Big Island

Nous atterrissons sur Big Island après un court vol de 30 minutes. Celle-ci est l’île la plus à l’est et est donc toujours située au dessus du point chaud, faisant ainsi d’elle, la seule île encore en activité de Hawaii. Il s’agit également de l’île la plus grosse de l’archipel. On y dénombre actuellement 3 volcans: le Mauna Kea, le Mauna Loa et le Kilauea. Un dernier volcan est également en train de se former, mais il est encore sous le niveau de la mer et ne sortira de l’eau « que » dans 10 000 ans, ajoutant alors une nouvelle parcelle de terre, au sud de l’île.

Nous atterrissons donc à Kona, la plus grosse ville de la côte ouest et nous commençons par visiter le sud ouest de l’île. Hawaii produit beaucoup de café. Nous avons déjà visité une plantation sur l’île Kauai, mais le café Kona est également très réputé. De plus, à la différence de celui de Kauai, le café de Big Island est encore ramassé exclusivement à la main, et ce, depuis son introduction en 1828 sur l’île par un missionnaire américain. Nous visitons ici une reconstitution d’une plantation, tenue par une famille japonaise pendant les années 1926 à 1945. Guidés par 2 dames japonaises en tenue d’époque, qui ont elles aussi grandi dans de petites plantations familiales similaires à celle-ci, nous apprenons beaucoup de choses, non seulement sur les conditions de travail à cette époque, mais également sur leurs conditions de vie en général. En effet, pendant la 2ème guerre mondiale, après l’attaque de Pearl Harbour par le Japon, il n’était pas simple d’être japonais à Hawaii. Nous passons une très belle matinée en leur compagnie.

Nous continuons notre route vers la pointe sud de l’île, avec un but bien précis. Lorsque la route devient impraticable pour notre voiture standard, nous nous parons de nos chaussures de randonnée, et tout en luttant contre le vent et le sable dans les yeux, nous longeons la côte pendant 5 km. Enfin, nous arrivons à destination: la petite plage Papakolea (ou Pu’u Mahana) se trouve en contrebas de la falaise. Qu’a t-elle donc de si particulier? Eh bien son sable est…vert! Vert olive pour être plus précise. Cette couleur est due à la présence de cristaux d’olivine, provenant de l’érosion marine qui affecte ce cône de cendres. L’olivine est un des composants courants de la lave de Hawaii, et l’un des premiers cristaux à se former lors du refroidissement de la lave. Etant plus durs et plus denses que la cendre et les débris de lave, ils ont ainsi tendance à s’accumuler sur la plage. Quoi qu’il en soit, cela nous change des sables coralliens blancs, sédimentaires dorés ou volcaniques noirs! Les roches au sommet de la falaise sont également incrustées de cristaux d’olivine plus ou moins gros, et il nous est très difficile de ne pas nous encombrer de nombreux échantillons, tous plus beaux (et lourds) les uns que les autres!

 

Le lendemain, nous quittons la ville de Kona pour rejoindre celle de Hilo, sur la côte est, notre point de chute pour la nuit. En chemin, nous nous rendons jusqu’au lookout sur la vallée Waipio, au nord, avant de longer la côte est jusqu’au jardin botanique tropical, dans la baie de Onomea. Il a été fondé en 1978 par un couple qui acheta ce terrain en friche et passa 6 années à le débroussailler, à récupérer des graines venant des 4 coins du monde, pour ensuite aménager ce magnifique jardin. Plus de 2000 espèces se côtoient aujourd’hui, toutes plus belles et surprenantes les unes que les autres, des fougères géantes aux orchidées, en passant par les différents gingembres aux parfums délicieusement enivrants et par les héliconias, tellement fascinants. Cette famille de fleurs aux couleurs chatoyantes et aux feuilles ressemblant à celles des bananiers, est véritablement le symbole des régions tropicales. Son inflorescence est d’ailleurs parfaite pour les oiseaux-mouches.

Nous nous promenons au milieu des allées, complètement dépassés par la végétation, en nous extasiant à chaque nouvelle découverte. Nous ne voyons pas passer ces 2 heures et nous quittons cet Eden, à sa fermeture. Nous ne regarderons certainement plus jamais nos forêts de la même façon…