs nationaux le lendemain, toujours en espérant rencontrer un kangourou arboricole. Ses forêts sont censées en abriter beaucoup mais il faut croire que nous ne sommes pas chanceux aujourd’hui.

Nous nous arrêtons également voir une curiosité du coin, le Curtain fig tree, un immense arbre dont la croissance est bien particulière. Sa graine germe en effet sur une branche d’un arbre hôte. Ses racines poussent alors jusqu’au sol et en se développant, il finit par courber puis étouffer son hôte, donnant ainsi une structure bien étrange.

Dans la ville d’Atherton, nous nous rendons dans un magasin de pierres précieuses, abritant en ses murs un petit musée contenant « la plus grosse améthyste du monde », que nous voulions visiter. Finalement, la boutique est plus intéressante que le musée en lui-même, car certes, cette géode d’Uruguay de 3,5m de haut et 2,7 tonnes a l’air impressionnante, mais le prix exorbitant pour la voir nous a refroidi.

Nous faisons donc un dernier arrêt pour voir un autre arbre du même acabit que le précédent, le Cathedral fig tree, tout aussi impressionnant que son voisin, avant de rejoindre Cairns et malheureusement, les touristes qui vont avec.