Les volcans de Big Island (1)

Pour terminer notre découverte de Big Island, nous nous focalisons sur ses volcans. Cette île possède en effet 3 volcans considérés comme potentiellement actifs: le Mauna Kea et le Mauna Loa sont actuellement endormis et seul le Kilauea est véritablement actif. Ses éruptions se caractérisent par des coulées de laves basaltiques fluides. Celles-ci s’écoulent donc le long des flancs du volcans, formant de nombreux tunnels de lave. Du fait de l’absence de caractère explosif, ces éruptions ne sont pas dangereuses pour l’homme, mais ravagent toutes les infrastructures sur leur passage.

La caldeira du volcan Kilauea

Malheureusement, depuis le mois de mars, celui-ci a cessé de couler. Jusqu’à cette date, il était possible d’observer de relativement près, une grosse coulée de lave rouge, descendre les pentes du volcan pour se déverser dans l’océan dans un épais nuage de fumée, offrant des souvenirs inoubliables à quiconque assiste au spectacle. C’est donc très déçus que nous avions tout de même planifié notre voyage à Hawaii, l’escale ayant déjà été prévue. Cependant, il faut croire que l’un de nous est très chanceux, puisque 2 jours après notre arrivée sur Big Island, l’un des cratères du Kilauea s’est effondré, permettant au lac de lave qui était contenu, de se déverser à nouveau. Cette coulée n’atteint toutefois pas l’océan et il n’est donc plus aussi simple de l’observer.

Nous commençons la journée par visiter le centre d’astronomie Imiloa à Hilo, puis nous quittons la ville pour nous diriger vers le sud, afin d’y voir une forêt d’arbres pétrifiés, à Pahoa. Suite à l’éruption du Kilauea en 1790, cette parcelle de forêt tropicale a été ravagée par la coulée de lave. Quelques moules d’arbres, en lave durcie, témoignent encore de cette catastrophe.

Nous rejoignons ensuite le village de Volcano, qui marque l’entrée du Parc National des Volcans. Nous nous informons sur les actualités du parc et on nous confirme qu’en effet, une coulée de lave est enfin visible. Cependant, seule la voie aérienne permet de l’approcher! Nous n’hésitons donc pas un instant, nous réservons un tour en hélicoptère et prenons l’un des derniers créneaux horaires disponibles. Nous ne sommes pas les seuls à avoir opté pour cette solution apparemment!

Pour terminer l’après-midi, nous commençons à visiter le parc, avec la route de la chaîne des cratères du Kilauea. Nous faisons un premier arrêt pour voir les pétroglyphes de Pu’u Loa, des gravures faites sur des pierres de lave par des anciennes communautés hawaiiennes. Ces gravures s’atteignent après une petite marche sur une ancienne coulée de lave. La grande majorité de ces milliers de gravures représentent en fait un trou, dans lequel était placé le piko, le cordon ombilical d’un nouveau-né, avant d’être recouvert d’une pierre. Si celui-ci était toujours à sa place le lendemain, cela signifiait que l’enfant aurait une longue vie.

  

Nous continuons ensuite cette route jusqu’à son extrémité, ou plutôt jusqu’au bout de ce qu’il en reste. En effet, en 1983, une importante coulée de lave, dévastant tout sur son passage, a coupé la route qui faisait le tour de l’île, pour rejoindre l’océan, situé à une 50aine de kilomètres du volcan. Cette route n’ayant pas été reconstruite, nous pouvons ainsi marcher sur cette immense coulée, et cet amoncellement de lave noire durcie s’étend à perte de vue. Tantôt lisse, tantôt plissée, tantôt cordée, tantôt noire mate, tantôt pleine de reflets arc-en-ciel comme l’essence, tantôt craquante sous les chaussures comme de la vaisselle brisée, cette lave ne laisse personne insensible. Nous ne pouvons qu’imaginer la route et les villages qui se dressaient fièrement entre volcan et océan, et dont il ne reste aujourd’hui plus rien. La Nature nous prouve encore une fois qu’elle reprend ses droits quand bon lui semble, et que nous, petits parasites qu’elle tolère, sommes bien ridiculement petits face à elle. Les mots manquent pour décrire ce que l’on ressent à fouler ce sol si sombre, sous tous les sens du terme.

  

Alors qu’à la nuit tombée, nous reprenons le chemin vers notre hôtel à Volcano, nous apercevons au loin une lueur rougeoyante: cette nouvelle coulée de lave se dévoile enfin. Après le repas, nous décidons donc de retourner dans le Parc des Volcans, pour observer un lac du cratère Halema’uma’u, depuis la plateforme du musée Jaggar. En activité depuis de nombreuses années, il est considéré comme instable depuis septembre 2008. Le chemin de randonnée s’en approchant, ainsi que la route faisant le tour de la caldeira sont d’ailleurs fermés depuis cette date. Cependant, ce lac de cratère bouillonne à plus de 90m de profondeur, et nous ne pouvons que voir le nuage rouge brûlant qui s’en dégage. Mais c’est déjà très impressionnant et nous passons de longues minutes à le contempler, malgré le vent et le froid nocturne.

cratère Halema’uma’u, du volcan Kilauea