4 petits jours en Amazonie

Etape suivante: Cuzco. Aux portes de la Vallée Sacrée, cette jolie ville est une incontournable pour quiconque visite le Pérou, ne serait-ce que pour rejoindre le Machu Picchu. Nous n’y passons qu’une seule journée, le temps pour nous de visiter quelques agences d’excursions, non pas pour des renseignements sur les tours pour la fameuse cité andine, mais pour nous évader quelques jours dans la forêt amazonienne.

Notre choix se porte sur un jeune guide, Fredy, natif de la jungle ou plus précisément du parc de Manu et nous ne regrettons pas de lui avoir donné sa chance. Pour une somme qui nous parait un peu dérisoire, nous avons eu 4 personnes aux petits soins rien que pour nous, durant 4 jours: guide, chauffeur du 4*4, cuisinière et conducteur du bateau. Tout le matériel nécessaire a, de plus, dû être acheminé jusqu’au fin fond de la jungle: bouteilles de gaz, eau minérale, vaisselle, nourriture…Et ça en fait du bordel à trimballer!

Au petit matin, nous quittons donc Cuzco en direction du parc Manu, avec un programme bien chargé pour les 4 prochains jours. La première journée sera consacrée à rejoindre le village de Pilcopata, où nous retrouvons notre cuisinière, la maman de Fredy. En route, nous faisons de nombreux arrêts, tout d’abord pour visiter le cimetière pré-inca de Ninamarca, puis le petit village de Paucartambo, aux maisons blanches à volets bleu roi, avant de faire quelques marches le long de la route afin de nous familiariser avec quelques oiseaux et bruits de la jungle. Nous observons également l’oiseau emblème du pays, le cock-of-the-rock (coq de roche), un drôle de volatile mi-rouge mi-noir, au bec quasiment inexistant. Chaque jour de la saison sèche, les mâles se regroupent à un endroit très précis où ils effectuent de petits sauts pour impressionner les femelles. A la différence des condors, il n’est pas ici question de relation sérieuse, la liaison ne dure que le temps de la copulation et le mâle retourne ensuite draguer sur sa branche! Classe!

  

Pour le 2ème jour, nous effectuons les quelques kilomètres restants jusqu’au village de Antalaya (village natal de Fredy), où nous laissons Christian notre chauffeur, pour y prendre une petite embarcation à moteur et rejoindre notre camp des 2 prochains jours, au beau milieu de la jungle. Comme on pouvait se l’imaginer, le lodge où nous logeons est extrêmement basique, mais peu importe, nous avons apprécié les talents de cuisinière de Maman Fredy, les longues discussions pendant les repas à la lueur des chandelles, les douches froides rafraichissantes après la moiteur des journées et les multiples colibris qui sont venus butiner dans les buissons de fleurs!

Ces 2 journées sont consacrées à la découverte de la faune et la flore et je dois dire que notre guide nous épate. A seulement 30 ans, il est capable de reconnaître et imiter le chant de nombreux oiseaux ou cri de singes et il peut identifier tout ce petit monde d’un simple coup d’oeil, que ce soit en contre jour ou au milieu des branches de cette luxuriante forêt. Il nous étonne également par son sens du respect de l’environnement et de la nature (ce qui, croyez-moi, est rare en Amérique du Sud!) et nous nous délectons de le voir écarter délicatement à l’aide de sa machette, les toiles d’araignées qui trainent en travers du chemin, afin de déposer ses habitantes sur un tronc d’arbre.

Il nous déniche ainsi une quantité incroyable d’espèces d’oiseaux et de fourmis, 3 espèces de singes (sur les 13 existantes dans le parc Manu, ce qui n’est déjà pas si mal!), des tatous (que nous ne verrons pas, malgré tous ses efforts pour nous les montrer), des capybaras (les plus gros rongeurs au monde, qui passent plus de temps dans l’eau que sur terre)…Lampe au front, nous partons également en exploration nocturne et nous y croisons des caïmans, des grenouilles, des serpents, des araignées…

 

 

A gauche, un capybara

Au petit matin du 3ème jour, nous nous levons pour observer un rendez-vous assez curieux. Les perroquets se regroupent en effet chaque jour sur une falaise, pour y manger de l’argile. Pour expliquer ce phénomène, il y aurait 2 théories: soit l’argile leur procure les minéraux qui leur manque dans leur alimentation, soit elle permet de neutraliser des toxines contenues dans les fruits ingurgités. Quoi qu’il en soit, cela nous permet d’observer différentes espèces de perroquets et nous en sommes ravis!

Nous n’avons cependant pas eu la chance d’apercevoir un paresseux ou un jaguar, autres habitants de cette région, mais nous n’en sommes pas trop frustrés car nous savions que, n’étant pas dans un zoo, il ne nous serait pas possible de voir l’intégralité de la faune, surtout en seulement 2 jours d’immersion. Mais malgré le peu de temps passé là-bas, j’ai tout de même eu la désagréable expérience de me retrouver avec un serpent sur le pied, juste en sortant de la douche. Rouge avec un collier blanc, je ne l’ai pas encore identifié, mais j’en suis encore dégoûtée…

A l’aube du 4ème jour, nous quittons le lodge, reprenons le bateau jusqu’à Antalaya pour y retrouver notre véhicule et retourner à Cuzco. Ces 4 jours sont passés très vite et nous espérons avoir la possibilité de retourner un jour en Amazonie, pour retrouver cette ambiance qui n’existe nulle part ailleurs. Tant de verdure, tant de bruits, tant de vie…un monde à part!