La côte est, de Cairns à Daintree

Cairns est une grosse ville qui attire une foule de touristes. C’est en effet la porte d’entrée vers la fameuse Grande Barrière de corail et pour le coup, nous ne nous différencions pas des autres, nous envisageons évidemment d’y aller.

Nous commençons donc notre découverte de la ville par nous rendre au centre d’informations, pour choisir notre tour. A la différence de la Ningaloo Reef de la côte ouest, il est ici impossible de nager au milieu de ce récif sans une grosse heure de bateau au préalable.

Nous apprenons malheureusement que le temps n’est pas terrible pour les prochains jours. Un vent très fort et un ciel nuageux nous ôte l’envie de nous précipiter dans une excursion.

Nous décidons donc de remettre celle-ci à plus tard et nous passons cette première journée à traîner en ville. Celle-ci possède une jolie esplanade, avec vue imprenable sur une immense plage boueuse. De toutes façons, il est fortement déconseillé de se baigner dans la mer à cause de la présence de crocodiles salties et de méduses « box jellyfish », dont les brûlures de ses filaments, très longs, provoquent une douleur tellement intense que des gens en meurent.

L’arme de premier secours après brûlure de méduse: le vinaigre! Disponible sur toute plage qui se respecte…

Pour satisfaire tous ces touristes et locaux assoiffés de bronzette et de baignades, la ville a donc construit un lagon, une grande piscine gratuite en plein air, sur son esplanade. Un Paris-plage en plus joli et ouvert toute l’année.

La ville possède également son lot de mangroves, les seuls arbres capables de vivre en eau salée. Une promenade est aménagée au milieu de celles-ci et nous y découvrons ainsi plusieurs espèces. Ces arbres doivent supporter des conditions de vie difficiles: eau salée, racines immergées, sol boueux et instable, marées…Selon les espèces, ils ont ainsi développé des techniques différentes d’extraction du sel. Ainsi, les palétuviers rouges s’isolent du sel en ayant des racines imperméables qui se tubérisent fortement, agissant alors comme un mécanisme d’ultra-filtration pour filtrer le sel du milieu. Tout le sel qui entre dans l’arbre s’accumule dans les pousses et est concentré dans de vieilles feuilles qui servent au stockage. Les palétuviers blancs peuvent sécréter le sel grâce à des glandes à la base des feuilles.

Autre problème, le sol des mangroves est constitué de vase, un milieu pauvre en oxygène. La respiration est alors assurée par des organes développés au niveau des racines, qui se sont adaptées aux conditions environnantes. Ce sont d’ailleurs grâce à ces racines bien particulières que nous reconnaissons habituellement les mangroves. Les palétuviers rouges, qui vivent dans des zones inondées, poussent au dessus du niveau d’eau, avec des racines dites « échasses », leur permettant de capter l’air grâce à des fentes dans leur écorce. Les palétuviers noirs, quant à eux, vivent sur des terrains plus élevés et produisent des racines qui poussent vers le haut, et fonctionnant à la manière d’un tuba.

Pour patienter pendant l’attente du beau temps, nous nous dirigeons ensuite vers le nord de Cairns. Nous ne pouvons pas monter très haut car la péninsule du Cape York n’est pas accessible en véhicule classique mais nous nous rendons jusqu’à Daintree. Plus nous allons vers le nord et plus les crocodiles sont nombreux et c’est bien là le but de notre visite. Nous prenons en effet une excursion en bateau pour observer des salties dans leur environnement, sur la rivière Daintree. Nous nous promenons ainsi au milieu des mangroves et rencontrons un grand nombre de ces reptiles, mâles, femelles, et même très jeunes! C’est impressionnant de se dire qu’ils pourraient, s’ils le voulaient, croquer un bout de touriste qui dépasse du bateau. Ce dernier a d’ailleurs déjà été attaqué par un gros mâle, comme en témoignent les traces de dents dans la rambarde…

Nous reprenons ensuite la route vers Cairns, en croisant les doigts pour que le temps se soit amélioré pour l’un des prochains jours.