La Vallée Sacrée des Incas

En rentrant de la jungle, notre guide Fredy nous fait le privilège de passer par une route différente de celle de l’aller, afin que nous puissions admirer les réputées cultures en terrasses de Pisac, surmontées de ruines incas, à l’entrée de la Vallée Sacrée. Cette vallée comprend tout ce qui se trouve entre cette ville et Ollantaytambo. Autrefois appréciée des Incas, il s’agissait d’un de leurs principaux points d’extraction des ressources naturelles. On y trouvait également la plus grande production de maïs du Pérou.

Avant de partir en Amazonie, nous avions pris soin de réserver notre billet de train pour le Machu Picchu à notre retour, car s’il est facile d’avoir une place pour l’aller, il est bien plus difficile d’en revenir. En effet, les seuls moyens pour s’y rendre est le train ou la marche. Beaucoup de monde choisissent la 2ème solution pour rejoindre le site, par le fameux trek de 4 jours, l’officiel « chemin des incas », mais ceux-ci reviennent également par le train. Nous aurions nous aussi adoré faire ce trek, mais il est nécessaire de réserver plus de 6 mois à l’avance auprès d’un tour opérateur et en voyageant sur une si longue durée, il nous était difficile de prévoir à quel moment nous serions dans les environs. Nous aurions cependant pu effectuer une des routes alternatives, également empruntées par les incas mais délaissées des touristes car non « officielles ». Malheureusement le temps qui nous reste s’égraine trop vite et nous avons donc dû y renoncer aussi.

Notre destination est donc Aguas Calientes, la ville au pied de la citadelle. Nous décidons cependant de ne pas prendre le train de Cuzco, mais de la ville de Ollantaytambo, afin de visiter un peu de la Vallée Sacrée des Incas.

Nous prenons donc un taxi pour rejoindre tout d’abord Maras, qui possède l’un des paysages les plus surprenants de la région: le site de Salinas, qui possède des milliers de puits salants. Les indiens extrayaient déjà du sel des versants de la vallée dès l’époque pré-inca. Un petit cours d’eau salée qui provient d’une source d’eau chaude au sommet de la vallée, a été dévié par les espagnols il y a environ 500 ans, vers ces puits où le processus d’évaporation permet d’en extraire le sel. Si la technique n’a rien d’originale, tous ces petits bassins blancs étagés qui semblent empilés tels des pots de peintures dégoulinants, sont vraiment magnifiques! Après la vue surréaliste sur le site, nous nous promenons au milieu des bassins, observant le difficile travail des extracteurs de sel, dont la production annuelle varie entre 160 et 200 tonnes annuelles.

 

Nous rejoignons ensuite le site de Moray, à 3500 m d’altitude, qui possède de superbes terrasses étagées en profonds amphithéâtres. Ces cuvettes, utilisées par les Incas, auraient servi de centre de recherche agricole, afin de déterminer les conditions optimales pour chaque culture. En effet, chaque palier jouit de son propre microclimat, selon la profondeur. Un bassin situé en haut du site retenait l’eau nécessaire à l’irrigation des cultures. On pense ainsi que Moray aurait servi de modèle pour le calcul de la production agricole de la région, mais également du reste de l’empire inca!

On ne retrouve que très peu d’escaliers dans les cultures en terrasses car ceux-ci demandent beaucoup d’entretien et accentuent l’érosion. Ce site ne fait pas exception, les différents niveaux des terrasses sont ainsi reliés par des pierres, encastrées dans les murs et disposées en diagonales. Bien que cela soit du plus bel effet, les Incas n’avaient cependant pas pensé aux petites jambes des visiteuses de ces sites!

  
Nous nous rendons ensuite à Ollantaytambo, fin de la Vallée Sacrée, où se trouvent également des ruines incas. Cependant, pour les visiter il faut acheter un « billet touristique », relativement cher car regroupant l’entrée de nombreux sites de la région, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Nous décidons donc de ne pas investir dans celui-ci et tuons donc le temps avant le départ de notre train, à la terrasse d’un café, à admirer les péruviennes, arborant la tenue traditionnelle de la région.