Environ 6h de bus depuis Copacabana, nous amène à La Paz, capitale administrative de la Bolivie. C’est ici que siège le gouvernement. Cependant, la ville de Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie. Les 3 pouvoirs sont également séparés entre ces 2 « capitales »: les pouvoirs législatifs et exécutifs à La Paz, le pouvoir judiciaire à Sucre.
Perchée à 3660m d’altitude, La Paz est ainsi la capitale économique la plus haute au monde. Cependant, nous devons reconnaître que nous ne sommes plus impressionnés par ces hauteurs, car nous sommes maintenant bien habitués à l’altitude et même si ses rues sont très pentues, nous ne souffrons plus dans les montées.
Ce test passé haut la main, nous envisageons donc une ascension de taille, le Huayana Potosi, 6088m, soit quelques mètres au dessus de la frontière symbolique que nous voulons atteindre. Réputé pour être l’un des sommets de 6000m les plus faciles à grimper pour les débutants d’escalade sur glace, il nous tente depuis plusieurs semaines déjà. Malheureusement, André étant un peu malade et moi, un peu stressée par les détails donnés par les agences, quant à la crevasse à franchir en sautant et la crête vertigineuse à traverser, nous décidons de remettre à plus tard notre exploit.
C’est tout de même le coeur triste que nous arpentons donc les rues sans intérêt de la ville qui n’a selon nous, aucun charme. Pas même de place des armes comme nous avions l’habitude depuis l’Equateur et le Pérou, nous ne trouvons ici qu’une rue bruyante, en guise de centre-ville. Nous apprécions tout de même les quelques boutiques près de notre hôtel, où se rassemblent les « sorcières ». On y trouve ainsi des foetus de lamas (à enterrer sous la première pierre de sa maison, en guise de chance), des étoiles de mer séchées et autres bizarreries dont nous ignorons l’usage, et une multitude de remèdes de grand-mères que nous n’avons pas osé tester.
Histoire de sortir de cette ville fade, nous prenons un taxi pour visiter le site de la Vallée de la Lune, à quelques kilomètres de là. Et ici, bonne surprise, loin de l’agitation citadine, les paysages sont magnifiques!! Les montagnes sont formées d’argile, dont les minéraux (ou du moins leurs proportions), diffèrent d’une montagne à l’autre, créant ainsi des versants de couleurs variées, allant du beige-marron au rouge-violet. Cet argile, fragile, a été érodé de manière très surprenante au cours des siècles, formant ici un semblant de désert de stalagmites ocres.
A gauche, la Vallée de la Lune; à droite, La Paz
Nous prenons ensuite un bus pour rejoindre notre prochaine étape, Sucre, à 12h de La Paz. Surnommée la « ville blanche » en raison de ses bâtiments immaculés de style baroque datant du XVIIIe et XIXe siècles, elle est inscrite au patrimoine de l’Humanité à l’UNESCO, en 1991. Et nous sommes en effet heureux de constater qu’elle a bien plus de charme que l’autre capitale! Nous n’y passons cependant qu’une journée, le temps de nous promener au gré de ses rues, de visiter un musée et de déguster des chocolats dans la chocolaterie la meilleure du pays, pour un prix défiant toute concurrence belge ou suisse. Nous découvrons en effet que le coût de la vie en Bolivie est extrêmement bas, frisant parfois le ridicule.
Sucre
Au soir de cette journée, nous reprenons un bus pour 3 petites heures pour Potosi, à 4070m d’altitude. Elle a été fondée en 1545, au pied du Cerro Rico (« Montagne Riche »), une montagne qui domine à 4824m, pleine de minerai d’argent. Durant près de 60 ans, l’Europe va considérablement s’enrichir grâce à l’exploitation de cette mine par l’Etat espagnol. Potosi devient ainsi rapidement la ville la plus peuplée d’Amérique du Sud, derrière Mexico! On dit que la quantité d’argent extraite de cette montagne, suffirait pour construire un pont au dessus de l’atlantique, reliant Potosi à l’Espagne, mais les ossements des mineurs décédés d’accidents ou de maladies respiratoires suffiraient également. Après les années 1800, la diminution du précieux métal entraîne l’inévitable déclin économique de la ville, mais des mineurs continuent toujours d’exploiter artisanalement les maigres ressources, dans des conditions de sécurité toujours aussi désastreuses.
Il est possible de visiter cette mine, principal attrait touristique de la ville. Cependant, André étant toujours malade et n’ayant donc pas envie de se remplir les poumons de produits toxiques, et moi étant toujours claustrophobe, nous décidons de ne pas descendre sous terre. Nous nous contentons de la découverte des beaux bâtiments de la ville, ainsi que de la visite du musée des monnaies, où nous apprenons notamment que, bien qu’auparavant, toute la monnaie bolivienne était faite dans le pays, les pièces de 5 bolivianos sont aujourd’hui fabriquées au Canada, les autres au Chili. Les billets, quant à eux, viennent tous de France. Il est étonnant de se dire que pour ce pays aussi pauvre, ce sont nos pays qui proposent des coûts de production plus intéressants!
Potosi
En début de soirée, nous prenons à nouveau le chemin du terminal de bus pour continuer notre route, en direction de Tupiza. Mais en attendant notre bus, nous prenons en pleine figure la pauvreté de la Bolivie: plusieurs couples de jeunes mariés, des confettis encore plein les cheveux, viennent ici se faire filmer et prendre en photo, à l’intérieur de ce terminal flambant neuf, visiblement symbole du luxe pour eux…Ce hall glacial comme souvenir de mariage, quelle tristesse…
Quoi qu’il en soit, 3 villes en 3 jours, pas de doute, ce n’est pas cela qui nous a attiré à l’autre bout du monde: nous avons assez perdu de temps, place à la nature!!







Ah ok!! Mais si un bus passe, je passe aussi! Par contre, quand on me parle de tunnel où on ne tient pas debout et où tout est étroit, ce n’est pas pour moi!
Tu étais des nôtres lorsque nous avons visité la mine de fer de Kiruna, au nord de la Suède. Nous étions descendus en bus à une profondeur de 800 m si je me rappelle bien.
J’ai fait ça moi?? En tout cas ici, rien qu’à la vue des photos, j’en avais les jambes flageolantes! Les Indiens ont en effet été énormément exploités au cours de ces années dorées (ou plutôt argentées), mais ce sont maintenant les locaux qui travaillent dans cette mine, pour leur propre compte.
Sinon, il y a bien des pigeons ici aussi. Ces bestioles ont l’air d’être universelles…
Bonjour Adeline, je salue ton retour et te dis « bravo, félicitations ! »
Incroyable cette cathédrale en Sucre ! Elle est immaculée ! Il n’y a pas de pigeons en Bolivie, pour la décorer de leurs généreuses fientes ? Ou c’est un modèle réduit sous cloche que tu nous montres ! C’est truqué.
Il y a dans l’admirable collection Terre Humaine un excellent livre qui s’appelle « Les veines ouvertes de l’Amérique latine », qui décrit à quel point ce continent a été pillé par l’occident pour s’enrichir, tout en laissant les indiens dans un état de pauvreté indescriptible. Et ça continue peu ou prou.
Comment ça, tu es claustrophobe !!!??? Tu as pourtant visité une mine de fer en Suède !
Ben oui, après tout, quoi de mieux? Non mais vraiment…, y’a mieux?!!!
Ben quoi, qui ne rêverait pas d’immortaliser sa photo de mariage à la Part Dieu???