Latacunga

Après notre rencontre avec le Chimborazo, nous prenons un bus pour Latacunga, à seulement 2 heures de route de Riobamba, où nous arrivons en début de soirée.

Cette petite ville est située au pied du parc du Cotopaxi, abritant entre autre le volcan du même nom. Celui-ci est réputé pour son cône parfait, orné d’une collerette de neige et de glace éternelles dès 4900m d’altitude. Il est actuellement endormi mais considéré comme toujours actif. De caractère explosif, il détruisit en 1742, puis en 1768, la majeure partie de la ville de Latacunga, qui fut reconstruite, avant d’être à nouveau quasiment rasée en 1877, date de la dernière éruption du volcan.

Vue sur le volcan Cotopaxi, depuis la terrasse de l’hôtel

Le parc Cotopaxi abrite une faune riche, avec notamment des chevaux sauvages, des loups, des condors et des ours à lunettes, très rares. Bien que j’aurais adoré voir des condors, nous ne verrons que les chevaux de cette belle fourchette, car ces premiers nichent principalement du côté de la face sud du volcan, bien moins fréquentée que celle du nord. Il n’en resterait d’ailleurs que 77 individus dans tout le pays, autant dire que c’était peine perdue ici! Nous devrions avoir plus de chance au Pérou paraît-il.

Nous passons donc notre première journée en excursion dans ce parc, avec un couple d’italiens et Diego, un jeune guide équatorien vraiment très intéressant. En route, nous nous arrêtons tout d’abord au marché de Saquisili, riche en locaux et en couleurs, qui nous a surtout intéressé pour sa partie animaux, plein de lamas. Nous y achetons d’ailleurs une couverture en alpaga et un poncho en laine de lama pour André, car nous constatons à nos dépends que l’Equateur est un pays où il fait froid! Sincèrement, nous n’aurions pas songé un seul instant nous geler ici, même sachant que nous nous trouvons en fin d’hiver. Nous pouvons donc maintenant apprécier les bienfaits de la laine d’alpaga: c’est doux, c’est fin et c’est chaud!! Adopté!

  

Nous nous rendons ensuite au parc pour faire un bout de l’ascension du volcan Cotopaxi, culminant à 5897m d’altitude. La face nord est encore plus belle que la face sud que vous voyons de Latacunga, car la roche de ce côte est très rouge et contraste donc magnifiquement avec le blanc du sommet et le bleu du ciel. Nous apprenons un peu trop tard que l’ascension complète est possible en seulement 2 jours et apparemment assez « facile », nous devons donc nous contenter de monter 225m de dénivelé, atteignant le refuge situé à 4810m d’altitude (soit comme le Mont Blanc à des poussières près). Nous constatons ici que nous sommes enfin « habitués » à l’altitude car nous ne souffrons pas tant que ça dans cette ascension. Seul le sol mou complique un peu l’exercice. Cependant, ce n’est pas aussi aisé pour notre couple d’italiens, peu sportifs et dont le mari fume à tour de bras. Accompagnés et fortement encouragés par Diego, ils mettront ainsi 2 fois plus de temps que nous, nous empêchant par la même occasion de continuer l’ascension jusqu’au glacier, 200m plus haut. Quoi qu’il en soit, à force de rencontrer des gens en attente, de retour ou en cours de trek, nous regardons maintenant tous ces sommets d’un autre oeil. Nous aussi, nous voulons subir la souffrance des pieds gelés par la glace foulée pendant l’ascension de nuit, du souffle coupé par l’altitude et la fatigue, de la nuit blanche dans un refuge aux matelas comme du bois…Tous ces pics nous narguent, tous plus beaux les uns que les autres. Nous rêvons désormais notre sommet, notre 6000m, quelque part dans les Andes!

 

Vues du refuge

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à la lagune Limpiopunga, aux pieds du volcan Rumiñahui, avant de rejoindre Latacunga pour la nuit.

Le lendemain, nous repartons en excursion pour la lagune de Quilotoa, qui fait partie d’une boucle réputée pour ses jolies paysages et les petits villages typiques traversés. N’ayant pas plusieurs jours à lui consacrer, nous nous contentons de nous rendre rapidement à ce lac de caldeira. Le cratère de ce volcan de 3914m d’altitude, s’est effondré il y a environ 800 ans, formant ce lac de 3 kilomètres de large, dit « sans fond », qui présente des couleurs dûes aux minéraux, allant du bleu pâle au vert gris, voire noir, en fonction de la lumière. Grâce à un minuscule trou, il est relié ainsi relié à l’océan Pacifique! Nous descendons en une petite 1/2h jusqu’à ses berges, avant de remonter en 3 fois plus de temps, tant la pente est abrupte. La grande majorité des gens préfère louer les services d’une mule pour cette ascension, pendant que la propriétaire des bêtes crapahute tant bien que mal à l’arrière pour les suivre. Triste spectacle je trouve…

Nous retournons ensuite à Latacunga pour prendre un bus direction Quito, la ville la plus au nord où nous irons en Equateur.